‹ Utilisation des algues marinesChapitre 24 sur 93 · PORT A · texte numérisé non relu

PORT A

des pierres jetées à la mer au niveau convenable, et leur croissance m'a paru rapide * ; les plantules qui supportent le mieux la concurrence ni Lille étouffent les autres, grandissent, fructifient, répandent leurs œufs, mais on ignore

combien de temps vivent ces adultes’. C’est aussi un

fait d'observation courante qu'un Fucus, tronqué sur l'une de ses branches, repousse sur sa section et produit une nouvelle branche parfois plus vigoureuse que celle

qu'elle remplace, mais les conditions qui nous occupent

sont différentes, il s’agit d'une coupe générale, comme aux spoques autorisées.

Les expériences de Tizzer et Foucsroux seraient à reprendre. Le cas de l’Asc. nodosum (fig. 6) diffère de celui des Fucus, car les frondes produisent normalement, à leur base, des branches identiques à elles, dont une

troncature favorise le développement ou l’apparition ; de

nouvelles frondes sortent aussi du disque fixateur qui

s'épaissit et s'élargit par la soudure de la base des frondes anciennes. Au contraire, le disque fixateur des vrais

Fucus prolifère exceptionnellement. Les F. plalycarpus

et F. vesiculosus renouvellent leur fronde de deux façons

qui peuvent se présenter séparément ou simultanément. Composée d’une lame ramifiée parcourue en son milieu

1 Des expériences entreprises par Harior à Talihou (Sur la croissance des Fucus, Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. CXLIX, 1909) et par Madame P. Lemoine (Quelques expériences sur la croissance des Fin marines à Roscoff, Bulletin de l’Institut océanographique, N° 25-, Monaco, 1913) sont restées incomplètes.

2 £a st espèce F, dichotomus Sauv. (Cf, p. ler) est annuelle : zu autres espèces ont une plus longue durée. D’après Corrox fe.

D. 58) le F. serratus cultivé dans la région de Clare Island est 4e après deux ans de croissance,

réduits à quelques conceptacles. | 0 0

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par une nervure saillante, leur fronde perd progressive | ; ment de bas en haut ses parties latérales minces pourse réduire à la nervure qui continue à s’épaissir et semble ” her alors une tige pour la plante; or, cette partie inférieure dénudée émet fréquemment, de préférence sur deux génératrices approximativement dans le plan ancien, de pelites frondes latérales qui sont souvent plus nombrebses 4 ct plus serrées que sur la figure 4; parfois sans utilité apparente, ces frondes latérales régénèrent d’autres fois

la plante vieillie qui s’est dégradée après la fructification. | Mais si la plante est tronquée à un niveau plus ou moins bas, certaines de ces frondes latérales prennent le dessus | sur leurs voisines, croissent rapidement, et la plante nouvelle est plus touffue que la première. Dans ce cas, la troncature facilite simplement le développement de ces pousses basilaires de remplacement. Souvent, elle intervient plus directement ; une prolifération plus ou moins

abondante apparaît sur la troncature même de la nervure,

rarementssur les parties minces latérales, et produit un

bouquet de petites frondes nouvelles. J'ai vu des indi-

vidus de F. plalycarpus et de F. vesiculosus qui avaient été coupés au niveau où ils étaient divisés en douze

branches dichotomes, et qui repoussaient ainsi sur cha—

cune -des douze nervures sectionnées. Ces bouquets sont généralement trop fournis pour que chaque fronde nou-. velle se développe convenablement; ou bien quelquesunes prennent le dessus sur les autres qui restent minuscules ou bien toutes restent courtes, et même il n'est pas Fate que certaines se transforment aussitôt en FRS

Le premier mode de régénération paraît rare chez le F. serralus, tandis que le RS est commun aux {trois

LE GOÉMON ET LA RÉCOLTE DU GOÉMON 6g

espèces. J'ai vu à Roscoff des individus de 7. serratus composés d’une tige, haute de quelques centimètres, portant une dizaine de grosses branches nées en un même point, coupées elles-mêmes à quelques centimètres ; celles-ci bourgeonnaient en bouquet dense de frondes ayant alors 1-2 centimètres, mais qui paraissaient appelées

à bien se développer; la repousse s'était donc produite

deux fois et, d’après la grosseur des tiges, la première correspondait peut-être à la coupe autorisée de l'année précédente. Il était impossible, pendant les années de guerre, de se rendre compte de l'effet de la coupe sur la repousse, car la police étant très insuffisante, les règlements n'étaient point suivis, et l’on coupait un peu en tous temps. Une repousse trop vigoureuse, produisant une touffe très dense et très volumineuse, pourrait devenir une cause de destruction, car le disque fixateur ne s'élargit pas proportionnellement, et, les vagues ayant plus de prise sur l’ensemble, la plante peut être arrachée. Outre les variations individuelles, un individu dans sa première année d'existence repousse probablement plus vileet mieux qu'un individu âgé et, a priori, un individu dans sa dernière saison d'existence ne survit pas à l'amputation.

On ignore aussi quelle longueur de moignon est indispensable pour permettre cette prolifération ; évidemment en rapport avec la proportion de matières de réserves, elle n’est vraisemblablement pas la même pour les différentes espèces et aux différentes saisons. Enfin, l'observation sur place, faite en passant, indique les individus qui repoussent, mais non ceux qui ont disparu ; elle devrait être fréquente et embrasser un large espace, où tous les individus auraient été coupés.

ee DE RUES PL GOÉMON ET LA RÉCOLTE DU GOËMON

J'avais prié M. pus l'un de mes anciens élèves,

déjà connu par ses travaux de mycologi le, qui OCCUpait alors une villa sur le bord du Bassin Are dpar

de faire une expérience à ce sujet. Un gazon épais

et continu de F. platycarpus et de F. vesiculosus cOuvrait le péret de la villa. Au début de janvier 1919,

M. Durrexoy coupa tous les Fucus sur un espace de quelques mètres carrés, en laissant des moignons hauts de 1 à 10 centimètres ; il fallut attendre mars pour voir les plus longs commencer à repousser, mais l’Enteromorpla compressa se répandit alors sur tout ce terrain dé- nudé avec une telle rapidité qu'il le couvrit d’un tapis continu d’un beau vert, si long et si dense que les Fucus étaient complètement cachés ; les Fucus furent comme étouffés ; on n’en trouvait plus du tout en avril, ils étaient morts et les vagues les avaient détachés et emportés ; ils y réapparaitront sans doute, par des germinalions, quand la saison des Enteromorpha sera terminée. |

M. Dorrexox fit alors une autre expérience ; dans les premiers jours d'avril, en divers points marqués, il

coupa seulement quelques F. platycarpus et F. vesiculosus

les uns courts, les autres longs, d’autres seulement sur un

de leurs rameaux, mais de façon que tous fussent pro-

tégés par leurs voisins intacts. Lorsque je les ai vus, à la

fin de mai, ces derniers avaient formé, sur la nervure coupée, un bouquet de frondes longues d'environ 2 cenluimètres ; ceux qui avaient été sectionnés entièrement avaient fourni un bouquet de frondes de quelques milli-

mètres à 1 centimètre, et enfin ceux qui avaient été

coupés à 2 à 3 centimètres de la base ne présentaient encore aucune repousse. :

Si les rochers arrondis ou irréguliers obligent les ré-

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faucille tond les rochers plats en laissant un moignon si

LE GOÉMON ET LA RÉCOLTE DU GOÉMON 7e

colteurs de goémon à épargner la base de la plante, la:

court quil restera stérile, en même temps qu'elle décapite:

de jeunes individus qu'une coupe longue épargnerait. Un

moignon long. même sil ne possédait pas la propriété de bourgeonner et s’il devait dépérir, arrêlerait néanmoins utilement les œufs flottants, accélèrerait le repeuplement en abritant les germinations contre la chaleur, lé froid, ou la pluie pendant la basse mer‘. Bien que l’on

trouve toute l’année des Fucus fertiles, leur reproduction

se fait surtout pendant la saison froide ; par suite, les rochers sont déjà ensemencés à la fin de l'hiver ou au début du printemps lorsqu'on récolte le goémon de rive, et d’ailleurs il reste toujours des individus épargnés qui assureront le repeuplement. Enfin, j'ai entendu des cultivateurs prétendre que le goémon coupé en hiver est un

meilleur engrais que celui de la fin du printemps ou de

l'été. D'après J. Hexpricx qui, comme on le verra plus

loin, a étudié la question de l’engrais marin (loc. cit., p. 120), les Fucus coupés repoussent rapidement et, dans certaines localités de l'Ecosse, on les coupe régulièrement deux fois par an, mais l’auteur ne dil pas quelles sont les époques, n1 si les intéressés prennent des précauhüons qui facilitent la repousse, et peut-être s'agit-il del’Ascophyllum plutôt que des vrais Fucus. À priori, la coupe du goémon à une certaine distance de la base en-

traînerait la possibilité d'autoriser des cueillettes plus

fréquentes ?.

1 Cette hypothèse n’est pas conforme aux asserlions de Tirer et

. FoucEeroux.

2 La pétition adressée en 1857 par la Société d'Agriculture de:

Cherbourg à propos des décrets de 1853 dit : « On pourrait croire

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