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MANIFESTATIONS HOSTILES DES ÉTATS

telles traces, que les délibérations en chambre donnèrent encore lieu contre lui à des manifestations malveillantes.

L'ordre du Tiers termina sa délibération par des remerciements aux députés en Cour, avec une mention particulière pour le comte Desgrées.

La Noblesse adopta le même avis en l'accentuant par le vœu que le comte Desgrées reçût une indemnité de 30,000 livres pour ses avances et dépenses, et une pension annuelle de 2,000 écus.

L'ordre de Tl^glise souscrivit d'abord à l'unanimité aux avis du Tiers et de la Noblesse. Mais quelqu'un ayant fait observer que les remerciements spéciaux au comte Desgrées « n'étaient pas honnêtes pour Tévêque de Dol, » les membres de la Noblesse durent s'expliquer. Ils déclarèrent « que leur intention en rendant justice à M. le comte Desgrées, n'avait jamais été de rien dire dont le contre-coup pût porter sur messieurs ses co-députés. » On fit en conséquence, à l'avis primitivement adopté, un très léger changement, dans le sens proposé par l'ordre de l'Église.

« Les amis de M. l'évêque de Dol, — dit un contemporain auquel nous avons emprunté les délails-ci-dessus, — ont trouvé qu'il était encore moins flatteur pour luy d'être mis sur une même ligne avec M. de Tréverret, que d'être placé seul quelques degrés au-dessous de M. le comte Desgrées (i,. «

Mgr de Hercé trouva peut-être de son côté que mieux valait être à un degré inférieur dans l'estime des partis passionnés et donner la main au député du Tiers, que d'agir contre sa conscience en se laissant aller aux exagérations du comte Desgrées, dont les extravagances portèrent souvent le trouble au sein des Etats (2". 11 avait

(1) Lettre au président de Kerouartz, datée de <c Rennes, vendredi 30 décembre 1774 ». (Arch. de M. Alain de Cleuziou.)

(2) Voir Ch. de Calan, La Bretagne sous Louis XVI (Revue de Bretagne ET Vendée, octobre et novembre 1895)

rempli sa mission de député à la Cour avec le plus entier dévouement. Dans son discours au Roi, il avait su allier le respect dû à l'autorité suprême avec un langage plein de fermeté et de franchise. En somme, le succès de la députation était beaucoup plus Teilet de son zèle que de celui du député de la Noblesse.

Les critiques n'empêchèrent pas l'évêque de Dol de se dévouer avec son activité habituelle aux travaux de la session. Il présida l'importante commission des impositions. Comme tel, il fut envoyé en députation A^ers le duc de Penthièvre, pour obtenir le retrait de la demande de fonds pour la milice garde-côtes. Le Gouverneur suppUa les États de lui accorder sa demande. Le Tiers, la Noblesse et l'Église furent en plein dissentiment sur cette question. Et qui choisit-on pour mettre tout le monde d'accord ? Celui qui semblait être Tobjet du dédain des exagérés de l'Assemblée, l'évêque de Dol.

Mgr de Hercé fit un rapport remarquable où il montra l'inutilité de la miHce garde-côtes et les désordres auxquels elle donnait lieu. Il lut son mémoire à la séance du 14 février, aux applaudissements de tous (i).

La clôture de ces États se fit le 20 février 1775.

Mgr de Hercé fut encore fidèle à assister aux Etats tenus à Rennes en 1776 (2) et en 1778-1779. A ces derniers, il eut même l'honneur de présider l'Assemblée bretonne pendant six jours, l'évêque de Rennes étant indisposé.

Une put assister aux États qui se tinrent à Rennes, du 30 octobre 1780 au 30 janvier 1781.

(1) Arch. de xM. A. du Cleuziou; — Rec. des États, séances du 9 au 49 février 177;j.

(2) Pendant celle session, il logeait «rue du (irifTon, chez M. fabbé Godard», dans un des immeubles où s'établit plus tard l'Oratoire de Rennes. [Liste de NosseUjneurs les Etats, 1770. Rennes, Jacques Vatar.)

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