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sent les déraciner ». « Nous avons en même temps dé- fendu, dit la Déclaration, de faire cette coupe dans les ÉE DENTS que le frai du poisson et le poisson du premier
àge séjourment à la côte ».
L'article 1 de la Déclaration autorisait la coupe pen-
dant trente jours seulement, lesquels étaient choisis par
l'assemblée des habitants dans des limites variables selon: les paroisses, mais fort restreintes. Il distribue les pa-
roisses en onze groupes, pour cinq desquels ces trente jours doivent être compris entre le troisième jour avant
la pleine lune de mars et le troisième jour après la pleine
lune d'avril, pour un autre entrele 15 janvieretle5 mars
suivant, un autre avait du 1° février jusqu'au huitième jour après la pleine lune de mars, un autre n'avait même pas à choisir, l'autorisation courant du 15 mars au 19 avril suivant. Ce goémon devait être utilisé comme engrais. C'est seulement dans les paroisses de Cherbourg et voisines que le goémon, à cause de son abondance et
de la vaste étendue qu'il recouvre, pouvait, en outre, être coupé en été : « ceux des dites paroisses qui voudront . employer les dites herbes à faire de la soude, pourront
en faire la coupe, à commencer du quinze juillet jusqu'à la fin de septembre ». Nous verrons, à propos des décrets de 1853, combien Cherbourgeois tenaient à ce privilège. |
: na concernait les rochers attenant à la terre, même sur le territoire des « pêcheries exclusives ». De plus, la coupe était autorisée en tous temps, en toutes SaiSOnS el pour tous usages « sur les îles et les rochers déserts en
pleine mer ». Enfin, il était également permis « à toutes personnes de prendre indifféremment, en tous temps et en tous lieux » le goémon épave, « et de le transporter ou
bon leur semblera, soit pour être employé à l’engrais des terres, ou à faire de la soude » ; toutefois, il ne pouvait être brûlé « que dans le temps que le vent viendra de terre CEA et portera du côté de la mer ». | L
Cependant, les restrictions apportées par cette Déclaration de 1731 à l'exploitation du goémon de rive étaient trop étroites ; elles furent corrigées par la Déclaration de 1772 ‘, devenue encore plus nécessaire après un certain
arrêt du Parlement de Rouen. La fabrication de la soude
de varech, demandée par les verreries, enrichissait la région de Cherbourg. Dans le pays de Caux, la hauteur de
la falaise qui longe la côte rendait si pénible le transport
-du goémon dans les champs, qu'on ne l'’utilisait guère -comme engrais ; en 1739, le roi permit de le brüler. Au pied de la falaise, s'établirent alors de nombreux fours à
soude consommant, outre le goémon d'échouage, le goé-
mon de rive réservé par les réglements à l’engrais, et au lieu de le couper, on l'arrachait; le pays, jusque
là pauvre, connut la prospérité. :
Mais de nouvelles plaintes s'élevèrent ; à celles des pè-
1 « Les inconvénients apportés par notre déclaration ne tardèrent pas à se faire sentir. Nos sujets riverains n’ayant plus la faculté @e
couper et faire brûler le varech pour en fabriquer des soudes, ils se
trouvèrent privés d’un moyen unique d’assurer leur subsistance, et
la disette des soudes devint telle, que les grosses verreries de notre
province de Normandie manuérent absolument d’une matière pre-
mière étroitement nécessaire à la fabrication des verres à vitres, et. que cette branche importante de commerce de notre royaume, par.
tous les secours qu’elle procure à nos sujets riverains occupés à la fabrication des soudes, et par les sommes considérables que les envois
:. du seul superflu de nos verres chez l’étranger procurent annuelle- -ment, était sur le point d’être irrévocablement perdue. » Ç
<heurs se joignirent, plus vives encore, celles de certains riverains ; on accusa la fumée des fourneaux à soude d’occasionner des maladies épidémiques, de nuire aux
plantes en fleurs, aux arbres fruitiers..., etc. Ces plaintes
«furent exposées dans des Mémoires que signèrent des
Gentilshommes, des Seigneurs riverains, et un grand
nombre de personnes de tout état ». Les intéressés protes-
tèrent ; «au moins pouvaient-ils être certains que la fumée
du varech n'altérait point leur santé ». Les plaignants
-opposèrent d'autres Mémoires chargés de signatures ; « on
les appuya de faits notoires, de certificats de curés, de
pièces légales ». Influencé, le procureur général du Parlement de Rouen « considéra la fumée du varech comme pestilentielle, comme une vapeur qui désolait depuis quelques années les bords maritimes de la province ».
D’après son réquisitoire, « intervint un arrêt du Parle-
ment de Rouen, le 10 mars 1769, qui, en vertu d’une
Déclaration du Roi, donnée en 1731, ne permit de
couper le varech pour le réduire en soude, que dans la
seule Amirauté de Cherbourg, et qui ne laissa par con-
séquent aux habitans de toutes les autres côtes de la
.… haute et basse Normandie, d'autre avantage à tirer de
la quantité immense de varech dont elles sont garnies,
que celui de l'employer comme engrais. » (Tiver,
loë-rcit.: p. 311).
C'était la ruine pour les verriers et soudiers normands. Le litige fut soumis à l’Académie des Sciences. Une commission de trois de ses membres étudia la question sur place. Guerrarp se rendit sur les bords de la Méditer-
ranée; Fouceroux et TiLzLET parcoururent pendant plu-
- sieurs mois les côtes de la haute et de la basse Normandie, participant à la vie des pêcheurs et des soudiers, exami-
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