‹ Urbain de HercéChapitre 155 sur 196 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

KXPEDITrOX DE OUIHERON. M.VRTYRE DE M(;H DE IIERCE

l'S insU-uclioiis couLiadicloircs du ministère unifiais jeLlcnl lu di- \ision entre Puisnye et d'Hervilly. — Débarquemenl à Carnac.

— Enthousiasme de i;i populalion à la descente de Mgr de Hercé.

— L'évèque de Dnl célèbi-e la messe sur la plage et proclame le romte de Provence Hni de Krnncc. — L'habitation de Mgr de Hercé à Carntic. — Il se lixr ;'i Ouiberon, après la prise de l;i, jiresqu'île. — Il [n'w le ministre Windham de lui envoyer son l'i'ère le chevalier. — Hoche renferme les Emigrés dans l.i |)res- (|u"îie. — Les royalistes sont battus à Sainte-Barbe. — Mgr de Hercé soigne les blessés. — Hoche s'empare de la presqu'île. — Mgr de Hercé gagne la plage où s'embarquent les royalistes. —

— n refuse de se rembiir(iuer et soigne les blessés. — Il est pris ptir les républicains. — Reddition du Fort -Neuf. — Mgr <le Hercé l'ait à pied le trajet de Quiberon à Auray. — Dans la i)risoii d'Aui-ay. — Injures des républicains ;'i son égard. — Il reproche h Sombreuil sa tentative; di; suicide. — .Mgr de Hercé devant la commission militaire. — Il est condamné à mort. — Illégalité de celte condamnation. — II est conduit à Vannes. — Dernière nuit à la Porte-Prison. — Visites. — Pi'épai-alioii à lamort. — H est fusillé sur la (iarcnnc, h; jour amiiversaiir de lamort du jiremiei' évèque de l)ol. — On dépouille son cadavre de ses vêtements. — Pièces trouvées dans son portefeuille. — On jette son corps dans une fosse commune. — Exécution i!"aiitres ecclésiastiques de la

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suite lie Mur de Hercû, el de ses servifems. — .luic sciinlaleuse des révolutionnaires; désolation des catholiqui-s. — Service suleunei à Londres : oraison funèbre par l'abbé di- (Uialeauiiiron. — Service à Jersey et oraison funèbre. — Profond cbaiïriu de la famille de Hercé : vision de Cliarloltf de Hercé. — Translation des restes de Mgr de Hercé dans la cathédrale de Vannes.

A peine le convoi des Emigrés avait-il perdn de vue les côtes d'Angleterre, qu'une scène des plus déplorables se passa à bord du vaisseau-amiral anglais, la Pomone. Là se trouvait, avec le commodore John Warren, l'étatmajor de l'armée des Emigrés, notamment le comte de Puisaye et le comte d'Iiervilly.

Puisaye brisa les cachets d'un paquet qui lui avait été remis, le G juin, à l'Amirauté et qu'il ne devait ouvrir qu'en pleine mer. Il y trouva des instructions « très secrètes », et une lettre de service, signées du secrétaire d'Etat, Henry Dundas (1). Dans les instructions, le ministre anglais faisait savoir au général royaliste que le Roi d'Angleterre l'avait choisi pour « prendre le commandement des troupes, diriger et surveiller la distribution des armes et des autres articles confiés à sa charge, ainsi que pour ménager des communications avec l'escadre et pourvoir à tous ses besoins ».

La lettre de serA^ce n'était pas moins expressive. Elle signiliait à Puisaye que les corps à la solde de l'Angleterre, c'est à-dire les régiments d'H('ri'illy, d'FIector, de Dresnay, de La Châtre, de Rotalier et le corps des ingénieurs français « seraient tous sous son comuuindement ».

En même temps, le commodore anglais John Warren ouvrait les instructions secrètes que lui avaient remises les lords de rAmiranté 2). Ceux-ci lui apprenaient que les

(1) Voir E.rpi'-diiion des Émi<jn-s a (Juibenni. i>|i. 2J-2V. el les Pièces justificatives, n° I el II du même ouvraue.

(2) Voir Expédit. des Émvjrés à (Juilicron. \)\<. 2V-2:;. el la jjièce juslilicntive, n" III du iiiènie ouvrage.

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troupes d'Emigrés français étaient « sous le conniuuulement du comte dllervilly » ; ils lui ordonnaient « d'agir d'accord avec M. d'FIervilly w, tout en consultant M. de Puisaye qui, disaient-ils, « accompagnera M. d'Hervilly ».

La contradiction entre les deux instructions était flagrante. Aussi, lorsque Puisaye vint faire connaître ses instructions à d'IIervilly, celui-ci lui présenta les siennes qui étaient conformes à celles de sir John Warren, et il laissa entendre à Puisaye qu'en conséquence il n'avait pas d'ordre à recevoir de lui (1).

La mauvaise foi anglaise paraissait, encore une fois, visiblement et officiellement dans cette manœuvre déloyale qui, s'ajoutant à tant d'autres, allait causer une épouvantable catastrophe.

Où devait se faire le débarquement ? Tous, moins Puisaye, .John Warren, Hervilly, Tinténiac, Allègre et Bois- Berthelot, l'ignoraient, tant le secret était bien gardé. Mgr de Hercé, quoique vivant dans l'intimité de Puisaye, était persuadé, comme tous, qu'on relâcherait à Jersey ou à Guernesey (2). Aussi, de Southampton le prélat avait-il envoyé à Jersey, pour affaires relatives à l'expédition, l'abbé d'Hauchemail, vicaire général de Coutances, qu'il avait agréé pour l'accompagner en France. L'évêque de Dol comptait l'y reprendre au passage. Mais, lorsqu'on arriva en vue de Quiberon, il connut alors le but de l'expédition, et écrivit à l'abbé d'Hauchemail de venir le rejoindre. Celui-ci en fut empêché par les événements malheureux qui suivirent (3).

Le 25 juin 1795, le convoi entra dans la baie de Quiberon et jeta l'ancre à une lieue environ du rivage (4).

(1 i'LiSAVE, Mciiioires, Vl, |i. co.

i2i I^LiSAYE, Mémoires, L \ I, p. (i2.

(:{) Lettro de l'abb»'- d'Hauclieiiuiil à Puisaye, Londres, '.i août 1812. Brit. mus., jus. 8048 : Puisaije's impers, vol. LXXVII, (4) Nous résumerons très rapidement les divers événements de

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Le débarquement immédiat sur la presqu'île de Quiberon était impossible, à cause des quelques troupes républicaines qui en tenaient les Ijatteries et surtout le fort Peiithièvre.

Ce fut donc sur la plage de Carnac, d'où un petit groupe de républicains avait été balayé par les Chouans, que les Emigrés opérèrent la descente, le 27 juin, au milieu des cris de : \' ire le Ftoi !

Les Chouans que Tinténiac et Allègre étaient allés prévenir du débarquement, étaient accourus en foule avec leurs chefs, Charles de Kerminguy, La Béraudière, Georges Cadoudal et Mercier-la-Vendée. Hommes, femmes, enfants, arrivaient par bandes, des environs, acclamer leurs sauveurs, au cri de : ]'n:e le Roi!

L'enthousiasme est au comble, lorsque Ton voit descendre sur la plage Mgr de Hercé, entouré de son nombreux clergé, tous dans le costume ecclésiastique prohibé par la Révolution. Les tambours battent au chamj)s ; un immense cri de : Vive Dieu! \'ive le Roi! s'échappe de toutes ces poitrines ; les tètes se courbent sous les bénédictions du vénérable prélat, tandis que de tous les yeux coulent des larmes de joie (1).

Le comte de Puisaye engagea Tévôque de Dol à retourner à son vaisseau, jusqu'au moment où la position serait mieux assurée. Le pieux prélat ne goûta pas ce conseil ; il voulait employer immédiatement son zèle apostolique au milieu de ces foules qui, privées d'un évêque depuis si longtemps, l'entouraient d'une si touchante vénération.

On ne put obtenir de lui qu'une chose, c'est qu'il cou-

ci'tte expi^dilioii, jiour nous tHendre sur <:e (|ui <:onceinc Mi,'r de Horcé et donner sur les derniers jours de (.e pn'-l.il des dt'-l.iils absolument nouveaux. Pour le reste, nous renvoyons ;ï notre ouvrage, Expédition des Émigrés à Quiberon. 1) YiLLKNKivK. Mémoires, p. il\.

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