VOCATION DE TOULLIER
habitent les |3arages de la mer, avait senti, dans ses jeux sur la grève et dans la fréquentation des marins, naître en lui la vocation de ceux-ci. Madame Touiller, peu fortunée et n'espérant pas pouvoir procurer à son lîls une haute situation, mais, d'un autre côté, peut-être effrayée par la pensée des dangers qu'il pourrait courir s'il suivait sa première inspiration, consulta l'évêque de Dol. Mgr de Hercé indiqua aussitôt à madame Touiller la vraie vocation de son fils : « Il a de l'esprit, dit-il, envoyez-le à Rennes et faites-en un avocat. » Le conseil fut suivi et Gharles-Bonaventure Touiller devint un de nos plus illustres jurisconsultes.
Nous avons dit que, dès le début de son épiscopat, Mgr de Hercé se préoccupa de donner à son clergé un Propre des Saints bretons et spécialement de ceux qui appartenaient au diocèse de Dol.
Le besoin s'en faisait sentir. En 1519, l'évêque ]Mathurin de Plédran avait bien publié un Brémsûre de DoL contenant un Propre des Saints bretons (1). INIais, au commencement du siècle suivant, ce Bréviaire avait été remplacé par le Bréviaire romain qui ne contenait pas les offices des Saints spécialement honorés dans le diocèse de Dol (2).
Le Bréviaire de Mathurin de Plédran était devenu in-
(1) ou trouve uu (^'xeuiplairc du volume d'rU'' — juin à novembre, — de ce Breviarium dolensc, de 1519, à la Bibliolhèque nanale. (Imprim. B. 24022). C'est un petit in-8°, gothique, très iutrressanl spécialement par sa liste des saints. A la fln on y lit : Impressiim Paris in vico scti Jacobi p. Desiderium Mahen librarium. Anno dm MCCCCCXIX, iij. Kal. Aw/iist.
(2) Mandement latin de Mgr de Hercé, en tète du Lcctionarium doleme.
trouvable à Tépoque d'Urbain de Hercé. Et comme celuici tenait à ce que les Saints qui avaient glorifié les diocèses de Bretagne et spécialement le sien, fussent honorés par son clergé, il rédigea avec l'aide du savant abbé Déric, son vicaire général [i), un Propre des Saints du diocèse de Dol, en deux volumes. Le premier parut en 1769, c'est-à-dire la seconde année de son épiscopat, et le deuxième l'année suivante (2).
C'est un des Propres les mieux faits et les plus intéressants.
Les leçons du second nocturne, qui contiennent l'histoire du saint dont on fait Toffice, sont courtes, très sobres, exemptes de ces légendes fabuleuses qui conviennent mieux à la poésie qu'à la vraie piété.
Les hymnes plus belles, plus poétiques, que celles du Bréviaire romain, ont été en grand nombre empruntées au Bréviaire de Rouen. L'auteur de celui-ci, un Breton, l'abbé Robinet, docteur de Sorbonne, grand vicaire de Paris, et adversaire acharné du jansénisme, l'avait composé en 1736 (3).
En parcourant ce Lectionarium dolense ou « Propre des saints du diocèse de Dol », on se rend compte du soin pieux et de l'amour patriotique qui ont inspiré leurs rédacteurs. Si l'on y découvre les traces de la science histo-
(1) L'abbé Gilles Déric publia quelque temps après, vers 1777-1778, une Histoire ecclésiastique de Bretagne, qui a eu deux éditions ; mais l'auteur s'étant attardé dans les premières années de cette histoire sur laquelle il était mal documenté, son œuvre ôst restée inachevée et sans valeur historique.
(2) Lectionarium dolense, scu officia sanctorum Dolensis Diœcesis Propria. En 1775, Mgr de Hercé donna également un Propre pour le Missel : Supplementum missalis ad normam Lectionarii Dolensis. Doli, apud Arnaldum Caperan... 1775. In-fol, de 18 pageç.
(3) En 174i-, il publia : Breviarium ecclesiasticiim clero propositum, qui fut adopté notamment par l'évèque du Mans. Urbain Robinet mourut en 1758.