‹ Urétérite TuberculeuseChapitre 7 sur 25 · RS LT RE · texte numérisé non relu

RS LT RE

OnservarTIoN V. — Cuaurrarp. Bull. Soc. anat., 1880.

Louise G..., 39 ans, entre à l’hôpital, le 22 janvier 1880. 4 grossesses. : Pas d’antécédents pathologiques héréditaires, ni personnels. Depuis le mois de septembre 1879, elle a commencé à être malade, amaigrissement rapide, toux, perte des forces, cessation des règles.

A son entrée elle présente tous les signes d’une tuberculose pulmonaire très avancée. Urines chargées de pus, pâles, médiocrement abondantes, on ne peut du reste les recueillir en totalité, la malade les perdant continuellement sous elle,

Vers le 15 avril de nouveaux phénomènes se montrent. La malade éprouve dans la région sous-hépatique des douleurs persistantes de plus en plus vives, d’abord gravatives, lancinantes, exaspérées par la pression ou les mouvements.

Au commencement de mai, on trouve au même niveau une masse dure, régulière, dépassant le bordinférieur du foie et rappelant pour la forme et le volume le segment inférieur d’un rein doublé dans toutes ses dimensions. Cette tumeur est si douloureuse qu’il est difficile d'y rechercher convenablement la fluctuation. La malade s’affaiblit de plus en plus, présente des eschares sacrées et trochantériennes, de l’æœdème blanc douloureux du pied et de la jambe. Mort le 26 mai.

AUToPsiE. — Poumons. Lésions de la tuberculose à tous ses degrés. Foie volumineux et gras.

Vessie, de très faible capacité, parois épaissies, injectées, criblées suivant les points de tubercules jaunâtres, ou d’ulcérations surtout nombreuses au niveau de la face inférieure.

Rein gauche volumineux, violacé, ne présente pas de tubercules apparents.

Le rein droit occupe le centre d'une poche allongée le long de la colonne lombaire, du volume des deux poings environ, tendue, fluctuante, à parois épaisses et fibreuses, caséeuses à la face interne. Cette poche contient un pus épais crémeux, elle occupe supérieurement l'enveloppe adipeuse du rein, gagne la gaine du psoas et se termine en s’eflilant au niveau de l’arcade crurale.

L'uretère est perdu dans l'épaisseur de la paroi interne de l’abcès, sa muqueuse est épaissie, végétante, caséeuse.

Sur la coupe le rein est creusé de 6 à 8 cavernes, isolées ou communiquant entre elles, leur forme est celle de cônes à base périphérique, à sommet interne. Nulle part elles ne communiquent avec l’abcès périnéphrétique.

Les organes génitaux sont sains.

Ces deux observations sont intéressantes parce qu'elles semblent reproduire toutes les conditions d’une expérience, et qu'il semble bien que l’envahissement de l'appareil urinaire ait eu lieu par l'uretère, d'où les lésions se sont propagées d'une part au rein, d’autre part à la vessie.

Mais ces faits sont rares et nous rencontrerons surtout des cas avec extension à tout l'appareil urinaire et c’est de l'étude de ces faits qu'il convient d'essayer de tirer une indication sur la marche de la tuberculose.

. La comparaison des lésions qui existent dans les différents points de l'appareil urinaire, la distribution de ces lésions, tels sont les deux caractères importants dont on peut essayer de tirer parti. Malheureusement il n’est pas toujours possible, en présence de lésions généralisées, d'apprécier l’âge relatif de ces lésions, et il n’est pas douteux que l’évolution ne puisse se faire beaucoup plus lentement dans un point que dans l’autre, ce qui apporte une nou= velle difficulté pour juger de l’ancienneté des lésions.

Cependant il est possible de trouver des faits de tuberculose certainement ancienne, ayant entraîné la destruction plus ou moins complète du parenchyme rénal, et l’oblitératien, ou tout au moins des modifications importantes de l’uretère, ne s’accompagnant cependant que de lésions beaucoup moins avancées de la vessie ou même sans lésions vésicales.

Nous allons rapporter ici en détail quelques-unes de ces obser-

F. id 4

Page 1