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RÉUNIONS DE FAMILLE AUX ORMES

dont il était l'orgueil, ne pouvaient-ils venir à lui, et lui rappeler les charmantes réunions du manoir du Plessis ? Un autre manoir était là, tout disposé pour les recevoir. C'est, en etVet, pour sa famille qu'Urbain avait élevé un nouveau pavillon au château des Ormes.

Tous les deux ans, lorsque les Etats de Bretagne ne siégeaient pas, les de Ilercé, sur un signe d'Urbain, envahissaient le manoir épiscopal et y passaient une partie de l'hiver. Autant (|ue ses obligations lui permettaient de quitter son Palais épiscopal, Mgr de Hercé allait répandre la joie au milieu de la réunion fraternelle des Ormes. Il était, en effet, d'un naturel très enjoué, et il riait d'un si bon cœur que M. (Iraslin, de Nantes, ami de la famille, disait de lui qu'il avait « le rire du tempéramment i^l) ».

Nous ignorons si madame de Ilei'cé vint aussi visiter son fds et présider ces gaies réunions de famille. Veuve depuis 1767, Françoise Tanquerel s'était retirée chez sa fille, Louise-Elisabeth de Hercé, récemment mariée à (jrilles Lefebvre d'Argencé des Provostières, qui habitait une maison de location sur la place des Halles, à Mayenne. Ce fut là qu'elle mourut subitement, le 10 septembre 1775, à l'âge de 72 ans. Dès le lendemain de sa mort, madame de Hercé était inhumée dans le cimetière de Mayenne, en présence des membres de la famille résidant dans la contrée (2). Qu'on juge de la douleur de l'évêque de Dol, de son frère et de sa sœur, en apprenant la mort de leur

(i) Livre de famille. M. Graslin, négociant à Nantes, a donné son nom à un quartier de cette ville.

(2) Livre de famillr : — Reg. d'état civil de N.-D. de Mayenne, 1 1 sej)tenibre 177o.(Arcii. .mu.nicipales de Mayenne.) L'acte d'inhumation est signé de Jean-René de Hercé, sonfilsaîné, et de Gilles Lefebvre des Provostières, son gendre.

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mère bien-aimée, dont la soudaineté les avait privés de la consolation d'une suprême entrevue, d'une dernière bénédiction. L'éloignement les empêchait même de venir prier sur son cercueil, et ce fut dans la solitude des Ormes, dans riiumble chapelle, qu'ils versèrent en commun leurs larmes et adressèrent les plus ferventes prières pour le repos de l'àme de ce modèle des mères chrétiennes.

« La nature seule ne peut résister à de pareilles épreuves, — écrivait Tabbé François à un ami (1), — et l'on a besoin de secours pour en soutenir toute la pesanteur. »

Ce secours, l'évêque de Dol le trouva immédiatement et d'une façon toute spéciale dans la retraite d'ordination qui eut lieu dans ces jours. Cette ordination fut la plus considérable de son épiscopat : 233 ordinands y prirent part, et le pieux évêque eut la consolation de consacrer 63 prêtres (2) auxquels il demanda de dire chacun une messe pour l'àme de sa bonne mère (3j.

Un autre événement vint répandre un baume sur la blessure faite au cœur de Mgr de Hercé. Son frère, Jean-François, chevalier et seigneur du Plessis, lieutenant des vaisseaux du Roi, au département de Brest, marié, quelques mois avant la mort de sa mère, à Jeanne du Boys de la Basmeignée, eut un fds, le 16 février 1776. Ce fut une grande joie dans la famille. On retarda le baptême, se contentant de Tondoyement, dans l'espoir que l'évêque de Dol viendrait lui-même présider, au milieu de sa famille, la cérémonie solennelle. C'eût été le désir d'Urbain, et ce désir eût encore été plus vif si, lisant dans l'avenir, il eût vu cet enfant siégeant un jour sur le trône

(1) Lrllic (le Tiibbé Fr. (leHeiré à M. de Saint-Brice, à Domfront, datée de Dol, 20 septembre 177.') (Arch. dépaut. d'Flle-et-Vil. : G, Évêché de Dol, ac(|. nouv.)

(2) Rcij. (lu secrctariat, -l'-i sc|)l('iiibre 177:1.

(:i) Il avait la L'outuine de deinandei'ainsi à cbaquc iimivi-au prêtre unr messe à ses inlentions.

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