RÉPÉTITION DE LA DILATATION
surviennent, besoin fréquent, épreintes, urine sanguinolente; nous suspendons le traitement, sangsues, bains, etc. Après 10 jours, le calme étant survenu, je conseille au malade de se confiner à la chambre pendant quelques jours, afin de tenter la dilatation permanente. Je passe d'abord 1-1 1/2-2. Puis au bout d'une heure une sonde en gomme 2 1/2 miilim. qui séjourne 12 heures, le lendemain matin je la remplace par 3 miilim., le soir h ; le 3e jour 5-5 1/2 ; le 4e jour 6-7 qui séjourne 24 heures. Le besoin d'uriner devenant fréquent, me fait craindre le retour de l'inflammation. Quelques affaires pressantes obligent d'ailleurs le Dr J... à sortir, j'arrête à ce point la dilatation et je retire la sonde. Après 2 jours de repos, on introduit des bougies 5- 6 mil. pendant une demi-heure chacune ; suspension pendant 8 jours; diminution du passage, qui ne reçoit plus que k 1/2 mil., mais se maintient à ce point; après un mois de voyage et six semaines de cessation d'introduction, le diamètre est exactemementle même. Je pense qu'une nouvelle application de la sonde à demeure, pourra faire gagner encore d'une manière permanente un certain degré d'élargissement. Cest ce que je vais expliquer dans le paragraphe qui suit.
Il arrive parfois que plusieurs cures par la dilatation permanente brusque sont nécessaires pour amener l'angustie à un degré d'élargissement durable. Ainsi dans une première application qui dure cinq à six jours, je suppose, l'on arrive à passer 8 miilim., le lendemain de la sortie des sondes Tangustie s'est resserrée au point de ne plus admettre que 3 ou 4 miilim. ; la dilatation temporaire, qui, d'ordinaire, peut compléter la cure, laisse les choses en l'état. La dilatation permanente est reprise; après trois ou quatre jours elle est portée sans difficulté à 8 miilim. , après la cessation, nouveau resserrement, mais cette fois moins considérable que la première : il était de cinq mil-
lim. par exemple, et maintenant il n'est que de trois. Troisième reprise de la dilatation suivie d'un resserrement moindre encore : 6 millim., 6 1[2 sont obtenus. Plusieurs fois, arrivé à ce point, j'ai vu que si l'on veut de nouveau reprendre la dilatation permanente, on ne gagne plus rien, en fît-on plusieurs applications ; mais aussi le diamètre acquis est ordinairement durable. En voici deux exemples. — M. S..., employé dans un ministère. Urétrite violente à l'âge de vingt-deux ans. Les bains, les injections astringentes sont impuissantes pour la faire cesser complètement. L'écoulement continue pendant dix ans avec des exacerbations causées par des fatigues même légères et les moindres écarts de régime; en même temps le volume du jet diminue graduellement jusqu'à se supprimer presque entièrement en 1834. M. S... appelle à son aide son médecin. M. Dujardin-Beaumetz, qui l'engage à réclamer mes soins. J'introduis une bougie de 2 millim. avec laquelle je reconnais successivement quatre rétrécissements dans la portion spongieuse, puis j'arrive en arrière du bulbe sur un cinquième qui refuse le passage. Après quelques tâtonnements je parviens à franchir l'angustie avec une bougie capillaire qui permet le passage de l'urine ; je la laisse trente heures, après quoi le tissu étant ramolli, je parviens, dans l'espace d'une heure» à faire entrer successivement trois bougies d'un volume croissant, puis une petite sonde. A celle-ci en succède une autre, après douze heures; puis une troisième, jusqu'à 7 millim. Dès le lendemain du jour de la sortie des sondes, la stricture principale, située à 15 centim., n'admet plus que 2 li2 millim. M. S... vient à ma consultation, et nous parvenons, au moyen delà dilatation temporaire, à k mil. Là nous sommes arrêtés. Trois cautérisations avec le porte-caustique Ducamp ne produisent pas le moindre effet. Des scarifications pratiquées à deux reprises ne font faire aucun progrès. Retour