‹ UrologieChapitre 17 sur 34 · PERMANENTE LENTE · texte numérisé non relu

PERMANENTE LENTE

formation du lobe pathologique; il y a, en outre, contracture spasmodique habituelle des muscles de l'orifice de la portion membraneuse. Quand les sondes se succèdent, le spasme ne se fait pas sentir, mais il se manifeste dès que la sonde est enlevée depuis une heure ou deux, ce qui rend difficile le passage et nécessite l'intervention des mandrins. Comme le cathétérisme , à cause des difficultés qui l'accompagnent, devait, le plus souvent, être fait par moi, et que toutes les migrations de ce vieillard ont lieu de son lit à son canapé, j'ai pris le parti de lui laisser la sonde à demeure : depuis deux ans, il la porte, et elle n'a donné lieu à aucun accident. J'ai soin, je le répète, de choisir des sondes très-souples, fabriquées courbes et de petit calibre. Les cas de cette espèce ne sont pas très-communs ; il vaut évidemment mieux, quand la chose est possible, que les malades introduisent eux-mêmes la sonde et la retirent après avoir vidé la vessie.

Les sondes ont été accusées encore de produire, par la pression de leur bec, le ramollissement, l'ulcération et la perforation de la paroi antérieure de la vessie. Nul doute que cela puisse avoir lieu, surtout si, pour fixer la sonde, on n'a pas soin de mesurer, par l'écoulement de l'urine et sa suspension, la longueur de l'urètre et la profondeur à laquelle il convient de l'enfoncer. M. Lallemand, de Montpellier, a cité des exemples de ces perforations, et j'en ai vu un moi-même à l'Hôtel-Dieu sur un malade placé dans le service de Sanson. Je me disposais, sur sa demande, à faire, le jour suivant, l'application de la dépression prostatique, pour tâcher de mettre fin à une rétention d'urine nécessitant depuis longtemps la sonde à demeure, lorsque, dans la nuit, des douleurs se manifestèrent dans l'abdomen avec tant d'atrocité, que le malade se précipita par la fenêtre du second étage ; il fut relevé mourant, et, peu

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d'instants après, il expira. On trouva, à l'autopsie, un épancheraient d'urine dans le péritoine, causé par une ulcération de la vessie. Je n'ai pas besoin d'ajouter que j'ai rendu grâce au destin qui m'avait fait différer d'un jour l'application de mon procédé. Nul doute que, pour un observateur éclairé et de bonne foi, il eût été impossible d'y rattacher l'accident; mais combien de gens, pour tout raisonnement, s'en tiennent au post hoc, ergo propter hoc.

La pression constante du bec de la sonde contre un même point de la paroi de la vessie peut en amener l'ulcération : cela me paraît hors de doute; mais il me paraît évident aussi que l'influence de cette cause a été exagérée ; autrement combien de perforations, les calculs ne produiraient-ils pas, et cependant cela est rare. Je n'ai vu, pour ma part, qu'une seule perforation franche de la vessie par un calcul; encore n'est-ce pas dans ma pratique, mais dans celle de Sanson qu'il s'est rencontré. Je place ici limage de cette pierre que m'a donnée l'habile et consciencieux chirurgien que je viens de nommer. Fig. 33.

Fig. 35.

Certaines pierres cnchâtonnées produisent, il est vrai, l'ulcération des cellules qu'elles habitent, mais cette ulcération est moins le fait de la pression de la pierre que celui de la stagnation de l'urine et de l'amincissement des parois,

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