‹ Urbain de HercéChapitre 25 sur 196 · RELIGIEUSES INDISCIPLINÉES · texte numérisé non relu

RELIGIEUSES INDISCIPLINÉES

» Vous marchiès autrefois avec tant de ferveur et d'union dans la pratique des devoirs, currebsitis bene; vous répandiès dans cette ville et dans tout le diocèse, la bonne odeur de Jésus-Christ ; on ne parloit de votre maison que pour en louer l'union et la concorde ; vous étiès la consolation de mes prédécesseurs et la gloire des ouvriers qui les premiers vous avaient conduites dans les voies de la perfection religieuse. . .

» Je ne crains pas de vous dire que je regarde les dissensions comme le plus grand fléau dont Dieu puisse frapper un monastère de vierges. C'est par où a commencé la décadence et l'avilissement de saints monastères, si fervens autrefois, si respectables dans leur commencement, et sur lesquels l'Eglise gémit aujourd'huy parce qu'ils sont devenus la risée et le scandale des mondains et la honte de la vie religieuse...

» Je ne viens pas ici, comme vous le craignes, pour appesantir sur vous l'autorité que Dieu m'a confiée. Je prends le Seigneur à témoin que je ne vous parlerai point le langage de l'homme, je ne vous parlerai que le langage des Constitutions que vous avès embrassées et auxquelles vous vous êtes soumises. »

Grâce à sa fermeté tempérée par l'esprit de charité, Mgr de Hercé parvint à ramener le bon ordre dans le monastère des Bénédictines. Pour les maintenir dans l'esprit de la règle, il leur envoN^a tous les cinq ans des missionnaires qui leur prêchaient une retraite de huit jours (1). Ces religieuses restèrent reconnaissantes à l'évêque de Dol de cette intervention ; aussi lorsque, au moment de la Révolution, on les sollicita de sonner leurs cloches et de chanter un Te Deitin en l'honneur de l'évêque intrus d'Ille-et Vilaine, elles refusèrent énergiquement, ne voulant reconnaître d'autre évêque que ^Igr de Hercé (2 .

(l) Vie ms. en espagnol.

(■1: Arcii. MC.Nicip. DE DoL : Rcg. des délibérât., lo mars 1701.

Pendant le Sj-node de 1771, Mgr de Hercé régla l'ordre de ses fonctions, selon les temps de Tannée, de telle sorte que sa vie extérieure et ses travaux apostoliques furent les mêmes tous les ans, hors les cas où des affaires extraordinaires, comme l'assistance aux? Etats de Bretagne, l'en détournaient.

C'était l'homme du devoir et de la règle ; aussi tout son temps, les moindres détails de sa vie publique, comme de sa vie particulière, étaient fixés à l'heure, à la minute.

Lorsqu'on se plaignait devant lui de n'avoir pas le temps d'accomplir toutes ses obligations, il répondait : « Le moyen d'avoir du temps pour tous ses devoirs, est d'assigner à chacun son moment ; pour moi, j'ai beaucoup d'obhgations, mais le temps ne me manque jamais pour aucune ; car j'ai assigné le temps pour chaque chose. Ce qui me manque souvent, ajoutait humblement le saint prélat, c'est la bonne volonté et le zèle (1). »

Celle de ses fonctions qu'il considérait comme la première et la plus importante de toutes, c'était la formation de son clergé. Tout son cœur, toutes ses préoccupations, étaient dans son séminaire.

Ce séminaire, aujourd'hui hôpital civil, se trouvait en dehors de la ville, sur la route de Dinan, au bout du faubourg appelle l'Abbaye. C'était un ancien prieuré de Bénédictins, dépendant de l'Abbaye de Saint-Florent-dc-Saumur, fondé au onzième siècle par Jean de Dol, fils de Rivallon, chef de la maison de Dol et de Combourg. L'un des prédécesseurs d'Urbain de Ilercé, Jean-François de Chamillard, déplorant l'obligation où il se trouvait d'en-

(1) Vie niH. en eqmgnoL

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