PREMIÈRE DÉPUTATIOX EX COUR
Cependant les députés en Cour furent chargés de renouveler leurs réclamations auprès du Roi. Mais voilà que la. situation s'aggrava. Le duc de Fitz-James, commandant en Bretagne et représentant du gouverneur, le duc de Penthièvre, suspendit de leurs fonctions trois commissaires des Etats, le lendemain de la clôture de la tenue, puis un quatrième, le 10 mars 1774. Ce furent de nouvelles protestations de la part de la Commission intermédiaire, qui en écrivit aussitôt au duc de Fitz-James, et pria Mgr de Hercé et ses co-députés de présenter ses plaintes à la Cour.
Telle était l'une des plus délicates parties de la mission que l'évêque de Dol allait remplir auprès des ministres et du Roi lui-même, pendant les vingt mois, de janvier 1773 à août 1774, que durerait sa charge.
Avant de solliciter Félargissement de La Ghalotais et d& Caradeuc, Mgr de Hercé eut soin de prendre conseil de la famille de ces magistrats. Mais celle-ci, craignant que des démarches auprès de la Cour ne fussent plus nuisibles qu'avantageuses, fut d'avis que les députés bretons s'en abstinssent. Quant aux commissaires des Etats, suspendus par le duc de Fitz-,James, Mgr de Hercé fit démarche sur démarche, sans pouvoir aboutir (Ij,
11 attendit alors la cérémonie de la présentation au Roi du cahier des remontrances. On était à la fin de décembre 1773. Les députés bretons prièrent le duc de Penthièvre, secrétaire d'Etat, de prendre l'ordre, le jour et l'heure de Sa Majesté pour cette cérémonie.
Le comte de Robien, qui assistait les trois députés, comme procureur général syndic des Etats, fut informé que la cérémonie aurait lieu le 3 janvier 1774, et, en conséquence, envoya des billets de faire part imprimés à tous
(1) Rapport de MM. les députés en Cour, 1773-1774- : Arch. dép. d'Ille-et-Vil. g. 2841. Ce rapport est corrigé en beaucoup d'endroits de la main même de Msjr de Hercé.
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les personnages importants de la Bretagne, qui se trouvaient à Paris et à la Cour (1).
L'évêque de Dol, le comte Desgrées et M. de Tréverret, ainsi que le comte de Robien et M. Magon de la Lande, trésorier des Etats, se rendirent dès le 1" janvier à Versailles.
Le jour suivant, ils firent les visites habituelles au duc de Penthièvre, gouverneur de la Province, au maréchal de Soubise, au chancelier, au duc de la Yrillière, secrétaire d'Etat de la Province, au marquis de Monteynard, secrétaire d'Etat de la guerre, au duc d'Aiguillon, secrétaire d'État des affaires étrangères, ancien commandant en Bretagne, à M. de Boynes, secrétaire d'Etat de la marine, à M. Berlin, secrétaire d'Etat, au Contrôleur général, à tous les ministres, à M. d'Ormeson, à M. de Marville, conseiller au Conseil royal, ainsi qu'au premier Gentilhomme de la Chambre, aux Dames d'honneur et aux gou vernantes de Mesdames.
Dans ces visites, aucune harangue ne fut prononcée, et l'évêque de Dol était simplement en habit court et noir.
Lé 3 janvier, jour de la présentation du cahier, Mgr de Hercé revêtit le rochet et le camail violet, le comte Desgrées ses habits ordinaires, >L de Tréverret un manteau court, le comte de Robien et M. Magon de la Lande leur costume ordinaire. Ils se rendirent d'abord chez le duc de Penthièvre. L'évêque de Dol ayant à sa droite le député de la noblesse, à sa gauche le procureur général syndic et un peu en arrière le député du Tiers, adressa un discours au gouverneur de la Bretagne. Les députés allèrent ensuite chez le duc de la Vrillière pour savoir s'il
(i) Le récit de la réception est em[(runlé au ms. intitulé : « Cérémonial qui a été observé lors de la présentation du calner des très humbles remontrances faites au Roij par les Députés et Procureur général syndic des États de Bretagne, le S janvier 1774. » (Arch. dkp. d'Ille-et-Vil. C. 2842.)