‹ Urbain de HercéChapitre 51 sur 196 · SOLLICITUDES POUR LES MALADES · texte numérisé non relu

SOLLICITUDES POUR LES MALADES

Hercé. Il se trouvait dans la rue dite du Moulin, près la maison de Retraite, sur le bord du bief Guyoul, non loin d'un vieux moulina eau, appelé « Moulin de l'Archevêque ». Les eaux arrêtées et élevées par ce moulin inondaient les terres environnant l'hôpital et débordaient sur la chaussée rendue impraticable. Mgr de Hercé, propriétaire de ce moulin, comme comte de Dol, en consentit, aux États de Bretagne de 1784, la démolition, afin d'arri^^er au dessèchement des terres de l'hôpital et de procurer un air plus salubre à ses malades. D'ailleurs l'indemnité de 16,000 livres que lui accordaient les États pour la cession de son moulin lui permirent de constituer une nouvelle rente en faveur de ses œuvres (1).

L'hôpital fut entièrement rebâti, et, pour ce faire, le charitable prélat dépensa environ 30,000 livres.

Mgr de Hercé était aussi fidèle que possible à présider le bureau d'administration de son hôpital, qui se réunissait au palais épiscopal. Un jour qu'il n'avait pu assister à l'une de ces réunions, les administrateurs du bureau jugèrent urgent l'emprunt d'une somme de mille livres pour les réparations d'un immeuble dépendant de l'hôpital. L'évêque de Dol, informé, ne voulant pas que les revenus de cette œuvre de charité fussent diminués par un emprunt, fit généreusement don de la somme nécessaire. C'était un nouveau bienfait ajouté à tant d'autres. Le bureau, d'après le procès-verbal de la séance du 19 juillet 1789, « pénétré du plus profond respect et de la plus vive reconnaissance pour le prélat dont la bienfaisance et la générosité se répandent par tout l'évêché et particulièrement dans cette ville » — décida alors de lui envoyer une députation

(1) Lettres patentes, de septembre 1785 (Arch. du Parlement de Bretagne : B. 47, enregistrement d'Édits, 45^ reg. fol. 115, R°.) ; — Note de l'abbé François de Hercé, dans le Registre des feignes et rentes de VÉvêché de Dol (Arch. de l'hôtel de Hercé) ; — Arcu. départ^ d'Ille-et-Vil.: G. 3619 et 3664.

pour lui présenter ses plus humbles remerciements (1).

Mgr de Hercé ne voulait pas admettre dans son hôpital des malades qui pouvaient être soignés chez eux. Il en donnait les raisons suivantes :

« Ce que nous dépenserons pour entretenir une religieuse, suffirait pour entretenir trente pauvres chez eux. Un pauvre infirme qui se soigne dans sa demeure, trouve plus de sympathie de la part de ses enfants et dans les larmes de sa femme, que dans tous les aphorismes des médecins de rhôpital.

» Donnons-leur du pain, de la viande, du vin ; ils n'ont pas besoin de saignée et de remèdes, car ce n'est pas généralement l'embonpoint qui les rend malades. La femme et les enfants profiteront des restes du malade, et ainsi nous ferons du bien à toute la famille.

» La charité, ajoutait-il, nous oblige à secourir les pauvres, et l'humanité demande que ces secours soient donnés de façon à contenter le malade. Admettons plutôt dans ce saint asile les étrangers et ceux qui n'ont pas de famille, et laissons les autres à leurs enfants et à leur femme ; cela vaux mieux que de les amener à l'hôpital contre leur volonté (2). »

Comme comte de Dol, autant que comme évéque, Mgr de Hercé était en rapports constants avec les administrateurs de la ville.

Ces relations étaient des meilleures et profitèrent grandement aux intérêts de la cité doloise.

(1) Rey. des délibérations du bureau des hôpitaux de Dol: Arch. MUNiciP. DE Dol. Le reçu de cette somme de 1,000 Hvres, daté du 18 juin 1790, se trouve dans les Arch. de l'iiotel de Hercé.

(2) Vie ms. en espagnol.

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