‹ Utilisation des algues marinesChapitre 44 sur 93 · LR ES HONTE" 0 MALE AR RTE À EN N · texte numérisé non relu

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156 UTILISATION INDUSTRIELLE, DES ALGUES BRUNES se

La quantité de soude accumulée dans la plante ie | donc peu d’une de ces espèces à l’autre. La quantité de potasse varie davantage ; de 2,58 chez l'Ascophyllum, elle s'élève à près de 12 dans le stipe du Z. flexicaulis ; le stipe de ces Laminaires en renferme notablement plus que la

lame. De même, l'iode y est environ 10 fois plus abondant que chez ces Fucacées. Tandis que les Fucus renferment plus de soude que de potasse, la lame des Laminaires renferme autant de potasse que de soude et le stipe notablement plus. Le carbonate de soude du salin de varech était devenu sans valeur, mais la potasse avait conservé la sienne et l’iode devait être de plus en plus recherché. Or, les Fucus cités ici constituent la majeure

partie du goémon de rive, les Laminaires la majeure partie du goëmon de fond. La conclusion s'imposait. Les

pere ne couperaient plus les Fucus insuffisamment rémunérateurs ; ils continueraient à incinérer le goémon

épave lorsque celui-ci renfermerait une assez forte pro-

portion de Laminaires, ou choiïsiraient les Laminaires eu le ramassant ; la récolte sur place se bornerait aux goé-

mons poussant en mer et elle se ferait à l’aide de ass |

Les procédés d'incinération restèrent les mêmes; déjà défectueux quand il s’agissait de préparer le salin pour sa soude, ils l’étaient davantage pour la production de l'iode.

Deux nouvelles industries concurrencèrent la soude de varech. D'une part, on apprit à extraire le chlorure de

la figure du Phycologia brilannica, est l'espèce que je nomme 10

15 Clouslonis. selon la nee adoptée en France, et je traduis

son L. stenophylla par L. flexicaulis sans grande chance d'erreur.

L'auteur n’a pas analysé le L. saccharina qui. cependant, d’après

Sraxrorp, est fréquemment brûlé aux Iles Britanniques.

| | potassium des riches dépôts salifères allemands de Stass- furt, et le prix de cette « potasse » s’abaissa d'autant plus que les mêmes dépôts fournissaient du brome, et d’autres

produits recherchés, qui diminuaient son prix de revient.

On l’utilisait, comme celle des soudiers, principalement pour la fabrication du nitrate de potasse et des engrais

composés. D'autre part, on découvrit, en 1843, dans le

Caliche ou salpétre du Chili (minerai du nitrate de soude).

une assez forte proportion d'iodate de sodium, pouvant fournir de l’iode; on l'extrait des eaux-mères de fabrication du nitrate par le procédé TnrercELX, et c'est surtout depuis 1873 que l'iode du Chili vint concurrencer, sur le marché européen, le produit français et anglais. L'industrie de la soude de varech périclita de nouveau. L'une des causes de déclin, à ajouter aux précédentes, fut les variations brusques du cours commercial de l'iode. Srax- FORD ! donne le relevé des prix cotés en Ecosse, année par

année, de 1841 à 1875; les prix extrêmes furent 4 shil-

lings et 54 shilhings la livre ; or, fait-il remarquer, le prix de la matière première et celui de la main d'œuvre variant peu, les fabricants subissaient de lourdes pertes quand les cours étaient bas, tandis que les cours élevés profitaient à des spéculateurs. D'où le découragement des soudiers. |

Néanmoins, cette industrie s’est maintenue çà et là. De la côte du Conquet, on voit, en été, des fumées blanches et épaisses s'élever des fours établis aux îles de Béniguet, de Quéménès, de Trieleu, de Molène où le goémon

d’échouage est riche en Laminaires. Des usines achètent le

4E.-C.-C. Sravrorp, — On the manufacture of iodine, Chemical News, t. XXXV, 1873.

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salin pour en extraire l’iode et d'autres produits. Les soudiers exercent cette profession seulement durant la. belle. saison car, avant d’être brülé, le goémon est séché, au moins partiellement, par un épandage sur la grève ; pendant le reste de l’année, ils se livrent à la pêche ou culvent la terre. Ils y gagnent leur vie, parce qu’un syndicat anglais règle artificiellement les prix de l'iode; si la concurrence Jouait normalement, les manufacturiers chiliens pourraient le fournir à un prix inférieur au prix de revient de nos soudiers, tout en réalisant un appréciable bénéfice. ‘

D'après un article de Mariexow, qui reproduit une conférence faite le 9 novembre 1913, lors de la célébration du centenaire de la découverte de l'iode !, 1] faut traiter 5 tonnes de minerai, ou caliche, pour obtenir une tonne de nitrate de soude ; on consomme annuellement environ 2.500.000 tonnes de nitrate de soude ; cela fait donc trois fois plus de minerai traité soit 7.500.000 tonnes, dont les eaux mères, si elles étaient traitées en totalité, pourraient approximativement fournir 3.750 lonnes d'iode. Or, la consommation mondiale de l'iode ne dépassant pas actuellement 500 tonnes, l'extraction totale en fournirait en surabondance « aussi, dit Maricwox, l'extraction de l'iode est-elle limitée par une convention, de manière à en éviter l'avilissement des prix.

« C'est en 1886 que fut établie ce qu'on appelle la combinaison de l'iode, en vertu de laquelle tous les salpêtriers chiliens se répartissaient entre eux la production annuelle et s'engageaient à livrer leur quote-part à la maison Antony Gisss et fils de Londres,

1 Camille Marticxox. — L'industrie de l’iode, son histoire, son état actuel, Revue générale des Sciences, t. XXV, Paris, 1914.

« D'autre part, un Syndicat international, dans lequel entraient les participants de la combinaison, s'or ganisait entre les producteurs européens pour maintenir les prix et permettre à l'industrie européenne de subsister malgré

la concurrence chilienne. En France, un impôt de 4 francs par kilogramme d'iode importé protège dans une certaine mesure les six usines à iode qui fonctionnent encore sur les côtes de Bretagne, au Conquel, la plus importante et la plus ancienne, à Aber-Wrach, Pont-l'Abbé, Audierne, Saint- Pierre- de-Quiberon et Ploudalmezeau.

« Sur les’ 160 usines nitratières du Chili, une petite fraction seulement, 20 à 50 usines environ, extraient l’iode de leur eaux-mères ».

Le lecteur comprend maintenant que ou moissonneurs du goémon géant du Pacifique préférent chercher à l'utiliser directement comme engrais, et abandonnent l'iode.

Toujours d’après Mariexox (qui écrit en 1913), l'iode du Chili, rendu à Londres, revient à 9 fr. 65 le kilo ; il y est vendu 22 francs ; le Chili réalise donc ainsi un bénéfice net d'environ 5,5 millions. Le prix de vente par le Syndicat étant d'environ ho francs, lés intermédiaires. entre le Chili et le consommateur prélèvent au passage un bénéfice encore plus élevé, atteignant environ 8 millions. Le prix de vente de l'iode par les Chiliens ne dépasse euère le prix de revient dans les us'nes françaises, qui seyrait voisin de 18 francs. Depuis l’article de Marienox, la guerre a entraîné une demande d'iode considérable, son prix a beaucoup augmenté, et les profits des intermédiaires ont dû être encore plus élevés. [l est curieux de constater, comme suite de la combinaison de l’iode, qu'avant la guerre, le Chili, le grand producteur, achetait sa consommation diode à l'Allemagne, qui elle-même

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