‹ Urbain de HercéChapitre 43 sur 196 · LA BONNE CHARLOTTE · texte numérisé non relu

LA BONNE CHARLOTTE

L'ami le plus sincère, le compagnon le plus fidèle pendant tout son épiscopat, fut son frère, Tabbé François de Hercé, dont il fit dès le début son vicaire général. Les deux frères ne faisaient qu'un, et, dans les difficultés et les peines qu'Urbain eut à subir, il trouva dans son frère un conseiller des plus sages. L'ascendant bienfaisant que François exerça sur l'évêque de Dol suscita plus d'une jalousie ; n'osant pas s'en prendre au prélat des justes réformes qu'il dut accomplir dans son clergé, on chargea le vicaire général qui souffrit en silence les calomnies, heureux de détourner sur lui-même les coups qui auraient pu affliger le cœur de son frère bien-aimé.

Auprès d'Urbain de Hercé résidait également une de ses sœurs, Françoise-Charlotte, de trois ans plus âgée que lui. D'une intelligence supérieure, Charlotte de Hercé avait été élevée à l'école royale de Saint-Cyr (1). A la mort de son père, l'année même de sa nomination, Urbain l'emmena à Dol où elle séjourna jusqu'à la Révolution. Quoiqu'elle fût âgée de 44 ans, sa présence au Palais épiscopal étonna les Dolois qui avaient été habitués, sous l'évêque

Hercé, joar la miséricorde de Dieu et la grâce du SainL-Siège apostolique, évêque et comte de Dol, conseiller du Roi en tous ses conseils, etc., avons baptisé et nommé dans la chapelle denotre château des Ormes, située dans la paroisse de Saint-Léonard, en notre diocèse, une fille née du jour d'hier et issue du légitime mariage de noble homme Jean Liger, noire intendant, et de honorable femnu' Marie Le Brun, son épouse. Laquelle tille a été nommée Urbaine- Françoise-Chanliil par haute et puissant»' demoiselle Mademoiselle Françoise-Charlotte de Hercé sa mareinne. Le père présent, lequid a signé avec nous. Françoise-Charlotte de Hercé. J. Liger. -]- Urbain- René, Évèqueet Comte de Dol. » Refj. de Vétat civil de Saint-Léonard.

(AhCH. de la MAHtlE d'ÉiMMAC, I'HÎîS DoL.)

(1) Livre de famille.

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précédent, à voir le Palais interdit aux l'emmes. L'étonnement fut d'autant plus grand, que cela donna lieu aux dames du pays de venir Y y visiter.

Mot de Hercé reconnaissait lui-même les incommodités qui en résultaient, spécialement à cause des précautions qu'il convenait de prendre dans les conversations devant sa sœur ; aussi ne la menait-il jamais dîner chez les ecclésiastiques.

Mais il ratlectiounait tellement qu'il ne put se résoudre à s'en séparer, à adopter la règle inflexible de saint Augustin sur ce point.

De son côté, mademoiselle Charlotte se montra si pieuse, si dévouée pour les pauvres et les œuvres du diocèse, qu'au lieu de critiquer sa présence, les Dolois en tinrent à ne plus la désigner que sous le nom de a la bonne Charlotte » ou de (f la bonne demoiselle ».

Pendant les absences de son l'rère, missions, retraites. Etats de Bretagne, Charlotte se retirait soit dans une communauté de religieuses à Rennes, ou dans sa famille à Mayenne, soit plus généralement chez les Bénédictines de Dol(I .

A ce propos, l'abbé Delacroix (2 prétend que Mgr de Hercé profitait du passage de sa sœur chez les Bénédictines pour se rendre compte des réformes à effectuer dans ce couvent qui, à un moment, comme nous l'avons vu, donna tellement lieu à désirer que Mgr de Hercé dut intervenir d'une façon très énergique.

La compagnie de son frère François et de sa sœur Charlotte ne sulUsait pas à satisfaire l'affection qu'Urbain de Hercé professait pour sa famille si nombreuse et si intimement unie. Ses devoirs ne lui permettaient que de très rares visites à .Mayenne ; mais ses frères et ses sœurs,

(1) Vie ms. en esp. — Livre de f'nmilk. (2^ Vie ms. en cspar/nol.

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