MARQUES DE SYMPATHIE
L'évéque de Dol lit son rapport sur la députation qu'il avait présidée, ainsi que les réponses du Roi (1).
Les États remercient Mgr de Hercé, le chevalier de Trémergat et M. de La Motte-Fablet, « de leur zèle, de leurs démarches et de tous les soins qu'ils se sont donnés pour la conservation des droits et des intérêts de la Province ». Ils ne se contentent pas de cette reconnaissance verbale ; ils ordonnent qu'on fasse fonds pour payer les frais de voyage et de séjour à Versailles, d'une somme de 6,000 livres pour l'évéque de Dol, d'une même somme pour le chevalier de Trémergat, et de 4,000 livres pour M. de La Motte-Fablet (2).
Les États se séparèrent le 30 janvier 1783, sans nommer de députés à la Cour. Pour mieux accentuer leur ressentiment contre le gouvernement, les sommes généralement attribuées aux députés à la Cour furent distribuées, celle du député de l'Église à l'hôtel des Demoiselles nobles établi récemment à Rennes par Mgr Bareau de Girac ; celle du député de la Noblesse à l'hôtel des Gentilshommes de Rennes; enfin celle du député du Tiers, pour fonder des bourses dans les collèges destinés aux membres de cet ordre (3).
Le zèle et le dévouement sans bornes dont Mgr de Hercé avait donné tant de preuves durant cette session, avaient fait s'évanouir les légers nuages qui s'étaient élevés entre lui et le parti extravagant et tapageur du comte Desgrées du Lou. La confiance et la sympathie de tous lui étaient revenues.
Le chevalier de Trémergat, qui avait su apprécier les hautes qualités de l'évéque de Dol pendant leur députation à la Cour, tint à ce que le digne prélat conférât luimême à son beau-fils, Charles Iluchet de Quenetain, la
(1 1 Reçj. des Etats, séance ilii 28 nuv. 1782.
(2) Reg. des États, séance du 18 décembre 1782.
(3) I6k/., séance d)i 30 Janvier 1782.
152 LRBAIN DE HERCÉ
tonsure pendant la session des Etats. -Mgr de Hercé se rendit bienveillamraent à ce désir, et traça sur la tête du jeune homme la couronne des clercs, le 1"^ décembre 1 782, dans la chapelle des Sœurs de la Charité, à Rennes (1).
La clôture des Etats se fit le 30 janvier 1783, et Tévèque de Dol put retourner dans son diocèse, pour s'y livrer, en dehors des discussions politiques, pendant deux années consécutives, à ses œuvres d'évangélisation et de charité.
Les États de 1784 s'ouvrirent, le lundi 8 novembre, dans la salle des Cordeliers de Rennes, sous la présidence de « Révérend Père en Dieu messire Urbain de Hercé, évèque et comte de Dol (2) ».
Leminent prélat dut cet honneur à l'absence de l'évêque diocésain, Mgr Bareau de Girac, et à sa qualité de doyen des évèques de Bretagne.
Cette absence de l'évêque de Rennes inquiéta l'Assemblée. Mgr Bareau de Girac s'était rendu très po'pulaire parmi les membres des Etats, spécialement de ceux de l'ordre de la Noblesse, par son opposition aux empiétements du pouvoir royal sur les droits et privilèges de la Bretagne. Il était devenu suspect à la Cour.
« Nosseigneurs des Etats », supposant que l'évêque de Rennes avait reçu l'ordre de ne pas assister à la session,
(1) Rey. du secrétariat de Mgr de Hercé, 1" dt';c. 1782. La mère du jeune clerc, Anne-Marie-Françoise de Caradeuc de la Motte, veuve de Gilles de Quenetain, s'était remarit'-e au chevalier de Trémergat en 177G. Charles de Quenetain reçut les ordres mineurs également des mains de l'évêque de Dol, le 21 août 1783, dans la chapelle des Ormes (Ibid.).
(2) Reg. des États, session de 1784-1780. Mgr de Hercé logea chez les RR. PP. Minimes. {Liste de Nosseigneurs les États, 1784. Rennes Nicolas Vafar.)