‹ Urbain de HercéChapitre 26 sur 196 · FORMATION DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

FORMATION DU CLERGÉ

voyer ses clercs dans les séminaires des diocèses voisins, notamment à Saint-Méen, dans le diocèse de Saint-Malo, à Avranches et à Rennes, obtint, en 1697, que le prieuré de Notre-Dame, sous Dol, fût érigé en séminaire. M. d'Anglure de Bourlemont, qui en était abbé commendataire, se réserva seulement le droit pour lui et ses successeurs d'y instruire, loger et nourrir gratuitement un séminariste à son choix. La direction du séminaire fut d'abord confiée à des prêtres séculiers, puis, en 1701, à la Congrégation des Eudistes, qui le posséda jusqu'à la Révolution (1).

Lorsque Mgr de Hercé arriva à Dol, il trouva les bâtiments du séminaire dans le plus triste état. La maison prieuriaîe qui comprenait la meilleure partie dos logements était étayée en dedans et au dehors.

Un nouveau corps de logis, assez conséquent, sortait bien de terre, mais le manque d'argent en avait maintes fois arrêté l'achèvement. Le nouvel évêque fit reprendre aussitôt les travaux, et, comme l'indiquent les chiffres de fer (2) qui garnissent les cordons de granit du premier et du second étage, les nouveaux bâtiments s'achevèrent dans les années 1771 et 1772.

Urbain de Hercé tint à ce que le nouveau séminaire eût une église digne de lui, d'autant que cette église servait en même temps pour la paroisse de l'Abbaye, l'un des faubourgs de Dol. Il en plaça la première pierre en 1777 et en fit la consécration solennelle le vendredi 4 mai 1781 (3).

(1) Annales de la Congrcyation de Jésus et Marte, auto^rapbié 1878-1888. (BiBL. de l'Institution de Saint-Martin de Rennes.)

(2) On y voit aussi les lettres S D H & G A. Nous croyons voir dans les trois premières les initiales des évêques de Sourclies, Dondelet de Hercé, qui travaillèrent à l'érection du nouveau séminaire. Les autres lettres sont peut-être les initiales des supérieurs.

(3) Juhel de la Plesse, Chronologie des Évêques de Dol. (Ms. de la.

BiBL. DE LA ville DE DoL.)

Tout en donnant à ses clercs une demeure vaste, bien aérée, sufnsamment confortable, le pieux prélat se préoccupait avec un soin tout spécial de leur formation intellectuelle et spirituelle.

Son étude approfondie de la théologie lui permettait de donner une direction personnelle à ses séminaristes. Son théologien favori était Tournely, Tauteur de sa jeunesse, qu'il appelait le roi des théologiens. Mais il leur imposa la théologie de Poitiers, parce qu'elle était plus concise et plus catholique que les autres. Dans ses dernières années, il pensa à la théologie de Lyon qu'il trouvait plus méthodique. Beaucoup d'évèques l'avaient interdite comme entachée de jansénisme. Mais Mgr de Hercé avait Tintention d'en donner lui-même une nouvelle édition, expurgée de ses erreurs (1).

L'année de ses ordinands se divisait en sept mois de séminaire et cinq mois de vacances. C'était une heureuse innovation ; car, avant Mgr de Hercé, les clercs n'étaient tenus qu'à trois mois de présence au séminaire f2\ ce qui était évidemment insuffisant pour une bonne formation.

La rentrée avait lieu à la Toussaint. Mais, la veille, les séminaristes passaient au Palais épiscopal un examen sur les traités qui leur avaient été assignés pour les vacances.

Le bureau était formé de l'évèque, de deux vicaires généraux, du supérieur du séminaire et de deux lecteurs en théologie. Avant d'être interrogé, le clerc présentait le certificat de conduite délivré par le recteur dans la paroisse duquel il avait passé ses cinq mois de vacances.

Mot de Hercé interrogeait le premier diacre, lui posait des objections et notait sur un registre son appréciation, après l'avoir réprimandé ou encouragé.

Le second diacre passait au plus ancien des examina-

(1) Vie ms. en espagnol.

(2) Statuts de M(jr de Sourches (1741).

Page 1