‹ Urbain de HercéChapitre 24 sur 196 · RELIGIEUSES INDISCIPLINÉES · texte numérisé non relu

RELIGIEUSES INDISCIPLINÉES

nastère pendant les absences de l'évêque (1). Celui-ci se décida alors à intervenir. Il s'annonça par le mandement suivant (2) :

« A nos chères filles en Jésus-Christ, les Prieure, sous-prieure vocales et autres religieuses du monastère des Béyiédictines de cette ville, salut et bénédiction.

» Quoique nous eussions formé depuis longtemps, Nos Très Chères Filles, le dessein de faire la visite de votre monastère, les différentes occupations que nous avons eues dans les premières années de notre Episcopat ne nous ont pas permis, jusqu'à présent, de mettre ce projet à exécution.

)) Il nous est enfin libre. Nos Très Chères Filles, de suivre à cet égard les mouvemens de notre zèle, et comme nous craindrions qu'un plus long délai ne fût préjudiciable au bien de votre communauté et ne nous rendit coupable de négligence devant Dieu, nous vous adressons notre présent mandement par lequel nous vous annonçons que nous avons fixé au lundi troisième jour de février de la présente année la visite de votre dit monastère et communauté. Nous espérons que cette visite attirera sur vous les grâces et les bénédictions du Ciel, et que, témoins de votre foy et de votre piété, elle sera pour nous une source abondante de consolation.

» A ces causes, nous ordonnons que notre présent mandement sera lu et publié en présence de toute la communauté capitulairement assemblée, de laquelle lecture et publication il nous sera certifié par la supérieure à ce que personne n'en ignore.

» Donné à Dol, dans notre palais épiscopal, le 8 jan-

(1) Vie ms. en espagnol.

(2) La minute de ce mandement, entièrement de la main de l'évêque, fait partie des Archives de l'hôtel de Hercé.

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vierl771, sous notre seing, celui de notre secrétaire et le sceau de nos armes.

» Urbain-René, Evèque de Dol. »

Ce mandement, au lieu d'exciter la joie des Bénédictines, souleva parmi elles du mécontentement. Sans doute, la crainte des réprimandes pour les divisions qui régnaient dans la communauté leur faisait appréhender cette visite. Mgr de Hercé en fut informé ; aussi, lorsque, le 3 février, il arriva au monastère, il adressa aux révoltées d'énergiques reproches lu

« Je ne devrais venir ici, dit-il, que pour me consoler avec vous des contradictions inséparables de ri']piscopat, et ce serait votre régularité, votre ferveur, la paix et l'union que je devrais trouver dans ce saint azyle, qui devraient adoucir les peines que j'éprouve par ailleurs. Vous devriez me rendre le joug de mon Episcopat plus supportable, et cependant je ne crains pas de vous dire que vous l'agravès, et que vous ajoutes un nouveau degré d'amertume à mes peines.

» Je n'ignore pas combien vous avès été alarmées de la résolution que j'ay prise de visiter cette communauté. Estce de ma part une entreprise qui doit alarmer des filles soumises et attachées à leur Evoque ? N'est-ce pas plutôt de la vôtre, un défaut de confiance? Serais-je excusable devant Dieu, ne serais-je pas même condamné rigoureusement à son tribunal, si, étant instruit qu'il y a des divisions parmi vous, je ne faisois pas tout ce qui est enmoy pour y rétablir cette paix que le monde ne peut donner et dont la perte entraisne toujours après elle celle de la ferveur et de la régularité ?. . .

(1) Arcm. uk l'iiotel de Hehck. Le ms., tout miLier de la main de l'évèquc, est dans un si mauvais étal qu'il nous est impossible de re^îroduire tout le discours.

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