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LES EAUX DE VERSAILLES

Mgr de Ilercé et ses collègues se préoccupaient aussi des réponses que devait faire le Conseil royal aux remontrances contenues dans le cahier qu'ils avaient présenté au Roi. Cela leur occasionna de nombreuses visites aux Conseillers.

Vint enfin le jour où ils furent convoqués à Versailles pour recevoir ces réponses. Ils furent introduits dans la salle du Conseil, où le duc de Penthièvre, comme gouverneur de la Bretagne, occupait le fauteuil du Roi, entouré des Conseillers et de plusieurs personnages des ministères. Ils se tinrent debout devant M. le Chancelier qui fit un court discours sur la situation de la Province. Celui-ci s'étant couvert en commençant sa harangue, les députés bretons firent de même. Le cahier des remontrances avec les réponses royales, n'étant pas encore signé, ne fut remis que plus tard au procureur général syndic (1 .

La coutume était que, à Foccasion de la présentation du cahier au Roi par les députés bretons, on fit jouer en l'honneur de ceux-ci, les grandes eaux de Versailles, de Trianon et de Marly. Mais cette présentation ayant eu lieu au mois de janvier, on avait jugé la saison trop dure pour ces jeux, et ils avaient été remis à un autre temps. Ils furent encore retardés par la mort de Louis XV, arrivée le 10 mai.

Cette fête eut enfin lieu le 8 août. Le marquis de Marigny donna les ordres nécessaires pour faire jouer, ce jour, les eaux de Versailles et de Marly, et le comte de Noailles se préoccupa de procurer aux députés bretons des cariolles pour y assister. Après ces jeux, Mgr de Hercé et ses codéputés firent de larges gratifications aux Suisses qui conduisaient les cariolles et aux fontainiers de Versailles et de Marly 2 .

(1) Cérémonial de lu présentation du cahier...

(2 Ibid. — Voici, daprrs les comptes du trésorier des Etals de Bretairne, les irratiliralions (jui se donnrrcnt en 1772 :

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Les réponses au cahier des remontrances, étant arrêtées, la mission des députés en Cour pouvait être considérée comme terminée. Restait encore, cependant, à connaître la volonté du Roi sur la date de convocation des prochains Etats, et sur le lieu où ils s'assembleraient. Mgr de Hercé attendit.

Le zélé prélat était cependant bien fatigué par toutes les courses et les sollicitudes de sa pesante charge de président de la députation, qu'il exerçait depuis vingt mois, loin de son diocèse. Combien il désirait retourner au milieu de son cher troupeau, et se reposer sous les ombrages de son château des Ormes, loin des soucis de la politique et des intrigues de la Cour !

L'évêque de Rennes se rendit à ce moment auprès de la Cour, à Gompiègne, et, en passant, envoya un mot aimable à son collègue.

« Je reçois à l'instant, mon cher Seigneur, — lui répondit le 14 août Mgr de Hercé, — le petit signe de vie que vous me donnés à votre passage, et je ne puis vous exprimer combien je suis sensible à cette attention de votre part. Je n'ay plus que neuf k dix jours à rester dans ce pays-cy. 11 y a si longtems que je bâts le pavé de Paris de

« Aux Suisses qui ont conduit les cariolles à Versailles. 48 livres.

» Aux fontainiers de Versailles 3G —

» Aux gondoliers, à raison de 12 livres par gondole . . 36 —

» Aux fontainiers de la .Ménagerie 12 —

» Aux fontainiers de Trianon 12 —

» Aux Suisses qui ont conduit les cariolles à Marly . . 48 —

» Aux fontainiers de Marly 30 —

228 livres.

» iS'ota. — Il est moins payé, lorsque MM. le députés ne vont pas à Marly, à la Ménagerie ou à Trianon. » Arch. dkp. d'Ille-et-Vilaine, C. 28'f().

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