‹ Utilisation des algues marinesChapitre 32 sur 93 · NT OP RS ES VA TS · texte numérisé non relu

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. sur les bancs de Point Firmin et débarquées à San Pedro revenaient à moins d un franc la tonne.

Cependant, l’appareil a été perfectionné. Je vois dans un dessin qui orne une réclame de la /Jercules Powder C° de San Diego (Californie), publiée dans le Scientific * American du 14 décembre 1918, que cetle compagnie emploie un appareil de récolte plus puissant, construit sur le même principe ; il fauche une plus large étendue, car il possède trois tabliers roulants juxtaposés. Pendant les trente derniers mois de la guerre, dit la réclame, la Com- pagnie a récolté, pour oo aux demandes de ladministration de la Guerre, 621.000 tonnes de Kelp dans Île Pacifique. Et ce chiffre est faible, comparé aux possibilités totales. GamErox estime, en effet, que le fauchage, à la profondeur d’une brasse, des 390 milles carrés de bancs de goémon géant des Etats-Unis, et en tenant compte de la possibilité de couper le Macrocyslis au moins deux fois l'an, fournirait annuellement près de 6o millions : de tonnes de goémon frais: ce tonnage équivaudrait à plus de 2 millicns de tonnes de chlorure de potassium, cest-à-dire à près de 6 fois ce que les Etats-Unis achètent à l'étranger.

Mais la source de celte moisson gigantesque est-elle inépuisable ? S'il s’agit du Nereocystis ou du Pelagopkycus, on conçoit que É profondeur à laquelie on fauche est indifférente au point de vue de la plante elle-même ; i! suffit de la faucher pendant la période de reproduction ou immédiatement après. S'il s'agit de l’Alaria, il suffit de ménager les sporophylles situés près du sol: il y a une distri du stipe où la lame coupé ce repousse ; coupée plus bas, la plante meurt, mais pendant ce temps les zoospores assurent la reproduction, Le Nacrocystis sup-

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porte au moins deux coupes par an; cela s ‘ht par sa la naissance de nouveaux stipes primaires sur les haptères $ ou de nouveaux stipes ternaires, quaternaires, quinaires FE nés de la fissuration des lames née ; cette question botanique n’est pas résolue. Le fauchage à une faible profondeur fournit donc une abondante moisson sans mettre en danger l'existence des bancs. Le gouvernement. s’est + néanmoins préoccupé de leur extinction possible ; depuis peu, la « California Fish and Game Commission » régle- : mente l'exploitation, limite la coupe à une profondeur maximum de r®,80, l’arrète quand elle menace de ruiner un banc, exige qu'une partie soit épargnée pour assurer la reproduction. D'ailleurs, cette exploitation étant encore x à ses débuts et dans la période de tâtonnements, le gouvernement fédéral a établi, à cet eflet, une Station expérimentale à La Jolla, au nord de San Diego. & Les Américains se sont, il me semble, préoccupés surtout du côté commercial de la question : quelle est la meilleure méthode pour ürer le meilleur parti des Laminaires géantes sans con promertre l'existence des bancs. L'avenir dira si la moisson de ces grands bancs, qui s’établissent dans les endroits où la mer est souvent agitée, ne nuit pas à la côte elle-même, si les vagues, en déferlant plus violemment contre la côte, ne l'entansens pas Lrop rapidement. Il faut aussi se PrÉORCRREE du point de vue biolo RU et du retentissement qu’aura, sur la population zoologique, la destruction de ses abris; l'industrie | de la pêche pourrait à la longue s’en ressentir. Le fauchage avance seulement de peu le moment où les Nereocystis et Pelagophycus iront à la dérive et échoueront sur la plage. D'autre part, l'Alaria fistulosa paraît difficile à détruire, car d’après Rica (in Cauwerox), on l’arrache à

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Mr LE GOÉMON ET LA RÉCOLTE DU GOÉMON I1F

Karluk River (Alaska) depuis 17 ans, pour libérer le terrain des pêcheries, sans parvenir à l’extirper. Le cas du Macrocystis est différent, et je crois à propos de : rappeler ce que Ch. Darwix écrivait en 1834, après avoir exploré ses gisements aux alentours de la Terre

de Feu‘.

« Je crois que pendant les voyages de l’Adventure et

du Beagle on n'a pas découvert un seul roc près de la surface qui ne fut indiqué par cette plante flottante. On

comprend tout de suite quels services elle rend aux vaisseaux qui naviguent dans ces mers orageuses, elle en a certainement sauvé beaucoup du naufrage... quelques-

unes de ces plantes réunies sont assez fortes pour suppor-

ter le poids des grosses pierres sur lesquelles elles poussent dans les canaux intérieurs, et cependant certaines de ces pierres sont si lourdes, qu'un homme ne

pouvait les sortir de l’eau pour les placer dans le canot...

Des couches de cette plante marine, même lorsqu'elles n'ont pas une grande largeur, forment d'excellents briselames flottants. Il est fort curieux de voir, dans un port

exposé à l’action des vagues, avec quelle rapidité les grosses lames venant du large diminuent de hauteur et

se transforment en eau tranquille des qu'elles traversent

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ces îles flottantes.

« Le nombre des créatures vivantes de tous les ordres, dont l'existence est intimement liée à celle de ces Algues, est véritablement étonnant. On pourrait remplir un fort gros volume rien qu'en faisant la description des habitants

de ces bancs de plantes marines. Presque toutes les

Ch. Darwis. — Voyage d’un naturaliste autour du monde, trad. Ed. Barrier, 2° édition, Paris, 1883, p. 257.

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feuilles, sauf celles qui floitent à la surface, sont couverte d'un si grand nombre de zoophytes qu'elles en deviennent blanches. On trouve là des formations extrêèmement délicates, les unes habitées par de simples polypes ressemblant à l'Hydre, d'autres par des espèces mieux organisées ou par de magnifiques Ascidies composées. . On trouve aussi. attachés à ces feuilles, différents CO-. quillages patelliformes, des Troques, des Mollusques nus et quelques bivalves. D'innombrables Crustacés fréquentent chaque partie de la plante. Si on secoue les … grandes racines entremêlées de ces Algues, on en voit tomber une quantité de petits poissons, de coquillages, de seiches, de crabes de tous genres, d'œufs de mer, d'étoiles de mer, de RE Holothuries, des Planaires et des animaux affectant mille formes diverses. Chaque fois que jai examiné une branche de cette plante, je n'ai pas manqué de découvrir de nouveaux animaux aux formes les plus curieuses... Je ne peux comparer çes grandes forêts aquatiques de l’hémisphère méridional qu'aux forêts terrestres des régions intertropicales. Je ne crois pas cependant que la destruction d'une forêt, dans un pays quelconque, entrainerait, à beaucoup près, la mort d'autant d'espèces d'animaux que la disparition du Macrocystis. Au milieu des feuilles de cette plante vivent de nombreuses espèces de poissons, qui, nulle part ailleurs, ne pourraient trouver un abri et des … aliments ; si ces poissons venaient à disparaître, les cor- . morans et les autres oiseaux pêcheurs, les loutres, les … phoques, les marsouins périraient bientôt aussi; et, enfin, le sauvage Fuégien, le misérable maître de ce misérable pays, redoublerait ses festins de cannibale, 14 décroitrait en nombre et cesserait peut-être d'exister. D+ TO

Sans aller jusqu’à craindre que les riverains des Etats . de la côte du Pacifique mangent leurs semblables à l'instar des anciens Fuégiens, on peut se demander si les pêcheurs de la côte ne souffriront pas de la moisson des … bancs de Laminaires géantes. CamEerox nous dit toute- - fois (Ferlilizer resources. p. 45) que l'United States Fish Commission consultée n'avait aucune crainte à ce sujet, les bancs n'abrifant point d'animaux importants pour l'alimentation des poissons.

Si cela devenait utile, des exploitations goémonnières pourraient se fonder également sur la côte Pacifique de PAmérique du sud et aux environs du Cap Horn. Le Nereocyslis et le Pelagophycus n'y vivent pas, mais le Macrocysus y abonde ; on trouve en outre d’autres Algues de grande taille, comme cette curieuse Fucacée, Durvillea utilis Bory, rencontrée par Dumonr p’Urvicze aux îles Malouines! et dont il dit : « D'un disque épais et aplati, naissent plusieurs tiges comprimées larges de 21 à 40 centimètres et qui atteignent jusqu'à 11 et 15 mètres de longueur... ces tiges se divisent en un grand nombre de rarmifications très étroites, allongées, lisses-comprimées et semblables à autant de courroies... ». Ou comme cette Laminaire à gros stipe ramifié, le Lessonia flavicans, dont Dumoxr D'Uvizre dit : « Son tronc cylindrique, demiligneux et souvent de l’épaisseur de la cuisse, se divise bientôt en rameaux plusieurs fois dichotomes, comprimés

1J. Dumont D’Urvwizze. — Flore des Malouines, Mémoires de la Société linnéenne de Paris, t. IV, 2° Partie, 1826. — Borx écrivait le nom de cette plante Durvillæa ; Hariot identifie l’espèce de Bory avec le Fucus antarcticus Chamisso ; on doit donc écrire Durvillea antarctica (Cham.) Hariot,.

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