‹ Urbain de HercéChapitre 76 sur 196 · ÉDIT EN FAVEUR DES NON-CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

ÉDIT EN FAVEUR DES NON-CATHOLIQUES

Pendant que Mgr de Hercé se trouvait en Lorraine, de graves événements se préparaient qui allaient mettre à l'épreuve son zèle apostolique et patriotique.

L'esprit philosophique, répandu par les écrits de Voltaire et de ses adeptes, avait fait relever la tête au protestantisme, bâillonné par la Révocation de l'Edit de Nantes. Depuis quelque temps, on demandait d'accorder aux tenants de la Religion prétendue réformée l'état civil, c'est-à-dire le droit de faire constater par un magistrat leurs naissances, leurs mariages et leurs décès, et conséquemment de leur permettre de jouir des effets civils qui en résultaient.

Lamoignon de Malesherbes favorisait ce mouvement ; aussi son avènement au ministère faisait prévoir une prompte et favorable solution.

Cependant Louis XVI avait appelé en même temps au pouvoir, à contre-cœur, il est vrai (1), Etienne-Charles

[sic] du diocèse dii ïou] , des marques de notre allaclieinenteL de notre respect, et à notre Église une iUustration, en lui attachant un Prélat aussi distingué par ses vertus que par sa naissance, l'avons nommé et nommons par ces présentes, chanoine d'honneur de notre Eglise, pour y jouir en cette qualité, de tous les honneurs, rang et distinction, dont jouissent ou peuvent jouir Nosseigneurs les Archevêques et Évèques dans les Chapitres nohles du Royaume. Donné en notre salle capitulaire et scellé du sceau du Chapitre, le quatre juillet mil sept cent quatre-vingt-sept. Signé : de Mailli't, doyen de Saint-Maxe; de Poirson, chanoine-secrétaire. » — ^ Tous les détails concernant la visite de Mgr de Hercé au Chapitre de Bar, et sa nomination comme chanoine d'honneur, sont consignés dans un acte sur velin. (Arch.dk l'hôtel de Herck.) Il y avait deux autres chanoines d'honneur, l'évèque de Toul et celui de Saint-Dié ; et deux autres chanoines honoi^aires. [La F rance ecclésia clique pour Vannée 1790.)

(1) Ayant été proposé au Roi pour archevêque de Paris : « JMicore l'aut-il, répondit Louis XVI, ([iie rarchevè(|uede Paris croie en Dieu. » {Mémoires de Soulavie.)

Loménie de Brieime, archevêque de Toulouse, qui avait pris le titre de « principal ministre ». Quoique ce prélat fût peu estimable au point de vue de la foi et des mœurs, on eût pu espérer de sa part une certaine opposition aux projets de -Malesherbes. rs"avait-il pas eu une part considérable dans la rédaction du mémoire adressé au Pvoi par F Assemblée générale du Clergé, en 1765, contre les entreprises des Protestants? « Votre Majesté, y lisait-on, connoît le caractère delà nation, la fausseté mille fois démontrée des prétextes par lesquels on voudrait appuyer le tolérantisme, aussi contraire, dans cet Etat, aux vues d'une saine politique qu'au bien de la religion (1). »

Or, en novembre 1787, d'accord avec Malesherbes, Loménie faisait signer par le faible Louis XVI Tédit en faveur des non-catholiques, qui était « aussi contraire aux vues d'une saine politique, qu'au bien de la religion », comme il disait en 1765.

L'émotion fut grande dans l'Épiscopat français. Ce n'est • pas que l'enregistrement des naissances, des mariages et des décès des Protestants fût en lui-même un danger pour le Catholicisme. Mais, — et c'est ce que démontra l'i^-ssemblée générale du Clergé, en 1788, dans son adresse au Roi, — les formes de cet édit et les interprétations abusives qu'on en fit aussitôt, devaient tourner au détriment de l'Etat et du Catholicisme.

Déjà cette expression de non-CcithoUques ouvrait la porte non-seulement aux chrétiens hérétiques, mais aussi aux sectes étrangères. Alors, l'Assemblée du Clergé ne pouvait prévoir l'infiltration anti-religieuse et anti-patriotique de la secte juive, et cependant elle n'était pas sans trembler à la pensée qu'un jour des sectes étrangères

(1) Citt- dans les Actes du consistoire secret tenu par Pie VI, le 26 septembre 1791, concernant l'acceptation de la démission ducarilinal de l.oménie de Brieiine {Collection i/cnêrale (1rs brefs, etc., de Pie VI, par l'ai.!..- (iuillon. Paris, ITHH, I. Il, p].. i:;ti-i:i7.)

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