‹ Urbain de HercéChapitre 27 sur 196 · FORMATION DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

FORMATION DU CLERGÉ

leurs, et ainsi de suite. L'examen de chaque clerc durait environ une demi-lieure, et ne cessait que lorsque Tévêque attentif avait prononcé le mot : Assez !

Venait ensuite l'examen des jeunes gens qui demandaient à entrer au séminaire. Ils devaient présenter un certificat du supérieur du collège et du professeur de philosophie constatant leur conduite et leur science. Ceux qui avaient passé un examen public sur les quatre parties de la philosophie étaient reçus sans examen. Quant aux incapables, ils étaient repousses sans rémission.

Les nouveaux séminaristes recevaient la tonsure et la soutane à Pâques, s'ils s'en montraient dignes (1).

A l'égard de ceux-ci, Mgr de Hercé se montrait très sévère. Il savait les abus de l'époque, les raisons qui en dirigeaient beaucoup vers l'état clérical ou plutôt vers les bénéfices ecclésiastiques.

Le premier chapitre de ses statuts (2) mettait en garde contre cet abus.

(( Ceux, disait-il, qui se disposent à recevoir la tonsure examineront, avant toutes choses, si leur vocation est véritablement l'ouvrage de Dieu; si l'espérance de trouver dans le sanctuaire une. situation plus douce, plus honorable et plus commode qu'au miheu de leur famille, n'a point déterminé leur choix ; s'il n'est point l'eiïet d'une déférence aveugle pour des parents avides, qui n'ont souvent en vue que l'intérêt et l'établissement de leur famille ; si enfin c'est Dieu qui les appelle à un état où Jésus-Christ lui-même n'est entré qu'avec la mission de son Père, et où personne ne doit entrer qu'avec celle de Jésus-Christ. »

Pour se conformer au décret du Concile de Trente qui interdit les Saints Ordres à ceux qui s'y présentent n'ayant pas en bénéfice ou patrimoine de quoi subsister

(1) Vie ms. en espagnol.

(2) Chap. i«% De la Tonsure.

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honnêtement, Mgr de Tierce n'admettait personne au sousdiaconat qu'il n'eût un titre patrimonial ou un bénéfice de soixante livres de revenu fixe et assuré (1).

Le règlement du séminaire de Dol différait peu de celui de nos séminaires actls. ue

Le lever avait lieu à cinq heures et demie, de la Toussaint à Pâques, et à quatre heures de Pâques à la Toussaint. Il était suivi d'une demi-heure de méditation, de la messe, et du déjeuner qui consistait en deux onces de pain et trois verres de cidre, selon l'habitude du pays, dit un contemporain (2). De neuf heures à dix heures, avait lieu le cours de théologie dogmatique; à onze heures et demie, lecture des examens particuliers de Tronson ; à midi, dîner pendant lequel on lisait l'histoire ecclésiastique de Flcury ou de Bérault-Belcastel, et la récréation jusqu'à une heure et demie. L'après-midi, les séminaristes assistaient au cours de théologie morale qui durait de trois à quatre heures ; à sept heures, souper et récréation jusqu'à huit heures et demie. Alors on se réunissait dans la grande salle pour faire rendre compte de la lecture du réfectoire, entendre une lecture spirituelle et réciter les prières du soir. A neuf heures et demie toutes les lumières devaient être éteintes (3).

Si nous avons insisté sur ce règlement, c'est pour montrer quelles importantes modifications Mgr de Hercé, aidé des zélés fils du Père Eudes, était parvenu à introduire dans son séminaire, dans l'intérêt de la bonne formation de ses clercs.

Chaque séminariste devait pa^^er à l'économe une livre par jour. Mais Mgr de Hercé vint au secours des sémina-

(1) Statuts, ch, ii, du Titre clérical.

(2) Vie ms. en csjMgnol : « Dos onzas de pan solo, con très vasos •■de behida, segun el use del pays. '^

(3) Ibid.

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