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LE COLLÈGE ÉPISCOPAL

pour ces professeurs des attentions toutes particulières. Pendant les vacances, il les attirait à sa maison de campagne ; il les récompensait en les nommant aux meilleures cures, et en leur conférant un canonicat au bout de dix années de professorat.

Aussitôt après les travaux de la mission, vers la fin de juillet, iNIgT de Ilercé venait se délasser aux luttes académiques de son collège.

C'étaient des discussions philosophiques publiques auxquelles le savant prélat prenait une part très active; puis des exercices de rhétorique dans le cours desquels un des élèves prononçait un discours, et qui se terminaient par une comédie, ou une tragédie, ou encore par une cause civile plaidée par deux avocats devant un juge. Venait ensuite la distribution des prix. Mgr de Hercé posait lui-môme une couronne de lauriers sur la tête des écoliers qui avaient mérité des récompenses, et remettait une croix au premier de chaque classe. A ceux qui n'avaient que des accessits, le bon évêque, en leur imposant la couronne de lauriers, leur disait, comme consolation, ces vers du poète :

Aux plus grands des auteurs, comme aux plus grands guerriers, Apollon ne promet qu'un nom et des lauriers.

Après chaque proclamation, l'assistance, qui était très nombreuse, applaudissait, le tambour battait et la musique jouait.

Le soir, — et la coutume s'en est conservée à Dol, jusqu'à nos jours, pour les écoles publiques, — les tambours et la musique de la ville allaient à la porte de chaque lauréat, donner une sérénade (i).

La sollicitude de Mgr de Hercé pour l'instruction de l'en-

(1) Viems. en effpagnol, par l'abbé Delacroix, professeur de rhétorique et de philosophie, et recteur du collège de Dol, sous Mgr de Hercé. C'est à ce manuscrit que nous empruntons la plupart des renseignements sur les rapports de l'évèque avec le collège.

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fance était extrême. En plus d'une somme de 18,000 livres qu'il avait placée sur la banque delà Province, dont la rente servait à soutenir un professeur de grammaire pour les enfants pauvres de sa ville épiscopale, il entretenait dans son collège plusieurs écoliers. Il constitua une autre somme de 6,000 livres pour des « écoles gratuites en faveur de pauvres étudiants des campagnes de Dol 1" )>. En 1785, le Roi lui ayant accordé une gratification de 15,000 livres, il en consacra une partie à l'établissement d'un petit collège à Pleudihen, qui faisait partie de son diocèse ; ce dont les autorités de cette paroisse lui exprimèrent leur vive reconnaissance (2).

11 encourageait vivement ses curés et les autres ecclésiastiques de son diocèse, à fonder de petites écoles dans leurs paroisses, à y professer eux-mêmes, lorsque les nécessités de leur ministère le leur permettraient, et, en tout cas, à veiller à ce que les maîtres et maîtresses d'école fussent propres à remplir cet emploi, par leur conduite et leurs capacités (3).

Voilà bien la réponse à ceux qui prétendent que, sous l'ancien régime, les écoles n'existaient pas, et que le clergé était partisan de l'ignorance du peuple.

Mgr de Hercé n'abandonnait pas les jeunes gens qui, au sortir du collège, rentraient dans le monde. Il les suivait de sa bonne amitié, de sa sollicitude paternelle. Ses rapports fréquents avec son collège le mettaient à même de connaître les élèves, d'étudier leur caractère et leurs aptitudes et conséquemment de les diriger dans leur vraie vocation. Nous en avons un exemple frappant dans Charles-Bonaventure Touiller. Né à Dol, où il fit ses études, le jeune homme, comme beaucoup de ceux qui

(1) Arcm. d'1ixe-et-Vil. C. 3364 : CoUèçic de Dol.

(2) Arc», de l'hôtel de Hercé.

(3) Statcts, rhap. xvi, Dcf Maîtres d'École.

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