‹ Urbain de HercéChapitre 45 sur 196 · DEUILS ET JOIES DE FAMILLE · texte numérisé non relu

DEUILS ET JOIES DE FAMILLE

épiscopal de Nantes (1). Mais ses travaux apostoliques et les assises des Etats de Bretagne à Rennes, le privèrent de ce bonheur. Son frère François le suppléa dans l'administration du baptême, et sa sœur Charlotte remplit les Ibnctions de marraine, en même temps que l'aïeul de l'enfant remplissait celles de parrain (2).

Au mois de novembre de Tannée suivante (1777), Mgr de Hercé put enlin aller prier sur la tombe de sa bien-aimée mère, et bénir le fils de son frère, le futur évêque de Nantes. Il profita de sa présence à Mayenne pour donner la tonsure, dans l'église des Bénédictins, à Jean-Louis Lefebvre de Cheverus qui devint, après la R^évolution, archevêque de Bordeaux et cardinal (3).

Urbain de Hercé prit en alïection particulière le jeune Jean-François, fils du chevalier de Hercé. Il l'attira souvent à Dolavec son précepteur l'abbé Zerilli, ancien jésuite italien, qui s'était réfugié à Mayenne, après la dissolution de sa Société. Jean-François, devenu évêque à son tour, aimait à rappeler les vacances qu'il avait passées aux Ormes, pendant son adolescence, auprès de son oncle, pour lequel son cœur resta pénétré de reconnaissance et de vénération (4). C'est par ses soins qu'il fut préparé à sa première communion, et c'est de ses mains qu'il reçut le sacrement de confirmation (5).

L'affection dont Mgr de Hercé donna tant de preuves

(1) Voir plus haut, p. 6, note 1.

(2) Registre de fctat ciril de la paroisse N.-D. de Mayenne, 19 février et 30 octobre 177G. (Arcii. muxicip. de Mayenne.)

(3) Rerj. du secrétariat de M;jr de Hercé, 17 nov. 1777.

(4) Lettre de Mgr de Hercé, évêque de Nantes, à M. Toussaint (laulier, de Dol, datée de Nantes, 12 juin 1848. (Arch. personnelles.)

(5) L'abbé Maupoint, Vie de Mgr de Hercé, évêque de Nantes.

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à sa famille temporelle ne diminua en rien celle qu'il devait à sa famille spirituelle et spécialement à son clergé.

Le Palais épiscopal et le Château des Ormes étaient à toute époque ouverts à ses prêtres. Tous les jours, excepté le mardi et le vendredi, consacrés à sa correspondance <[u'il faisait lui-même, Tévêque de Dol recevait à dîner même les laïques. Il y avait trois tables : la sienne, où mangeaient les prêtres, les séminaristes diacres et sous-diacres, et les laïques de distinction ; celle de son majordome où s'asseyaient les séminaristes non encore dans les ordres sacrés et les laïques de condition ordinaire ; les autres mangeaient avec les domestiques. Les tables étaient servies grandement, mais sans profusion.

Mgr de Hercé arrivait dans la salle à onze heures et demie pour voir ses convives. Chose étrange, on ne disait jamais en commun le Benedicite et les Grâces; ce dont beaucoup s'étonnaient de la part d'un évêque si strict sur les exercices de piété 1 .

Pendant tout le repas, l'évèque était dune grande gaieté; mais il portait généralement la conversation sur des sujets où se révélait sa science. Sans être profondément savant, Mgr de Hercé était cependant au courant des questions scientifiques ; il était surtout très lettré et très instruit des questions ecclésiastiques. Sa mémoire était merveilleuse : il savait par cœur toute l'Ecriture Sainte, le Concile de Trente, la Fonnsition du clerc de Tronson, VHistoirc ecclésiastique de Fleury et la Théologie de Tournely, et avec cela toutes les Odes d'Horace.

Un jour qu'il avait à sa table les professeurs de son collège, Mgr de Hercé amena la conversation sur les classiques latins.

— Quels sont, demanda-t-il à l'abbé Delacroix, profes-

(I) Vie lyis. en espagnol.

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