ay ant moi-même aucune expérience personnelle sur ce
en 1903, la mission de l” était à sur Ron et a fourni tard, C.-J. Davipsox, de l’ambassade anglaise à Lara 4 4 envoyait à son gouvernement un rapport sur la même question. Outre (des renseignements puisés à la source, & # ces deux auteurs en ont aussi empruntés à un Mémoire 4 du japonais YENpo que je n'ai pas eu entre les mains. | 4 Ces rapports de Smrrm et de Davinsox ont largement inspiré ceux qui ont écrit sur la question des ram 0
d'Extrême Orient et particulièrement de l’Agar-Agar?; 4
qui concerne le Japon, J'imite mes devanciers, et j'aurai À plus d’une fois l’occasion de citer ces deux rapports. | ù
Le goémon est très utilisé au Japon pour | engrais des 1 terres. On en extrait l'iode seulement depuis peu. se
1K. Yenno. — Uses of marine Algæ in Japan, Postelsia, StPaul, 1902. — Hugh M. Surrm. — The Seaweed Industries of Japan Bulletin of the Bureau of Fisheries. t. XXIV for 1904, Washington, 1905. — C.-J. Davipson. — The Seaweed Industry of Japan, Bulletin of Imperial Institute, t. IV, Londres, 1906. — Les Mémoires de Yrexoo et de Suirn ent l’objet, en 1905, d’une conférence du professeur H.-M. Ricxanps devant le Torrey Botanical Club (Science, t. XXI, 1905). (+. CEE 2H. Sazre et Ci°. — L'industrie des Alques marines au Japon. pie. 4 calion de l'Agar-Aqar, Annales de la Drogue et de ses dérivés, t. VIT, Paris, 1912. “is E. “rie et C.-L. Gain. — Les Alques marines utiles el en par ticulier les Aigues alimentaires d'Extrême-Orient, Annales de Fruit 50 océanographique, t. II, Paris, 1912. ‘24 M. Ranaïs. — Dites de la classe 54, section française, Le 70 tion universelle et internationale de Erusellée 1610, Paris, 1912. | On trouvera aussi un bon compte rendu du rapport de Sur dans La Géographie (Bull. de la Sociélé de Se nt AY; Paris, 1006.
temps, et Suiru et Davinsox sont sobres de détails sur
celte industrie nouvelle pour le pays ; L Etat protégea ses débuts, fit étudier les méthodes les plus économiques et les plus productives d'extraction et les Algues les plus riches. Les résultats furent très satisfaisants, cette industrie s’étendit rapidement et, d'’importateur, le Japon devint exportateur.
En 1902 il exportait 3.000 kin pour 1.500 livres sterling » 1903 » 22,000 » 10.000 »
Cependant, l'exploitation se faisait déjà moins rémunératrice, à cause de la concurrence, et peut-être aussi à cause de la pêche intensive des Algues qui en réduisait la quantité exploitable. Elles sont coupées à l'aide d'un couteau adapté à angle droit à une perche de bambou. On brüle aussi les plantes rejetées à la côte, mais celles qui sont coupées donnent un pourcentage supérieur. Comme chez nous, les Fucacées littorales ou voisines de la basse mer, représentées au Japon surtout par des Sargassum, sont moins riches en iode que les Laminaires, qui, comme chez nous aussi, croissent plus profondément et sont de récolte plus pénible ; ces dernières sont surtout les Ecklonia cava, Eckl. bicyclis et la série des Laminaires servant à la préparation du Kombu. Il semble qu'on évite au Japon la fabrication du salin en masse vitreuse. Après dessiccation, les Algues entassées sont brülées à l'air hbre ; on prend soin de ne pas laisser brüler trop vio-
- Jemment, de manière à obtenir des cendres ; quelquefois,
elles sont brülées dans des trous creusés dans le sable et tapissés d’une couche d'argile. D'autres fois, on les carbonise dans des fours de construction spéciale où l'ar-
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rivée de l’air est empêchée ; cette carbonmisation donne de
meilleurs résultats, par ses sous-produits et par l’économie des fumées perdues. L’extraction s'effectue ensuite par évaporation des eaux de lavage qui donne les chlorures de potassium, de sodium, de magnésium ; l'acide sulfurique et le bioxyde de manganèse déplacent l'iode des eaux-mères. Les pêcheurs qui livrent leurs cendres aux usines pratiquent largement la fraude, en ajoutant du sable ou d’autres cendres. Davinsox ne donne pas de détails sur la construction des fours où s'opère la carbonisation.
Mais SraxrorD imagina un autre procédé, de rendement encore meilleur disait-1l, qui permettait d'extraire les sels, les matières organiques dissoutes, une nouvelle substance l’algine, et d'utiliser les résidus ‘. La méthode repose sur deux principes. D'une part, deux macérations dans l'eau froide suffisent pour enlever aux Algues la majeure partie des sels qu'elles renferment (loc. cul.. p- 296); l'extraction se fait par évaporation et cristallisaions successives”. D'autre part, les grandes Algues brunes, et particulièrement les Laminaires fraiches, fournissent au contact de l’eau une matière glaireuse inco-
1E.-C.-C. Sraxrorp. — On Algin : a new substance obtained from some of the commoner species of marine Algæ, Chemical news, t. XLVITI, Londres, 1883. — L'auteur nomme le procédé des fours
Native process ou Kelp process, le procédé par FOR Char process, et celui par lixiviation Wet process.
* L'auteur publie des tableaux montrant la quantité de matière
. dissoute ou restante après six macérations, sans dire la durée de
chaque opération.
lore, Ë algine ou acide alginique, coagulable par les acides minéraux.
Les Laminaires, coupées en morceaux, macèrent donc dans de l’eau acidulée par HCI, où elles perdent une grande partie de leurs sels. Elles sont traitées ensuite par une solution alcaline, carbonate de sodium de préférence, qui s’unit à l’algine sous forme d’alginate de sodium sirupeux, et laisse l’Aloue intacte ou désagrégée suivant la concentration de la liqueur alcaline. Le résidu cellulosique diffère de la cellulose vraie et l’auteur le nomme alqulose*. Le liquide filtré, traité par un acide, précipite l’algine, que plusieurs dissolutions et coagulations successives purifient et que, finalement, on obtient incolore.
D'après Srawrorp, les multiples et remarquables propriétés de la nouvelle substance, à l’état d’algine ou d’alginate de sodium, la rendent précieuse pour de nombreuses applications. L'auteur énumère divers alginates métalliques, simples ou doubles, solubles ou insolubles.
L'algine comprimée à l’état humide prend toutes les formes qu'on lui donne ; sèche, elle peut être taillée, polie, tournée.
L’alginate de sodium a 14 fois la viscosité de l'empois d'amidon, et 37 fois celle de la gomme arabique ; c’est le meilleur apprêt pour les tissus et le papier ; en teinture, il sert de mordant pour le coton et la laine ; en pharmacie, il émulsionne les huiles ; il désincruste aussi les chau-
1E.-C. Sraxronp. — Don iaents in the Manufacture of Algin and other useful Products from Seaweeds. Engl. Pat. 13.433, Octobre 1884. Résumé in Journal of Society Chemical Industry, t. IV, Manchester, 1885,
dières à vapeur, ag elutine les Dee de: AUS ra & autres ; c'est un vernis excellent, un isolant électrique de grande valeur... etc. Enfin, l'algulose, résidu de la prépara- à tion, mélangé à des fibres, donne un excellent papier. Comme on l’a vu, SraNFoRD ne manquait pas d’une certaine hardiesse ; néanmoins, il indique l’algine avec quelque timidité pour l’alimentation humaine, comme . épaississant des potages ou des puddings et pour remplacer la gomme dans la préparation des losanges et des june jubes. GLoess dit sans réserve qu'elle pourra être employée « comme matière alimentaire remplaçant les fécu-— | lents » (loc, cil., p.-173), et plus loin (loc. ait., p. 177), s la comparant à l’agar-agar, il dit: « L’algine, par contre, 2 qui en sa plus td pertie est constituée d’un hydrate ÿ de carbone mucilagineux, non gélatinisant et de protéine, { représente une matière vraiment nutritive » ; toutefois l’auteur nous laisse ignorer comment :l s'est rendu compte de cette valeur nutritive ; son affirmationest peutêtre une extension a priori de l'usage que les Chinois et Le les Japonais font des Laminaires.
PR Je n'ai faitqu'énumérer ces remarquabl es propriétés de ï l’algine et des alginates annoncées par Sranrorp ; le lec- : teur les trouvera moins séchement rapportées dans les exposés de Watson Surru', Hugh M. Surru (loc. cut.), | Sercneez (loc. cit.),TurRENTINE (loc. cit), GLosss (loc. cit.). 16 L’algine et l’alginaie de sodium sont d'une préparation 1 facile avec une quelconque des Laminaires de nos côtes, fraîche ou sèche; dans mes quelques essais, l’algine se coagulait aussitôt que le liquide alcalin devenait acide,
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ui 1 Watson Sur. — E.-C.-C. Sranrorp's new Method of trealing 1 © Seaweed, International inventions exhibilion, London. Journal of À the Soc. of chemical Industry, t. IV, Manchester, 1885.
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. toutefois, sa filtration était d’une extrême lenteur, et je n'ai pas réussi à la centrifuger. | = SraxrorD proposait d'utiliser l’algulose, résidu de la préparation de l’algine, à faire du papier. D'après Ca- - MERON (Fertuilizer resources, p. 45), on a fabriqué de très beau papier à écrire avec les grandes Laminaires du Pacifique ; pour remédier à l’absence de fibres, on recourait à des plantes désertiques, comme le Yucca commun de la - Californie méridionale, et ce mélange donnait de bons résultats ; CauEroN ne croit cependant pas à son avenir commercial. Il semble, en effet, que fabriquer de la pâte à papier avec des Algues ne peut être un but industriel, mais seulement un moyen delirer parti des sous-produits ; . le Sacc. bulbosa, qui renferme des fibres, serait peut être l'espèce la plus avantageuse à employer.
| Le lecteur des pages précédentes a pu suivre l’évolution des idées et des procédés concernant les produits à reti- - rer des Algues marines. Le Mémoire de Sraxrorp sur - l'extraction par lixiviation et sur l’algine était clair et d’un caractère bien personnel; il était plus optimiste encore que celui où cet enthousiaste des piantes marines décrivait le procédé par distillation. Nous assistons ensuite à uneavalanche de brevets concernant des modifications parfois un peu hâtives, avouées ou inconscientes, aux procédés de Sraxrorp ; ilen résulte un tel encombrement que j'ai renoncé à comprendre ce que ces brevets présentent de réellement original et même à les lire tous!; certains portent d’ailleurs sur des détails si peu importants
1 Déjà Monipes disait en 1866 (loc. cit.) : « Bien des fois, on a cherché à retirer directement les sels solubles contenus dans les goëmons au moyen de la macération soit à chaud, soit à froid. »
des solutions de SO“*EH* à 5 ‘/, ou de HCRa 020
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en apparence que mOn insuffisante éducation industrielle ne m'a pas permis d’en saisir la valeur; si l'intérêt ne ressort pas au premier coup d'œil, c'est de être qu'ilen faudrait faire une étude plus approfondie. J'évite done d… les discuter ; J'en cite simplement quelques-uns, sais au" à cun souci d'être complet, et sans m'aventurer dans rer. 10 cherche de la priorité. RARE
Je trouve, par exemple, dans le Journalof the Society of chemical Industry que A. KrerriG prend le brevet anglais 11.538 (27 mai 1896), qui semble différer de celui de SraxrorD surtout en ce que la macération des Algues dans l’eau acidulée par HCI est de re par une macé- | ration dans SO‘? variant de 1 “a à 6 °/, ; en outre, l'algine, ou acide UNE est nommée « Tang-acid ». Dans une addition 12.275 du 31 mai 1898, la solution de carbonate de soude de Sraxrorp est remplacée par une solution d'hypochlorite desoude. Le même jour, d'après une nouvelle addition (12.277), le même inventeur emploie, pour les macérations, des solutions ne dépassant pas 2 Ve Le 0}, d'acide ou d’alcali. A. KrerrixG fait encore trois additions en juin 1808 ; celle du 2 juin (n° 12.416) concerne la filtration ; dans celle du 11 juin (n° 13.151) l'algine ou « tang-acid » au lieu d'être précipitée de la solution alcaline par SO“, est précipitée par un courant électrique ; dans celle du 14 juin (n° 13.289), les Algues, au heu de macérer dans un liquide acide, macèrent dans l’eau de chaux.
Le même recueil fournit aussi Findication de brevets : anglais pris par des français. Ainsi, G. Laureau, le: 7 aviil 1894 (brevet 6.988) fait macérer les Algues dans
Jaues, le 6 janvier 1897 (brevet {22) remplace la macé-
ration acide par la macération dans l’eau de chaux. On y
trouve aussi résumé le brevet français 352.060, du 6 mars
N 1905, de M®° J.-IT. Laureau, où les Algues, traitées par
la chaux fusée ou par un lait de chaux, sont mises à durcir en petits tas abrités de la pluie; on extrait ensuite les
sels par lixiviation, évaporation... etc. Ge brevet a sup-
porté quatre additions (peut-être davantage) : le 24 mars 1909, le produit de lixiviation est traité par un alun oule sulfate d’alumine pour précipiter le « fucose » combiné à la base du réactif ; en ajoutant un peu de savon, on en fait un fucose-hydrofuge; le 7 août 1905, avant ou pendant (si) l’action du lait de chaux, on traite par des acides de toutes sortes et simultanément par du pétrole ou du coaltar, ou de la benzine, ou des huiles lourdes; le 14 octobre 1905, on traite tout d'abord par ces hydrocarbures ; le 2 mairg11, l’alun peut être ajouté à l'état solide ou en solution.
Tous ces brevets et additions visent l'extraction et l’utilisation totale de ce que les plantes marines peuvent fournir ; P. GLoëss exagère donc quandil dit en 1916 (loc. cit ):
« Je tiens aussi à faire remarquer que l'exploitation des
plantes marines n’a jusqu’à présent pas fait l'objet d'extractions simultanées de tous les éléments contenus en elles. En extrayant la matière organique mucilagineuse, les sels minéraux et l’iode ont été perdus et, en extrayant les sels minéraux et l'iode, la matière organique mucilagineuse a été perdue ».
P. Gross a conçu un traitement dont le principe
« consiste à scinder la matière organique iodée et bromée
par l’action d’un agent oxydant en milieu acide et à séparer en même temps la matière mucilagineuse brute des
| lai PET Én RTS PRE ARR CUS Ta re DEN QE à
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E, ar à # 1 98 UTILISATION INDUSTRIELLE DES ALGUES BRUNES À Lg
éléments qui enter hEné » (loc. cit., p. 174), et se. ne fait l’objet de brevets français et san allemand, au- : trichien, belge, anglais, norvégien, américain et japonais. Toutefois, l’auteur ne dit pas quelles sont les substances mises en action dans ce traitement. Je l’ai appris en lisant le brevet français n° 470.943 (du 27 juin 1913). Le premier liquide de macération, acide ou neutre, qui extrait 1 l’iode et les sels, contient un oxydant : solution de pero- … | xyde d'hydrogène ou solution de chlore! ; le second liquide, qui extrait l’algine, est rendu alcalin par lepe- … rox yde de sodium ou l'hypochlorite de soude. à Dans la discussion qui suivit la communication faite . par Hexoricx à la Society of chemical Industry en avril. | 1916, W.-G. O’Berrxe fit observer que ni l'algine m l’algulose obtenus dans le traitement par lixiviation (Wet é process de Sranrorp) n'avaient eu de succès commercial. Il est à souhaiter que les essais récents faitsen France soient plus heureux. Dans son ag sur le goémon paru en 1913, DeLAGE (loc. cit., p.7) dit : « dans la région de Saint-Brieuc, une maison abri expédie ! à Hambourg environ 3.000 tonnes de goémon frais, dont l'agriculture et l'industrie nationale sont ainsi privées, tandis que la maison allemande, qui traite ces goémons pour l’extraction de la Norgine*, fait 15 millions d'affaires dont profite ce pays, à qui nous rachetons une partie de la Nor-
1 D’après Lapicque (loc. cit ) ce serait de l’eau acidulée par « l'acide ” chlorhydrique ordinaire, contenant par conséquent un peu de chlore ».
? Probablement quelque chose de semblable à l'algine de AR, Cette société transformait sans doute d'autre goémon que celui de Saint-Brieuc, car 3.000 tonnes de goémon frais ne peuvent fournir
à 15 millions de marchandise,
gise ue de nos goémons ». D'après GLoess (loc. cit.), cette entreprise austro-allemande a son siège à Aussig en Bohême et « nonobstant le prix relativement élevé que cette maison exige pour son produit, celui-ci a néanmoins :irouvé un grand intérêt, comme matière apprètante, par- : ticulièrement dans l'industrie textile ». Depuis, j'ai vu ces phrases de Derace et de GLosss citées çà et là pour montrer les bénéfices à attendre de l'exploitation des
Algues marines. En cherchant à me procurer des rensei- gnements sur le genre de travail de la Société la Norgine, . j ai appris qu’elle est en liquidation depuis 1910.
D'autre part, on se rappelle que, dans le procédé par .incinération, Hexpricx attribue au séchage à l'air une part importante dans la perté en iode et surlout en potasse; il a donc cherché dans un but désintéressé, et pour être utile à l'industrie, à extraire ces substances sans séchage n1 incinération. Après avoir constaté que les Laminaires - fraiches, coupées en morceaux et soumises à la diffusion
dans l’eau froide, à contre courant, comme on traite les . betteraves pour en retirer lesucre, laissent passer dans l’eau 50 °/,de potasse et 50 °/, à 60 °/; d’iode, il cherche à obtenir
un meilleur rendement à See Les Laminaires, hachées
menu, sont soumises à l’action de la vapeur d’eau pendant unedemi-heure dans l’autoclave à 150° ; la masse est alors beaucoup moins visqueuse qu’à froid et le liquide se laisse exprimer plus facilement. L'auteur comprime la masse sous une presse à vis, puis mouille, presse de nouveau, et obtient 90 ‘/,de la potasse et de l’iode, sinon davantage ; il croit que des appareils industriels pourraient augmenter ce rendement de laboratoire. Malheureusement, st la forte proportion de matière organique qui passe dans le liquide ne gène pas l'extraction de l'iode, elle gène
rex A
200 UTILISATION INDUSTRIELLE DES ALGUES BRUNES ge nr
beaucoup col de la potasse. L'art ne e semble pas A être | préoccupé de l’algine. a:
L’ exploitation industrielle des Algues brunes eut AC \ pour premier objet l'obtention du carbonate de: soude, % puis, après l'invention de la soude artificielle par LEBLAXC, à l'extraction de la potasse et de l’iode. Plus tard, ces deux. 4 produits ayant pu être retirés de minerais, à moindres frais, 1 la récolte du goémon de fond eùt été abandonnée sans. l'intervention db Syndicat qui, en restreignaut la produc- À tion chilienne, donne à l’iode une valeur Ce arüficielle et prélève d'énormes bénéfices sur le consomma- … teur. Les nécessités de la guerre nous ont contraints de | nouveau à l'exploitation intensive des Algues. Sans faire de pronostics sur l'avenir de cette A nr il semble néanmoins que l'extraction des sels de potasse des plantes marines va devenir, pour des Français, aussi peu ayantageuse que l'extraction du sel marin ou du carbonate de | soude. Les gisements potassiques découverts en Alsace : en 1904, et dont l'exploitation commençait à peine au dé- … but de la guerre, seront encore plus avantageusement » exploités que ceux de Stassfurt, car, leur carnallite ayant perdu une partie de son chlorure de magnésium, là po- . tasse s’y rencontre surtout sous fe de chlorure de potassium ; Mariexox estime qu'ils sufliraient à la consommation mondiale pendant 300 ans. Plus récemment » encore, en 1911, on a découvert à Sora (Espagne) un gisement puissant de sels potassiques qui s'étend sur . 20.000 hectares dans les provinces de Barcelone et de Lerida, à des profondeurs variant de 100 à 1.100 mètres; \ on y rencontre de la carnallite sur une épaisseur moyenne « de 80 mètres et de la sylvinite sur une épaisseur moyenne M
de 20 mètres ; 1} est la propriété d'un groupe franco-. belge (Compagnie bordelaise des produits chimiques et … Usines Solvay). La demande européenne s’accroitra cer- » jainement dans des proportions considérables, mais les Etats-Unis, grands consommateurs de potasse, peuvent - trouver dans leur goémon géant plus qu'il ne leur est . nécessaire pour l'usage agricole. Quant à l’iode, le Chili ne fournit qu'une partie de ce qu'il pourrait produire et ses gisements, dit-on, permettront l'exploitation pendant un siècle encore. Enfin, nous verrons, au chapitre concernant l’utilisation des Algues rouges, que les Russes extraient maintenant l'iode des Algues de la mer Noire, et qu'ils se promettent d'en produire beaucoup.
L'exploitation du goémon géant par les Américains, exposée dans les pages précédentes, était prévue avant la guerre et pour des buts de temps de paix. La guerre suryenant, ils l'ont rapidement adaptée à la fabrication des produits demandés par les armées '. Les Laminaires servirent à obtenir de l’acétone, dissolvant du coton-poudre, qui entre pour 79 ’/, dans la composition de la Cordite, à fabriquer aussi de la poudre noire, un vernis pour les ailes d'aéroplanes, etc.
Une compagnie créa une usine immense au sud de San Diego ; il s'agissait d'aller vite, on n'avait pas de méthode définitive. et chaque mois modifiait la technique suivie le mois précédent; au fur et à mesure, de nouvelles ma-
chines remplaçaient celles qui étaient en service. Naturellement, la valeur commerciale des produits obtenus ne
__ 1E.-C Cnrossmax., — Sea-Weed for War, Scientific american, 74° année, New-York, 21 septembre 1918. |
LITE EN NL RE, RG Rs RE RE ENS CRUE NT AUT
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ti
ifies american, donne l'impression d' une entreprise g gigan- À tesque. En sus 4 en de décantation, lu usine Manet
chacun 50.000 pote (de 4 Lire 5) eto pores de em-.
magasinement, da 400.000 gallons chacun. On y obtenait à : la potasse et dsbétone par Rrtiiiios d'où l'épouvantable odeur qui s’en dégageait. à Une moissonneuse, à trois tabliers roulants contigus travaillant simultanément, construite d'après le principe
exposé par CamErON, fauchait les Laminaires. La . macérée sur le bateau était pompée dans des bacs « qui 3 l'amenaient à l'usine, où elle était versée dans les réser- à voirs de digestion ensemencés avec un peu de liqueur À mère et chauflés, par la vapeur, à la température convenable pour la fermentation. Après trente joursde fermen- … tation, on filtre pour séparer les débris des plantes, et des pompes envotent le liquide filtré dans d’autres cuves : où la fermentation est arrêtée par de la chaux. Le liquide, concentré par la chaleur, et débarrassé de ses matières boueuses, est alors envoyé dans la « maison chaude et froide » comprenant une double rangée de réservoirs ver- 4 tcaux, un côté chaud et un côté re Les sels à acétone 4 se précipitent du côté chaud, entraînant beaucoup de À
potasse, le chlorure de potassium à plus de go°/, de | pureté se précipite du côté froid; les sous-produits « sont l’iodure de potassium, l’alginate de sodium dé- rivé des matières boueuses ; la boue elle-même, qui con- 4 tient des éléments fertilisants, est employée à la fumure «
LA AE nt DSC AT ru D ra RS ARE OC a
UTILISATION INDÉSTRIELLE DES ALGUES BRUNES 203 des vergers. Quand l’auteur de l’article où ces rensei- gnements sont puisés visita l'usine en 1917 7: elle trai- L tait environ 1.200 tonnes de goémon par jour et était - construite pour en traiter 1.500; elle produisait 13 tonnes - de chlorure de potassium à 95 ‘, et environ 350 gallons Fa acétone par jour. | Une réclame parue dans le Scientifi american (14 décembre 1918) disait que la compagnie (Hercules Powder ‘C°), après avoir dépensé plus de 5 millions de dollars à
San Dieso pour les fabrications de guerre, désirait conti- nuer ne ci, beaucoup de ses produits pouvant servir à . des œuvres pacifiques. Les produits énumérés sont : Acétate d’éthyle. Propionate d’éthyle, Butyrate d’éthyle, Acétone, des Cétones, Anhydride acétique, Acide propionique,
Acide butyrique, Acide valérique, Acide isovalériqne, Valérates, Valérate d’éthyle, Acide caproïque, [ode. Crossmax termine son article en disant que du Kelp, comme du goudron de houille, on n'a sans doute pas obtenu tout ce qu'on peut extraire. Îl cite le cas d’un chi- - miste de Los Angeles qui prétend en retirer une teinture belle et érible, et d'un autre chimiste qui en retire une eau minérale de qualité supérieure !
En France, Kayser a étudié la transformation des hydrates de carbone des L. saccharina et L. flexicaulis en alcool par des levures de distillerie *.
Les Algues séchées, coupées en petits morceaux, étaient soumises à l'action de l’eau acidulée par HCI ou par SO*H?, chauffées à r00° ou dans l’autoclave à 120°. Au
1 Kayser. — Utilisation des Algues marines pour l'obtention d’alcool,
Feuille d'informations du Ministère de l’Agriculture, Paris, 3 dé cembre 1918. |
moment d'introduire les levures, il est bon d'ajouter un peu d'azote organique ‘touraillons) qui facilite la fermenta-
tion etaugmente le rendement alcoolique. L'auteur caleule que 100 kgs d’Algues sèches fourniraient au minimum ‘4 5 litres d'alcool. Au lieu d'alcool, on pourrait obtenir de
l'acide lactique « produit conservateur qui est appelé à un emploi beaucoup plus grand dans l'avenir », en scumettant le liquide de macération à la fermibiatos lactique, au lieu de la fermentation alcoolique. |
L'auteur termine ainsi son exposé : « Les vinasses restant peuvent toujours servir, après l'enlèvement de l'alcool, à la récupération des diflérents principes minéraux (potasse, iode, etc., etc.). L” ‘exploitation rationnelle et méthodique des Laminaires, basée sur des procédés industriels perfectionnés, pourra ainsi donner lieu à une nouvelle industrie en apportant un supplément de bénéfices tres rémunérateur ».
J'ai insisté précédemment sur l'intérêt que présenterait une étude plus scientifique de la répartition des sels, reposant sur des notions morphologiques. L’extraction des composés organiques, ou de leurs dérivés, conduit à dire quelques mots de la constitution chimique de la membrane et des substances organiques incluses dans la cellule ; le tout est d’ailleurs insuffisamment connu.
Ces composés élant pour la plupart des hydrates de carbone, je rappelle d'abord quelques principes généraux qui trouveront aussi leur application dans l'étude des Algues rouges et dans l'interprétation des expériences sur la digestibilité des Algues pour l’homme et pour les animaux. Il ne s’agit nullement de faire ici une étude chimique, mails
seulement de définir un certain nombre de mots de la 4