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grammes de plante fraiche contenant 45 gr. 7 de

sels, il en sort 19 gr. 75 par efflorescence, soit 43,2 °/;,

lesquels renferment 60 °/, de potasse, mais 1l est remar-

quable que, dans aucun des quatre cas étudiés, l’efflores-

cence ne renfermait de traces d’iode; tout l’iode restait

dans le tissu cellulaire. Pour l'extraire, il faudrait donc

soumettre le goémon à une seconde opération : inciné-

ration, carbonisation, ou lixiviation ; la dépense én serait . augmentée.

Cétte conclusion de Burp ne s'applique peut-être pas à nos Laminaires. D’après M°°SEcers-Laurexs (loc. cut.), 100 parties d’efflorescence du Z. flexicaulis renfermeratent 4,13 d’eau, 2,70 d'iodure de pe 49,46 de chlorures (surtout de potassium), 42,90 de substances organiques, et une très petite quantité de sulfate de soude ; l’efflorescence du L. saccharina consisterait surtout en

cristaux de mannite, avec des traces de chlorures et de sul-

fates. Une composition si différente de l’efflorescence de deux espèces d’un même genre paraît assez extraordinaire. L'auteur, qui paraît confondre le L. flexicaulis avec le L. Cloustonü, ne dit ni dans quelles conditions les Algues ont été cueillies, ni comment elles ont été séchées.

L'usage agricole que l’on fait du goémon sur toutes les côtes, et depuis un temps immémorial, prouve suffisam-

ment son innocuité; cependant, certains se demandèrent en Amérique si l'emploi du goémon sec, officiellement recommandé, n'allait pas introduire dans le sol une quan-

üté nuisible de chlorure de sodium, ét quelques-uns proposèrent, parait-il, d'en enlever une portion par des lavages à l’eau avant de le sécher; c'était méconnaître que le chlorure de potassium y est plus abondant que celui de sodium et qu'ils passent l’un et l’autre dans les eaux de lavage. D'ailleurs, on sait depuis longtemps que les sols arables possèdent un pouvoir absorbant remarquable des solutions étendues potassiques, qu'ils n'ont pas vis à vis des solutions sodiques. En outre, Burp, pour démontrer la supériorité des Algues ous sur les sels minéraux allemands, compare, en ions, ce que ces deux sources de potasse apportent respectivement de sodium, chlore, potassium, en prenant celui-ci pour unité.

Potassium] Sodium | Chlore

Moerocysits pynifera ., ,.-... .. .|' 100 38,7. | 118,0

Neocysts Luelkeana.-..",.. .: . .| 100 39,8.| 125,2

Pelagophycus Porra. . . .| 100 24,8 | 117,6

Chlorure de potassium à detds VAS 100 DO 99,9

» 70-75 °/,.| 100 D45;} tee

D OR den ne a ir 0 O6 moe el 20e mé SU Are." 2, 211. 00 108,0 | 454.

PA LU Huit ). aim) 100 194,971 90718

L'avantage, comme on voit, reste très largement aux Algues et cependant, dit l’auteur, les Etats-Unis consomment annuellement 500 000 tonnes de Kaïnite ; seul,

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UTILISATION AGRICOLE DE” ot

montre préférable aux Algues, mais 1l n'apporte : pas, comme celles-ci, des matières carbonées, de F azote et ur peu de phosphates. : | (HOME ki.

Les analyses | précédentes indiquent quelle quantité 0

d'éléments fertilisants les Algues introduisent dans le sol, mais ces documents His uis nous laissent ignorer comment les plantes cultivées en profiteront et si ces subslances leur sont fournies sous la forme la plus favorable ; tel élément introduit dans le sol en même temps que tei autre pourrait nuire à son assimilation ou au contraire la favoriser. La question semblera oiseuse à certains, car la preuve est faite, depuis des siècles, que le goémon constitue un ARRET" engrais. Elle n'est cependant pas sans intérêt, surtout pour les Américains, qui se proposent de couper leur goémon géant en quantités énormes ; ils l'emploieront sec et broyé; son séchage artificiel rapide est, comme nous l'avons vu, celui qui entraîne le moins de perte, mais la température du séchage n’est pas induifférente, elle peut modifier la rapidité avec laquelle l'azote deviendra assimilable ; 1l faut donc concilier les convenances commerciales de conservation du goémon sec et les avantages que les cultivateurs en attendent. STEWART s’en est préoccupé.

Il a fait de nombreuses expériences d'après les mé-

thodes d’études bactériologiques du sol; dans chacune,

200 grammes de terre neuve, pris à la même profondeur, humidifiés au même degré, et conservés dans l'étuve à

IGuy R. Srewart, — Availability of the nitrogen in Pacific coast Kelps, Journal of agricultural research, t. IV, Washington, 1915.

le io ure de potassium à un to supérieur à 1. ‘, se se 19

28°-30° recevaient.une certaine dose de Macrocystis, de: … Nereocystis, ou de Pelagophycus ou, comme comparaison, de sang desséché ou de farine de graine de coton qui sont d’excellents engrais. Des prélèvements faits après un cer- tain nombre de jours d'incubation indiquaient la quan- …. tité d'ammoniaque et de nitrate contenus dans le sol ; on suivait ainsi le travail d’ammonification, puis de …. nitrification, qui se faisaient aux dépens de l’engrais. fourni. |

Les premières expériences furent réalisées avec des

…. Algues séchées pendant plusieurs heures à r00°-105°, puis “ broyées et passées à travers un fin tamis, Dès la fin du 9° jour, le résultat était frappant et curieux. Le sang desséché s'est ammonifié le plus rapidement, éomme on devait s’y attendre, puis la farine de graine de coton; le: Nereocyslis suivait celle-ci de très près: puis venait le Pelagophycus,avec un pourcentage notablement plus faible, et enfin des traces seulement de l'azote du Macrocystis étaient converties en ammoniaque ; il fallut attendre 48 jours pour que l’analyse décela d'assez notables se quantités d’'ammoniaque dans le sol ensemencé . Macrocystis.

La rapidité avec laquelle l'azote des Laminaires géantes séchées et pulvérisées se transforme en ammoniaque, puis en nitrates, dans un sol neuf, varie donc considérable-

ment avec l'espèce envisagée. Or, le Nereocystis et le Pelagophycus étant de moindre importance commerciale sur la côtecalifornienne, l’auteura continué ses expériences sur le Macrocystis seul; il l’a emplové frais, séché à l'air un peu ou beaucoup, chauffé à l'étuve plus ou moins fortement et même jusqu à 250-270° C. Ce surchauflage avait fait l’objet d’un brevet et Srewarr montre que cette

158 UTILISATION AGRICOLE DU. GOÉMON PR à

haute température nat une perte de 36 °/, de A mabère organique, dont 31 °/, d'azote.

D'après ces expériences comparatives, la rapiiié de la transformation de l'azote du Macrocyslis est la plus grande quand l’Algue est fraîche ou seulement un peu séchée; elle se Rare en proportion du degré de dessiccation ; le résultat est le même si, avant de é mettre en expérience, on enlève ce goémon frais ou sec une partie de ses sels minéraux par un lavage. Le Macrocystis séché au soleil, de manière qu'il devienne facilement broyable, demande

Æ€nviron 11 semaines pour que, son azole étant ammonmifié,

la nitrification soit appréciable. Le goémon ne pouvant être commercialement conservé frais, ni même trop huhumide, l'auteur recommande de le sécher au soleil, aussi brièvement que possible, puis de compléter la dessiècation vers 28° C, en arrêtant celle-ci aussitôt qu’il est broyable.

Le Maërl est une accumulation de fragments ou de débris d'une Algue calcaire, morte ou vivante, le Lithothamniôn calcareum (appelé aussi L. coralloides), dont M°° P. Lemone a donné une étude détaillée‘, et que les cultivateurs de Bretagne recherchent pour amender leurs terres *. La plante vit en abondance jusque vers 25 mètres

de profondeur, mais s'approche aussi des côtes. En outre,

le courant et les mouvements de l’eau entraînent Île Maërl jusque sur des points constamment émergés et les vagues le triturent parfois en un sable fin. À Morlaix,

1 Mme Paul Lemoine, — Répartition et mode de vie du Maërl (Lithothamnion calcareum) aux environs de Concarneau (Finistère), Annales de l’Institut océanographique, t. I, Paris, 1910.

? Les décrets du 4 juillet 1853, cités plus haut à propos du goé-

«mon, réglementent aussi l’extraction du Maërl et de la Tangue.

des bateaux le draguent à une faible profondeur et l’apportent sur les quais où ilest vendu. À Concarneau, des charrettes vont le chercher jusqu'au niveau de la mi-marée. Vers le niveau des marées moyennes, dit . Mr° Lemone (loc. cit., p. 10), le maërl sableux est formé de débris assez gros pour laisser reconnaître le Litho- thamnion puis « à mesure qu'on s'élève vers le niveau des hautes marées, ces gros débris deviennent de plus en plus rares et le sable n’est plus constitué que par des débris impalpables. C’est un phénomène inverse de l’action des marées sur les galets .qui sont amenés au niveau des plus hautes mers, tandis qu'au niveau moyen des marées, les plages montrent du sable ou des sédiments plus fins ». Les courants le transportent souvent dans les estuaires, d’où l’idée émise autrefois que la plante vivait au voisinage des estuaires. Mais parfois aussi il abonde loin de la côte, par exemple sur certaines plages des îles Glénan. Ainsi, d’après M°° Lemoine, « les îles de Guériden et de Vieux-Glénan sont complètement couvertes par ce sable dont l'épaisseur est de plus d'un mètre ; il enfouit les rochers qui servent de support aux Fucus vesiculosus et Ascophyllum nodosum, et mème les tiges de ces Algues sur une certaine longueur ».

Des dépôts de maërl (Coral beaches, Coral sand), dus pareillement au L. calcareum, se rencontrent aussi en divers points de la côte ouest de l'Irlande ; les débris d’une autre espèce fruticuleuse, spéciale à cette région, le L. fasciculatum, s'y ajoute parfois. Ce maërl irlandais renferme jusqu’à 80 °/, de carbonate de chaux (à Bantry Bay), aussi les riverains le recherchent-ils comme amendement surtout pour les terrains tourbeux (Cortox,

Clare Island, p. 153).

NRA Er

néenne de Normandie, t IX, Caen, 1853. Ce travail est résumé à

On désigne sous le nom de Fu hhs more de mer + Charrée Hbnches etc., particulièrement dans les dépar- f tements de la Manor a Calvados, d'Ile-et-Vilaine, une espèce de sable gris ou blanc jaunâtre, qui se dépose ordi= nairement dans les baies, anses, hâvres et principalement à l'embouchure des rivières de la Basse-Normandie et de 0 la Basse-Bretagne. Les populations rurales attachent un tel prix à l'usage de cette tangue sur leurs terres qu Isid. Prerre ‘a rencontré, près du Mont-Saint-Michel, des cultivateurs venus de 43 kilomètres pour la choteliéé Sr. place. La bonne tangue se dépose seulement dans les | baies un peu profondes que forme l'embouchure des

#0 rivières, tandis que partout ailleurs on ne trouve qu AE: "0 sable grossier plus ou moins coquillier commun à presque toutes les côtes. [sip. Prerre estimait que, de l'embou- …

chure de la Rance à celle de l'Orne, on en extrayait

annuellement deux millions de mètres cubes. Son usage remonte à une époque reculée, car des documents au-

thentiques du xu° siècle en font mention comme d’une chose déjà ancienne.

La tangue varie de composition précise d'un point à l’autre ; c'est un mélange de carbonate de chaux, dont la quantité dépasse parfois 50 °/,, d'argile, de sable quartzeux, feldspathique et micacé (contenant une petite quantité de matières salines, chlorures, sulfates, phosphates) et de matières organiques ; c’est à la fois un engrais et un amendement. |

1J.-1. Pierre. — Ætudes sur les engrais de mer des côtes de la Basse-Normandie (Manche et Calvados), Mémoires de la société lin=

l'article Tangue, in Morc et Cr Encyclopédie PERS de lagri-—

culteur, t. XEIT, Paris, 1871.

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La tangue ne peut résulter d'apport fluviatiles ; [sid. Pierre la considère comme produite par des débris de coquilles et des roches contre lesquelles ces coquilles se sont usées, broyées sous l'influence de l'agitation de la mer. Leur dépôt s'explique par le passage de l’eau de l’état d'agi-

tation à l’état de repos, dans lesanses, baies... etc., où ce repos est encore facilité par les cours d'eau qui areht en sens inverse du flot dont ils tendent à diminuer la

vitesse et la densité. Les géologues paraissent du même: avis!. Si je cite la tangue à propos des Algues marines, c'est que je suppose, d’ailleurs a priori, de le Maërl est son pourvoyeur de calcaire au moins au même titre que nes ue brisées.

1 De Larparexr (Traité de géologie, 3° édition, 1893) dit : « L’ori-

gine de ce carbonate ne paraît pas devoir être attribuée à une autrecause que la trituration des coquilles apportées par le flot ».

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