‹ Urbain de HercéChapitre 66 sur 196 · ÉTATS DE BRETAGNE, J776 A · texte numérisé non relu

ÉTATS DE BRETAGNE, J776 A

L'Assemblée générale du Clergé venait de terminer ses assises à Paris. Mgr de Hercé, qui y avait été député avec son frère par la Province ecclésiastique de Tours, (1) en était revenu en mauvaise santé. Pour reprendre des forces, il s'était arrêté dans son pays natal, à Mayenne. C'est de là que, la veille de l'ouverture des Etats, il s'excusa auprès de Févêque de Rennes, président, de ne pouvoir y assister.

« Je suis bien touché, mon cher Seigneur, — lui disaitil, — de ne pouvoir partager vos travaux, mais j'ay rapporté de Paris une santé si misérable, et surtout une si mauvaise tête, qu'il m'est absolument impossible de me livrer à aucun genre d'application. Tout ce que je puis faire est d'élever, comme Moyse, mes mains vers le ciel pour la prospérité de vos armes.

)) Je vous écris de Mayenne, où je me suis arrêté en •chemin faisant, pour y reprendre mon air natal. Je compte y rester jusqu'cà la Saint-Martin, aprez quoy je me rendrai directement à ma campagne pour y suivre le régime qui m'a été ordonné.

» Bonjour, mon cher Seigneur; soyez bien convaincu, je vous en conjure, de la sincérité, de l'attachement et du respect avec lequel j'ay l'honneur d'être

)) Votre très humble et très obéissant serviteur. » f Urb.-R., Évêque de Dol.

» A iVlayenne, 29 octobre 1780 (2). »

Mais l'infatigable prélat ne pouvait rester inactif. 11 profita des deux années entières de loisir que lui laissait la politique pour se donner tout entier à son diocèse.

Du 10 au 30 juin 1782, on constate sa présence dans l'importante paroisse de Pleudihen (3), aujourd'hui au dio-

(1) Voir chap. II.

(2) Akch. de l'Archev. de Rennes.

(3) Rey. du secrétariat de févêché de Dol. A ces deux dates, nous trouvons deux nominations faites de Pleudihen.

148 URBAIN DE HERGÉ

cèse de Saint-Brieuc, où il présidait une de ces missions si fructueuses de trois ou quatre semaines, dont nous avons parlé en son lieu.

Cette même année, les États se réunirent à Rennes, le 28 octobre. Mais Mgr de Hercé, fidèle à ses devoirs épiscopaux, autant que le lui permettaient ses autres obligations, retarda son entrée dans TAssemblée jusqu'au 2 novembre, afin de célébrer pontificalement, dans sa cathédrale, la fête de la Toussaint. 11 avait été devancé par le député du Chapitre de Dol, Tabbé Thoumin des Vauxponts, Tun de ses vicaires généraux.

Les États de Bretagne, depuis les assises de 1776, se trouvaient en conflit avec le pouvoir royal pour la nomination des députés en Cour. Le Roi avait déclaré ne vouloir recevoir à la Cour aucun autre député que ceux qui seraient recommandés par le Gouverneur de la Province. Les États avaient eu beau protester et envoyer des adresses au Roi, Louis XYI était resté inflexible. Leurs délibérations et leurs protestations furent annulées (1). On s'empressa donc, au début de la session de 1782, de nommer des députés en Cour agréables au Gouverneur. Ce furent, pour Tordre de l'Église, l'évèque de Dol ; pour la Noblesse, le chevalier Geslin de" Trémergat, et, pour le Tiers, M. de LaMotte-Fablet, maire de Rennes. Les États chargèrent ces députés « daller présenter à Sa Majesté le mémoire des griefs des États contre les infractions faites à leurs droits, franchises et Hberté,tant à l'égard du libre exercice de leur droit de députer à la Cour et à la Chambre des Comptes, qu'au sujet des levées de deniers faites dans la Province sans leur consentement. »

Mgr de Hercé fut en outre chargé de rédiger avec une commission le mémoire qui serait présenté au Roi, et de

(1) Reg. des £<a/s, sessions d-' 1776, 1778 et 1780.

Page 1