‹ Urbain de HercéChapitre 89 sur 196 · RAPPEL DU PARLEMENT BRETON · texte numérisé non relu

RAPPEL DU PARLEMENT BRETON

donnait l'ordre de mettre en liberté les douze gentilshommes détenus indûment à la Bastille par Loménie. Le lendemain, dans l'après-midi, Mgr de Hercé, MM. de La Voltais, de La Motte-Fablet et du Boberil se rendaient à la prison pour féliciter les gentilshommes à leur sortie (1), et aussitôt ils en faisaient part à la Commission intermédiaire. « Nous présumons, ajoutaient-ils, que leur liberté, si longtemps attendue, et promise depuis huit jours, sera le préliminaire du rétablissement des affaires générales (2). »

Mais le Parlement de Bretagne était toujours exilé ; et la Cour se refusait toujours à convoquer les États à Rennes.

Mgr de Hercé et ses co-députés durent se livrer à de nouvelles courses, à de nouvelles visites, à de nouvelles instances. Enfin, le 29 septembre, la victoire était complète. Les Etats allaient être convoqués à Rennes.

« Le Parlement de Bretagne doit rentrer le 8 octobre, écrivaient aussi les députés ; nous nous empressons de vous en faire part (3). »

Cette nouvelle remplit de joie la Bretagne tout entière. La ville épiscopale de Mgr de Hercé ne resta pas en arrière dans ces manifestations. Elle avait autant à fêter la rentrée du Parlement qu'à se réjouir de la part importante qu'avait prise son évêque bien-aimé à ce retour en grâce. Le dimanche, 12 octobre, à l'issue des vêpres, il y eut feu de

(1) Arcii. dkp. i)'Ille-et-Vil., C. 2856 : Rapport des députés en Cour.

(2) Lettre du 13 sept. 1788. {Ihid., G. 3896.)

(3) Lettre des députt'-s aux Commissaires, 29 sept. 1788. (Arcii. DÉp. d'Ille-et-Vil., C. 3902.)

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joie sur le champ de foire de Dol ; le maire, les échevins^ les membres du Chapitre, la noblesse de la contrée et « messieurs de la Justice » sV donnèrent rendez-vous (1).

Après ces victoires politiques, la mission de Mgr de Hercé, comme député en Cour des Etats de Bretagne, n'était pas encore terminée.

Le ministre Necker prévint l'évèque de Dol, MM. de La Voltais et de La ^lotte-Fablet que le Roi allait convoquer une Assemblée des Notables dont l'ouverture aurait lieu le 3 novembre et qui durerait trois semaines. L'objet de cette Assemblée était de déterminer les formes à observer tant pour la convocation des États-Généraux, que pour leur formation. Le ministre tint que les députés bretons y Y assistassent. Malgré le désir qu'avaient ceux-ci de retourner en Bretagne pour prendre un peu de repos, après des travaux si méritoires, ils comprirent l'intérêt qu'il v avait, tant pour le Royaume que pour la Province, en particulier, à retarder leur départ jusqu'à la fm de l'Assemblée des Notables (2;.

En dehors des travaux de cette assemblée, l'évèque de Dol eut à s'occuper d'une pétition des membres du Tiers de Nantes aux ministres.

Depuis an certain nombre d'années, le Tiers breton tendait, non sans raisons, à sortir de l'état d'infériorité au point de vue social et de l'état d'inégalité au point de vue des impôts, dans lequel il se trouvait notamment en face de la Noblesse.

fl) Arch. Mi:.Mi:ii'. de Dol : Reg. des délibcral., 11 oct. 1788. (2) Lettre desdéi)Utésuux Commissaires des États. Paris, 8 ocl. 1788. (Arch. dki'. d'Ille-et-Vil., C. 3899.)

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