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LES AUMÔNIERS DE LEXPÉDITION

l^oulpiquct de Brescanvel, aumônier du régiment d'Hector (1), le futur évèque de Quimper ; Louis-Gabriel du Largez, recteur de Plemeur-Bodou (Côtes-du-Nord), aumônier du régiment de du Dresnay (2) ; Julien Gué, recteur de La (]hapelle-aux-Filzméens, secrétaire de Mgr de Hercé (3) ; Jacques Poulain, curé d'Esteville (Seine-Inférieure), aumônier de tVlIorvilly (4) ; René Roland de Kerloury, chanoine de Quimper ; Pierre Langlois de la Heuse, prêtre de Neuville (Seine-Inférieure); Gilard de Larchantel, vicaire général de Quimper ; François Rieussec, vicaire général de Luçon ; Gastin de Guérin de la Magdeleine, vicaire général de Saintes ; Patrice Le Gall, prêtre de Bréal (Ille-et-Vilaine); François Bréhérec, curé de Bonchamps (Mayenne) ; Jean Gérard, curé de Saint-Mervon (Ille-et-Vilaine) ; René Gaignet, vicaire de Doix (Vendée) François Frottin, vicaire de Saint-Tual (Ille-et-Vilaine) Pierre Gouraud, curé de Saint-André-sur-Mareuil (Ven dée) ; Nicolas Boulard, curé de Notre-Dame-la-Riche, à Tours ; Pierre Gauthier, recteur de Treffendel (Ille-et-Vilaine), secrétaire de Mgr de Hercé, etc.

Tous ces vaillants prêtres partageaient l'enthousiasme de Tévèque de Dol, en pensant qu'ils allaient rentrer en France et reprendre avec plus d'ardeur leurs travaux apostoliques interrompus par la déportation.

Parmi les Emigrés qui vivaient à Londres dans la vénéi-ation de ^Igr de Hercé, on manifestait de vives inquiétudes sur les dangers au-devant desquels ce vieillard de .soixante-neuf ans, accablé d'infirmités, courait avec une si grande abnégation. Mais le saint évèque leur répondait gaiement : « Cessez de vous affliger et de craindre pour

il) La Gournkrik, Dcbris de Quibcron, p. 6k (2) Ibid, p. i:il.

,.'{) L'EsrouRBEii.LOx, loc.ciL, p. .■562.

(4) Ce prêtre el les suivants sont sur la Liste des fusillés. (Voir Ex- Itédition des Émiyrés à Quiberon, pp. 268-298.)

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nous. Que peut-il nous arriver au surplus que de perdre lu vie pour Jésus-Christ ? Ne savez-vous pas qu'on a détruit toutes les anciennes reliques dont la France était en possession ? Eh bien, nous allons lui en fournir de nouvelles (1), »

Cependant, l'expédition se préparait activement. Le gouvernement de Pitt qui, jusqu'à l'arrivée de Puisaye à Londres, avait trouvé de fallacieux prétextes pour entraver le débarquement des Émigrés sur les côtes françaises, semblait revenu à de meilleurs sentiments. Le Parlement britannique avait consenti au roi Georges III « un acte pour autoriser les sujets natifs de France de s'engager pour servir comme soldats dans les régimens destinés à agir sur le continent de l'Europe et pour autoriser Sa Majesté à accorder aux susdits sujets des commissions pour servir et recevoir la paye comme olliciers dans ces régimens ou comme ingénieurs sous certaines conditions (2 .»

Les Émigrés de tous âges, — Paul de La Perrière avait 14 ans et Emmanuel de Salignac-Fénelon en avait 80, — furent enrôlés en plusieurs régiments, portant le nom de leur colonel français, et parmi lesquels se distinguait le Régime ni cV Hector, formé d'environ 600 ofTiciers de lu marine royale de France. On leur donna im uniforme rouge, doublé de blanc, veste et culotte blanches, cocarde blanche, d'après le modèle d'uniformes de Tancienne armée française. Chaque corps était muni du drapeau blanc fleurdelisé 3 . Sur la garde des épées des officiers de marine

(Il GviLLos, Les Martfjis de la Foi, l. III. j». 2'.tc..

(2i Record oikice : France, domcstic pajieis, ms. 599.

(3) //jjY/. — D'après les adiiiinistraleurs du Morbihan, la jilupaii des Émigrés étaient revêtus d'un uniforme crus ou vert. (Arcii. du Morbihan, !.. 137, lettre du 20 messidoran III. i 11 n'y aurait donc eu

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composant le régiment cVHectoi\ étaient gravées une ancre, une mappemonde et trois fleurs de lys (1).

La fleur de lys figurait également sur la plaque de cuivre du baudrier des divers régiments, avec le nom du régiment auquel appartenait l'Emigré (2).

Nous insistons sur ces détails pour détruire la légende qui représente l'armée des Emigrés revêtue de l'imiforme anglais.

Plus de 12,000 Emigrés devaient prendre part à l'expédition projetée. Mais, au lieu d'opérer un débarquement en masse, ces forces devaient se diviser en trois convoispartant à des intervalles plus ou moins longs.

Le premier convoi était formé de cinq régiments, comprenant environ 5,000 hommes, tous Français. C'étaient les régiments de Loyal-Ernigrant ou de la. Châtre, de Royal-Lcmis ou cVHervilly, de la Marine ou d'Hector,de duDresnay, de l'Artillerie ou de Rotalier. Il y avait en plus une brigade de dix-huit ingénieurs, une centaine d'officiers destinés à prendre des commandements parmi les Chouans, des intendants, des commissaires de guerre,, des chirurgiens et des infirmiers, et Mgr de Hercé avecses aumôniers.

Dans l'organisation de ce premier convoi, on commit,, entre autres fautes, celle d'incorporer, dans les régiments royalistes, des prisonniers républicains qui remplissaient les geôles de l'Angleterre et dont celle-ci ne demandait qu'à se débarrasser (3).

que quelques régiments à prendre runifornie rouge désigné par le règlement.

(1) « Il y a {)lusde 000 épées portant sur la garde une ancre, une mappemonde et trois fleurs de lys. » Discours de Tallien à la Convention, le 9 thermidor an III.

(2) Il en a été trouvé dans les sables de Quiberon portant le nom de : Régiment de Rohan.

(3) Voir, sur le recrutement des prisonniers républicains,. Cil. Robert, Expédition des Émigrés à Quiberon, pp. t7 et 341.

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Mais la principale faute fut d'empêcher un prince du sang de prendre le commandement de l'expédition. Puisaye était loin de réunir toutes les sympathies ; et cependant, dans la circonstance, il fallait un chef qui en imposât sous tous rapports. Il y en avait un tout désigné : le comte d'Artois, le futur Charles X. Depuis longtemps ce prince demandait au gouvernement anglais à être envoyé en France où Charette le réclamait (i). Plus de deux mois avant le départ du premier convoi d'Émigrés pour Quiberon, le 4 avril 1795, il suppliait qu'on l'autorisât à se rendre à Jersey ou à Southampton ; car, « il est connu de l'univers, disait-il, que je suis appelé par le vœu de mes compatriotes pour combattre à leur tête (2). »

C'est seulement trois jours après le départ de l'expédition, que le ministre des affaires étrangères d'Angleterre, lord Grenville, apprendra sous la forme suivante au comte d'Artois ce départ et la raison qui s'opposait à ce qu'il prit le commandement de l'expédition :

« Comme l'intention de cet envoi est plutôt de protéger le débarquement des provisions et des munitions militaires, que Sa Majesté envoie aux Royalistes de la Bretagne, que de tenter une entreprise militsiire, avec une force si peu ronsidérable, Sa Majesté n'a pas cru devoir proposer à Votre Altesse royale de se joindre à une expédition dont V issue pourroit être si incertaine (3). »

Le refus d'accepter le comte d'Artois pour commander l'expédition était donc catégorique, et le prétexte qu'on

(1) Voir le cliap. ix de notre volume sur VExpédition f/es Émicjrés à Quiberon, où l'on prouve, d'après la correspondance inédite du comte d'Artois avec lord Grenville, que l'Angleterre usa de toutes les ruses jioiir empr-cher le prince français de se rendre en France.

(2) Lettre du comte d'Artois au duc dHarcourt. (Recori) office : France, domestic papers, n° 600.)

(3) Lettre de lord Grenville au comte d'Artois, 10 juin 1795. Recoud office, ibid.)

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