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MGR DE HERGÉ MISSIONNAIRE

Quand il avait visité le nombre de paroisses déterminé pour Tannée, Mgr de Hercé commençait une mission dans l'une de ces paroisses ; mission qui durait trois ou quatre semaines, selon le nombre des fidèles. Tout était organisé à l'avance avec le plus grand soin. L'évèque, qui toujours présidait, à moins d'empêchement de première importance, se préoccupait de son logement et de celui des missionnaires. Ceux-ci étaient les Eudistes du séminaire de Dol ; c'est pourquoi les missions n'avaient lieu que pendant les vacances des séminaristes, c'est-à-dire jamais avant les premiers jours de juin. Aux Eudistes, l'évèque joignait, également à titre de missionnaires, des recteurs ou d'autres prêtres du diocèse. Ceux-ci étaient prévenus à temps, de façon à pouvoir se faire remplacer dans leur ministère, durant le temps de la mission.

Les prêtres de la paroisse où se donnaient ces exercices ne pouvaient confesser que les infirmes, afin de laisser aux fidèles la plus grande liberté dans le choix de leur confesseur.

^Igr de Hercé ne voulait se considérer que comme le premier missionnaire ; aussi tous les prêtres qui prenaient part aux travaux de la mission mangeaient à sa table, et l'évèque payait leur pension.

Le pieux prélat tenait à déployer, dans ces missions, la plus grande solennité. L'ouverture s'en faisait le soir vers cinq heures. Il venait processionnellement à l'église avec les missionnaires, prêchait et donnait la bénédiction du Saint-Sacrement. Tous les matins, à cinq heures et demie, alors que les missionnaires étaient déjà au confessionnal, Mgr de Hercé, accompagné de son frère et d'autres ecclésiastiques portant sa croix et sa crosse, arrivait à l'église pour réciter prime et faire l'oraison mentale.

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A six heures, avait lieu l'oraison orale et mentale pour les fidèles, suivie de la messe basse, dont, du haut de la chaire, un missionnaire expliquait les différentes parties.

De huit heures à neuf heures, deux missionnaires faisaient un dialogue sur les principales vérités de la religion ; l'un posant les objections, l'autre les réfutant. Cet exercice très instructif intéressait au plus haut degré les fidèles qui y accouraient en foule. Quelques-uns même envovaient aux dialoguistes des lettres anonymes pour leur soumettre les raisons qui les empêchaient de croire. Alors, à la séance suivante, un missionnaire lisait ces objections et y répondait.

A dix heures, se donnait un sermon d'une heure, après lequel les mis.sionnaires se réunissaient dans le sanctuaire, pour prier ; puis ils s'en allaient diner en récitant le Miserere.

Les fidèles étaient convoqués l'après-midi, à une heure et demie. Un missionnaire faisait chanter quelques cantiques, expliquait la doctrine chrétienne, puis avait lieu un dialogue comme- le matin. Avant ou après celui-ci, l'évêque arrivait à l'église, toujours précédé de la croix et suivi de la crosse, pour entendre les confessions.

A quatre heures et demie, les paroissiens assistaient à un second sermon, suivi d'une procession autour de ré"lise avec croix et bannières, pendant laquelle on chantait les litanies des Saints en français. Au retour, on récitait les prières du soir et on indiquait le sujet d'oraison pour le lendemain.

Les confessions continuaient jusqu'à six heures et demie, heure à laquelle les missionnaires se réunissaient dans le sanctuaire pour faire un quart d'heure d'oraison et réciter les litanies de la Sainte Vierge. Ils se rendaient ensuite, avec l'évêque, au presbytère pour le souper qui avait lieu à huit heures.

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