‹ Urbain de HercéChapitre 97 sur 196 · PRESTATION DU SERMENT CIVIQUE · texte numérisé non relu

PRESTATION DU SERMENT CIVIQUE

velle. Cet acte avait provoqué un enthousiasme indicible au milieu de l'Assemblée, dont chaque membre était aussitôt monté à la tribune pour prononcer ce serment civique : « Je jure d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi. »

L'enthousiasme avait gagné la province, et, dans chaque commune, les corps constitués se réunissaient pour prêter le serment civique.

La ville de Dol n'était pas restée en arrière. La municipalité arrêta (1) de se réunir, le dimanche 21 mars, avec les notables et la garde nationale, dans l'église des Carmes, « pour répéter solennellement aux yeux du peuple le serment civique, dont les dignes représentans de la Nation avaient donné l'exemple patriotique ». Elle décida d'inviter « à assister à cette cérémonie le révérend évêque, le vénérable chapitre de Dol et les autres corps ecclésiastiques et laïques ».

Cette invitation fut faite, le 20 mars, « par lettres circulaires, portées par le hérault, revêtu de sa casaque aux armes de la ville, l'épée au côté ». En réponse, Mgr de Hercé et le Chapitre envoyèrent, «parleur massier enrobe rouge », une lettre d'invitation à la municipalité pour faire cette cérémonie dans l'église-cathédrale.

Dans l'après-midi de ce même jour, le tambour de ville, « les décharges de neuf coups de boîtes et le son des cloches de toutes les églises, pendant une demi-heure, annoncèrent la fête patriotique du lendemain à tous les citoyens ».

Aussi le lendemain, dimanche 21 mars, tout Dol et les environs se pressèrent-ils, longtemps avant l'heure fixée, A^ers la cathédrale. A trois heures, la garde nationale, dra-

(1) Arch. municip. de Dol : Reg. des délibérations, 21 mars 1790 : (( Procez verbal du serment civique de MM. les maire, officiers municipaux, notables et de la garde nationale de la ville de Dol. »

peaux flottants, vint se ranger en bataille sur la place de la grande porte de l'église, attendant la municipalité et les notables pour leur faire escorte. Puis ensemble ils pénétrèrent dans la cathédrale.

Laissons la parole au procès-verbal ofliciel dont nous corrigeons l'orthographe, tout en respectant le style grotesque.

« Arrivés au haut de la nef, devant l'autel de la Vierge (1), patronne de cette cité et choisie pour celui de la patrie, dit ce procès-verbal, et agenouillés devant le crucifix éclairé du luminaire modeste de six cierges, ils rendirent leurs hommages à l'homme-dieu mis à mort pour le salut du genre humain dégradé et régénéré, pour raffermir la confiance chancelante de ceux auxquels l'illusion de l'intérêt personnel faisait voir dans la destruction des abus, celle du ressort du gouvernement, et oser désespérer du salut public. On lisait au-dessus du Christ, en gros caractères, par allusion au temps et aux circonstances, la devise consolante, .Resur g et.

» Oui, confions-nous à la sagesse de l'auguste Assemblée nationale ; elle a rétabli les droits de l'homme, étouffés sous le poids de toutes les espèces de chaînes de l'orgueil de l'homme corrompu ; elle a fait de ces droits restaurés la base de la nouvelle organisation. Sur une base aussi solide s'élèvera, sans doute, la colonne inébranlable d'une constitution pure et vigoureuse dont la rouille de la corruption ni la lime de la tyrannie ne corroderont jamais la moindre partie, Resurget. «

Après cette sortie burlesque, le procès-verbal rentre dans son sujet :

« Sur les gradins couverts d'un tapis, étaient placés deux

(1) (-('I autel (Hait un des deux autels du juIk'- (jui fermait l'entrée du cluiMir. Ce jubé fut abattu en août 1701, et remplacé par une haute lirille en fer, provenant de Tabbaye de la Vieuxville, et aujourdliui fermant l'entrée du cimetière de Carfantain.

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