CHEZ LA FAMILLE NICOLAS A CARNAC
oriflammes fleurdelisées, au milieu de nouvelles acclamations (1).
Le comte d'Hervilly voulut excuser son abstention. 11 prétendit avoir compris qu'on devait faire une cérémonie dans chaque quartier. !Mais la vérité était qu'il ne voulait pas mêler ses régiments aux Chouans indisciplinés (2).
Mgr de llercé s'installa, avec son frère l'abbé François de Hercé, au village môme du Genèse. Une famille très chrétienne, la famille Nicolas, lui ofi'rit sa demeure. C'était une maison, aujourd'hui encore habitée par les Nicolas, couverte de chaume, à un étage, avec un escalier extérieur en pierre. La grande chambre de l'étage fut spécialement afl'ectée à l'évêque de Dol. Là, on installa la table-bahut et la croix qui avaient servi à célébrer la messe sur la plage (3). Chaque matin, le pieux prélat offrait, dans cette humble mais proprette chambre, sur cet autel et au pied de cette croix, le saint sacrilice. Le père Nicolas lui servait de répondant, et, nous disait son petit-fils, « mon grand-père m'a souvent raconté que Mgr de Hercé commençait la messe au milieu de l'escalier, parce que, disait l'évoque, on devait monter quelques marches pour arriver à l'autel ». La piété de l'évoque de Dol édifia profondément la famille Nicolas, qui a gardé par tradition une grande vénération pour la mémoire du saint martyr.
Le 3 juillet 1795, les Émigrés, divisés en deux corps, s'emparèrent de la presqu'île de Quiberon. Puisaye, avec Tun des corps, y pénétra par la baie, tandis que d'Hervilly^
ill l'iisAYE : Mémoires, p. :{'J7 ; — Villeneuve : Souvenirs, p. 12i.
[2) Pli^aye : Ihid.
['■i) -Nous avons ciicuie vu, en ISOd, cet original aulcl dans la chanibri'; aujuiircriiui il se trouve, ainsi que la croix, dans le trésor de la l'abrique de (]arna.c.
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avec un autre corps, en fermait l'entrée en occupant la lono-ue bande de sable, appelée la falcLise, qui aboutit au fort Penthièvre. La presqu'île ne contenant qu'une garnison de 400 soldats républicains, privés de tout, se rendit sans coup férir. Les royalistes eurent encore l'imprudence d'incoi'porer dans leurs rangs un grand nom])re de ces républicains qui devaient engendrer la trahison.
Les munitions et les approvisionnements furent alors "transportés dans cette presqu'île, lieu sûr, protégé du côté delà mer par la Hotte anglaise, et du côté de la terre ou de la, falaise par le fort Penthièvre.
Mgr de Hercé et la plupart des membres de son clergé vinrent aussi se renfermer dans la presqu'île.
Puisaye établit son quartier général au bourg de Saint- Pierre de Quiberon, sur la baie. L'évêque de Dol et son frère François se fixèrent d'abord tout auprès, au village de Kerdavidl
On se souvient que Mgr de Hercé avait laissé à Bath, à la fin de 1794, son frère le chevalier de Hercé et son neveu Jean-François, fils de celui-ci. Aussitôt que Jean- François entendit parler du projet d'une expédition, n'écoutant que son zèle pour Dieu et pour le Pioi, il était venu s'enrôler. Mais le régiment auquel il appartenait ne devait faire partie que du troisième convoi, c'est-à-dire du convoi <[ui, après le désastre de Quiberon, vint avec le comte d'Artois tenter inutilement un débarquement sur les côtes du Poitou.
Quant à son père, le chevalier de Hercé, il était resté seul à Bath, où il attendait vainement sa guérison.
Une fois installé à Quiberon, ^Igr de Hercé, jugeant la situation excellente et ne doutant pas que l'armée royaliste, qui jusqu'ici n'avait pas trouvé d'opposition, arriverait facilement à rétablir l'ordre, tout au moins en Bretagne, pensa à faire venir son frère. Il en parla à Puisaye, qui approuva son idée. Le général royaliste écrivit lui-même