FIN DE LA DÉPUTATION EN COUR
Molleville, dont la mauvaise administration était pour beaucoup dans les troubles qui agitaient la Province. Ce fut leur dernière lettre.
» A Versailles, 12 dreembre 1788.
« Messieurs,
» Nous nous empressons de vous annoncer que M. de Bertrand n'est plus Intendant de Bretagne, et que Sa Majesté lui a donné pour successeur en cette place M. de Rochefort, maître des requêtes, dont tout le monde nous parle avec le plus grand éloge.
» L'Assemblée des Notables est eniin terminée. Tous les membres qui la composoient ont eu l'honneur d'être présentés ce matin au Roy et de prendre congé de Sa Majesté. Nous allons en conséquence partir incessamment pour nous rendre en Bretagne. Nous sommes avec un sincère attachement et respect,
» Messieurs,
» Vos très humbles et très obéissans serviteurs.
» Les Députés des Etants de Bretagne,
» f Urb-R., Évêque de Dol. — Le Provost de la
VoLTAis. — De la Mottefablet (1). »
Mgr de Hercé était de retour à Dol, le 23 décembre (2).
(1) Lettre aux Commissaires des États, entièrement de la main de Mgr de Hercr. (Arch. dép. dMlle-et-Vil. C. 3899.)
(2) Ce jour, il signe, de son palais épiscopal, la colhition de la ■chapelle de Sainte-Catherine, en Pleine-Fougères, à Achilles-Gilles ^lu Pontavice, du diocèse de Rennes. {Heg. du secrétariat, 1788.)
216 URBAIN DE HERGÉ
Sa mission de député en Cour avait duré deux années, interrompue par un exil de six mois.
Il trouva la Bretagne dans une surexcitation extrême ; la bourgeoisie, le commerce, toute la roture, soulevés pour leur émancipation, rédigeaient dans toutes les villes des cahiers pour les députés du Tiers.
La ville de Dol n'était pas restée en arrière. Au moment où son évoque y faisait son entrée, revenant de Paris, la municipalité doloise était réunie pour dresser le mandat de son député aux prochains Etats (1), qui devaient s'ouvrir dix jours plus tard, le 29 décembre.
La Communauté de ville de Dol chargeait son député aux États de se réunir à ceux des autres villes pour réclamer, entre autres choses :
Que l'ordre du Tiers fut augmenté de façon à avoir un député sur dix mille habitants, qui ne fût ni noble, ni anobli, ni dépendant des seigneurs par quelque fonction ;
Que le président du Tiers fût électif, choisi parmi les députés de son ordre, non noble, anobli ou ecclésiastique ;
Que les Recteurs des Paroisses, tant de ville que de campagne, fussent appelés et admis aux Etats dans l'ordre de l'Église au nombre de quatre par chaque diocèse, mais de condition roturière et originaires de la Province de Bretagne.
Que les députés du Tiers de la Province aux États- Généraux fussent en nombre égal à celui des députés des deux autres ordres et que tous les députés fussent élus par leurs ordres respectifs ;
(1) Délibération et arrêté de la Communauté de la Ville de Doly concernant les Représentations des Ordres aux États particuliers de la Province, aux États ijénéraux du Royaume : et le redressement des Griefs de VOrdre du Tiers-Etat. A Saint-Main, chez L. Hovius, imprimeur .lu Corps de Ville de Dol. M.DCC.LXXXVIll. In-i» de 7 pages. Délibération du 19 novembre 1788.