FIN DE LA DÉPUTATION
mon corps, que j'en suis excédé de fatigue et d'ennuy. J'espère au moins que vous reviendrez de Gompiègne avant que je parte (i). »
Mgr de Hercé ne différa pas beaucoup plus que le temps qu'il indiquait, son départ de Paris.
La mort de Louis XV, arrivée le 10 mai précédent, avait fait monter sur le trône le jeune Louis XVI. Ce fut le signalement d'une ère passagère de calme. Dès le mois de juin, La Chalotais était rétabli dans ses fonctions. Pour éviter le renouvellement des troubles en Bretagne, Louis XVI voulut que le duc de Penthièvre, gouverneur de la Province, vint lui-même tenir la session des prochains États (2), au lieu de laisser ce soin au duc de Fitz-James qui s'était rendu impopulaire par sa politique.
Cette décision prise, le duc de Penthièvre écrivit à Mgr de Hercé toujours dans l'attente :
« Il ne m'a pas été possible de vous écrire plus tôt, monsieur l'Evèque ; les Etats ne seront point avant le i" décembre et peut-être après le 15 de ce même mois. On dit que j'aurai le plaisir de vous y voir. Je vous prie, monsieur l'Evêque, de vouloir bien ne jamais douter de la sincérité des sentiments que j'aurai toujours pour vous.
» L.-J.-M. de Bourbon (3). »
Aussitôt, le 26 août 1774, l'évêque de Dol fit part aux membres de la Commission intermédiaire, de la lettre du gouverneur. « Dans cette circonstance, disait-il, ne croïant plus ma présence nécessaire à Paris, j'ay pris mes arrangemens pour partir incessamment. »
(1) Lettre à Mgr Bareau de (Jirac, datée de « Paris, 14 août 1774». Arch. de l'Archev. de Ren.nes.)
(2) Arch. dkv. d'Ille-et-Vil., C. 2841, Rapport de MM. les députés en Cour, 1774.
(3) Arch. départ. d'Ille-et-Vil., G. 3902.
Il annonçait en même temps l'exil dans leurs terres, du chancelier Maupeou, l'ennemi des Parlements, et du contrôleur général ; ainsi que la nomination de ^[. de Miromesnil, comme garde des sceaux, de M. de Turgot, comme contrôleur général, et de ^I. de Sartine, comme ministre de la marine (1).
Ces bonnes nouvelles envoyées à la Commission intermédiaire, ^Igr de Hercé prit le chemin de son diocèse.
Son repos ne fut pas long. Les États se réunirent à Rennes, le 20 décembre (2), au couvent des Cordeliers.
L'évêque de Rennes, Bareau de Girac, y présida. L'évêque de Dol (3) fut nommé à la tète d'une députation, composée de vingt membres des trois ordres, pour aller prier le duc de Penthièvre, gouverneur de la Bretagne, présent à Rennes, et les autres commissaires du Roi, de venir faire l'ouverture des Etats. Il fut également choisi pour célébrer la messe du Saint-Esprit, dans l'église des Cordeliers (4).
Madame la princesse de Lamballe, belle-fille du duc de Penthièvre, avait accompagné celui-ci à Rennes. Les Etats, voulant honorer cette dame, lui envoyèrent une députation de vingt-quatre membres pour la complimenter. Mgr de Hercé présida cette députation et fut chargé des compliments. La princesse se déclara très sensible à l'amitié que la Province voulait bien lui témoigner, et disposée à lui marquer sa reconnaissance en toutes occasions lo).
(1) Arch. DKi'. ij'1llk-et-Vil., g. 3902.
(2) Re;/. des Etats, session de 1774-1775.
(3) Il (Hait descendu à Rennes, «chez M. l'abbé Lavaiidier, rue du (Irilîon )). (Liste de Nosseigneurs les Etats, 1774. A Rennes, chez Jacques Vatar, 1774.)
(4) Séances des 20 cl 21 décembre.
(V}) Séances des 21 et 22 décembre.