‹ Utilisation des algues marinesChapitre 51 sur 93 · M PE · texte numérisé non relu

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d’après Maquexxe, l’amidon renfermerait une molécule

d’eau de plus que ne l'indique cette formule générale.

L'amidon est un produit figuré de l'assimilation chlo-

rophyllienne que l’eau iodée colore directement en

bleu. Il manque chez les Algues brunes et se présente avec des caractères particuliers chez les Algues rouges. Son hydrolyse donne souvent d’abord de l ar RIOR soluble ou amylo-dextrine, puis du maltose, accompagné de dextrines, et finalement du d. glucose.

La cellulose constitue la majeure PrEue des parois cellulaires des végétaux supérieurs et s’y trouve mélangée ou combinée à bien d’autres principes, insolubles comme elle,

et appartenant à des groupes différents ; c’est ce qui rend son étude si difficile. Elle est soluble dans le réactif ‘cupro-

ammoniacal. Elle est colorable en bleu par l'iode. après traitement préalable par l'acide sulfurique concentré, et ceci prouve sa complexité plus grande que celle de lamidon, puisqu'elle prend le caractère de celui-ci seulement après ‘dislocation moléculaire. Son hydrolyse finale fournit du glucose et pas de mallose. Le terme assez vague d’hémicellulose s'applique à des polysaccharides complexes, insolubles dans l’eau, ne se changeant jamais en

sucre par les diastases, et capables d’hydrolyse par

l'ébullition avec des acides minéraux dilués ; les hémicelluloses peuvent comprendre des penlosanes et des hexosanes.

La peclose, encore très mal définie au point de vuechimique, est peut-être un état particulier de la cellulose en mélange avec d’autres substances (pentosanes, Per Haies |

Elle s’unit à la cellulose dans beaucoup de Membrants végétales et s’en distingue par son non bleuissement par

j'iode et SO‘H: concentré. Transformée en pecline ou acide pectique, et unie à la chaux (pectate de chaux), elle forme le ciment qui unit les cellules entre elles. A l'inverse de la cellulose, les composés pectiques donnent de … l'acide mucique par l'oxydation nitrique.

4 L'étude chimique des produits obtenus par l’action des

… agents ou des réactifs ne sépare pas toujours suffisam-

: ment ce qui apparüent à la membrane cellulaire de ce qui appartient au contenu cellulaire. C’est cependant essentiel pour comprendre le rôle que les diverses substances extraites jouent dans la constitution ou dans la vie de la plante ; l'étude chimique et l'étude microscopique doivent se contrôler mutuellement. La compétence algo-

: logique et chimique de Ksuix donnent un intérêt particulier à ses recherches.

On sait, surtout depuis Maxcix, que Le paroi cellulaire des Phanérogames est composée de cellulose et de composés pectiques (surtout pectose et pectate de calcium) ; la cellulose constitue la partie interne, en contact avec le protoplasme, tandis que les composés pectiques constituent la lamelle moyenne, autrement dit le ciment commun aux cellules contigües ; entre la couche interne et la couche externe, la proportion relative des deux constituants varie. Il en est de même chez les Fucacées (A. nodosum, F. serratus, F. vesiculosus) et les Laminaires (L. saccharina, L. flexicaulis, L. Cloustonti) étudiées par Kxzi. En outre, la matière intercellulaire (que j'ai appelée cæœnoglée chez les Laminaires) y prend un grand accroissement, comme si les cellules baignaient di une matière gélifiée. L'action de l’iode et de l'acide sulfurique concentré : vol. SO“ + x vol. H*0) colore en bleu la couche interne cellulo-

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ut Fe] K

sique, mais ne colore pas le reste de la membrane. Ce.

reste, qui se colore en bleu par l’action de l'iode et de l'acide sulfurique étendu (1 °/,), est un mélange de composés pectiques ; Kvzr en caractérise deux : l'algine etla

fucine de van WissELINGH ; en réalité, la fucine seule se 4

colore ainsi en bleu, mais l'analyse microscopique ne sépare pas les deux substances intimement mélangées dans la membrane”; l’algine, qui a les réactions des pentoses,

est une combinaison de l'acide algique, et la fucine est une combinaison de l'acide fucique avec le calcium. La fucine parait manquer chez les Algues brunes filamenteuses (Asperococcus bullosus, Ectocarpus siliculosus, Ela-

chistea fucicola, Spermatochnus paradoæus et Sphacelariæ

cirrosa). Une troisième substance pectique, la fucoïdine, sel de calcium de l'acide fucoïdique, constitue le mucus des canaux mucifères des Laminaires, et la cœnoglée i Intercellulaire ; assez soluble dans l'alcool à 20-30 °/,, in soluble dans l'alcool à 50 !/,, la fucoïdine donne les réactions des pentoses et des méthylpentoses. Le méthylpentose fücose, dont il a été question plus haut, dérive de la fucoïdine qui content, en outre, un pentose non encore déterminé

L'algine de Sraxror», le tangsäure ou acide ie

(tang-acid) de Krerrne, l'acide laminarique de Scumæpe-

ERG sont vraisemblablement des mélanges d'acide algique, d'acide fucique et peut-être aussi de fucoidine. S'il en est ainsi, on regrettera que Kxzix conserve à une partie le nom que Sraxrorp donnait à un ensemble ; 1l eût paru

i La teinte prise par la fucine varie selon la quantité d’acide employée ; elle est bleue avec 1 °/,, bleue violette avec 10 0 violette:

avec 25 0/,, rouge avec 50 °/,; l'addition d’eau fait revenir la teinterouge au bleu.

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préférable de changer le nom de l’algine, en conservant à ce nom un sens industriel.

L'hydrolyse des parois cellulaires fournit toujours des pentoses ; il n’est pas certain qu elle fournisse des hexoses ; Kyzi a recherché le mannose et le galactose sans en trouver. Le glucose, que Bauer prétendait contenu dans

le mucus des Laminaires, proviendrait d'une substance

intracellulaire, la laminarine.

Voyons maintenant divers composés inclus dans la cellule,

On sait par STENHOUSE, depuis 1844, due les vrandes Algues brunes contiennent de la mannite'. Cette substance se rencontre chez les Champignons seulement après dessiccation, et elle semble due à une transformatiou du tréhalose. Il n'en serait pas de même chez les \liues brunes, où Kyxzin la rencontre après dessiccatiüi: «ie la plante et aussi sur le vivant. D’après STENHOUSE, le Lumiinaria saccharina en fournit 12,15 °/, du poids sec, imuis ce pourcentage est trop élevé. il comprend des sei: milangés ; le L. flexicaulis en renferme autant que le ? sue charina. L'Halidrys siliquosa en renferme 5 à 6°’, et te F, vesiculosus seulement 1 à 2 °/,. Présente chez toutes

1 La mannite, sucre de formule CSH'*O5, n'est pas un hriliute le carbone, c’est un alcool hexatomique : elle ne réduit pas la liqueur de Fehling, elle est lévogyre ; on en obtient du mannose C"ii (° de propriélés voisines de celles du glucose. GavLruer DE Craurus, qui avait étudié l’efflorescence de goût sucré des L. saccharina et L diyitata et de l’Halidrys, disait (loc. cit., p. 130) que « le sucre «le fucus

‘diffère essentiellement de celui de la canne : il paraît être absolu

ment analogue à celui que MM. Fourcroy et VauquELIX ont retiré

du sucre lé l'oignon (Allium Cepa), el au sucre cristallisable de la

manne »,

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les Algues brutes codien la mannite na manquer |

chez ke Floridées et les Chlorophycées. fr Toutes les fois que l'on chauffe une coupe, ou des portions du thalle d’une Algue brune, avec la liqueur de Fehling on observe un dépôt d’ oxyde de cuivre. Néanmoins, ceci ne prouve pas la présence de sucres réducteurs. En effet, la fucosane, substance parfois abondante sous forme de Do PRee dans leurs cellules, jouit de la même propriélé*; ce sont les grains de fucosane de Hans- TEEN, les pes de Craro, reconnaissables à leur coloralion rouge par la vanilline chlorhydrique, à leur noir-

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cissement par l'acide osmique, à leur coloration facile et

intense par le bleu de méthylène. Les globules contien-

nent vraisemblablement plusieurs substances dissoutes dans l'eau, dont la principale, la fucosane, un hydrate de carbone pour Haxsrgex, est voisine des tanins pour Kxuw, bien qu'elle ne précipite pas par le perchlorure de ler ; 1ls apparaissent à la surface des chromatophores, puis s’en séparent pour rester dans le protoplasme ; la fucosane ne serait pas un produit direct de l’assimilation, mais se lormerait aux dépens de la laminarine ; la phycophéine, ou pigment brun des chromatophores, est de la eee ox ydée.

Le glucose est en qunute insignifiante, 0,1 à 0,2 °/, du poids sec ; sa présence n’a qu'un intérêt théorique. au point de vue de l'assimilation chlorophyllienne. Il n’existe chez les Algues brunes, parmi les disaccharides., ni saccharose, ni maltose, ni tréhalose, mais une quantité mi-

! Hansreex a vu les globules de fucosane, mais la substance qu'il a relirée de la plante et qu'il a analysée chimiquement ne serait pas de la fucosane ; ce serait un mélange de fucoïdine et de laminarine,

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mime d’une espèce inconnue, déviant à gauche le plan de : polarisation, que KyriN nomme laminari lose Sans avoir pu J'isoler.

En 1885, ScamiepegerG a extrait de plusieurs Aloues - brunes un polysaccharide, une.sorte de dextrine, der il, “ auquel il attribuait la formule 10(CH'*05) — 5H°0 —

BE COH "0" et qu l nomma laminarine, C’est une poudre blanche inodore, facilement soluble dans l’eau, non co- | lorable par l’iode, réductrice de la liqueur de Fehling, lévogyre, qui, par hydrolyse, donne du glucose et pas dé Jévulose. Pour Kvyzx, la laminarine est un ensemble com-

plexe de polysaccharidés voisins, qui diffèrent les uns des

autres par le pouvoir rotatoire, le poids moléculaire, la solubilité dans l’eau, la précipitabilité par l'alcool ; il leur attribue les formules 6(CSH20*),H°0, r2(CSH:0°),H°?0, …. x7(CSH"O:)H?C, ce dernier étant facilement soluble | dans l’eau froide. Le Z. Clcustontt présente une va- … riété de laminarine qui lui est particulière, c’est sans - doute l’hydrate de carbone dont KrertixG ct Torup ont annoncé la présence chez le L. /lexicaulis, qu'ils confondaient avec le L. Cloustonu.

La diastase du malt hydrolyse la laminarine extraite du L. saccharina ; une diastase jouissant de la même propriété doit exister aussi chez les Aloues, mais Kyzix n'a pas réussi à l'isoler. Sur des exemplaires de la côte suédoise, récoltés en août, la quantité de laminarine varie considérablement avec les espèces ; ainsi, l'A nodosum et le F. vesiculosus en présentent 7 °/, du poids | sec, le F: serralus 19 “/5, le L. fleæicaulis 21 ‘/o, le * JL. saccharina 34 °/,; cetle proportion est moins grande en hiver; les lames adultes en renferment plus que les jeunes, et la plante l'utilise comme matière de ré-

serve pour sa es + et ke e renouvel leme:

lame. ’ Lee er Les Algues brunes ne forment pas d amidon ; le pro duit de l'assimilation du carbone est un sucre simple qui ne s'’accumule jamais comme tel ; la p présence de la petite quantité de glucose, signalée plus haut, indiquerait que 4 c'est le glucose qui se ll aussitôt en lamina- E rine. Gelle-ci ne se rencontre d'ailleurs pas chez toutes les Algues brunes. Ainsi, des espèces annuelles, comme le Chorda Filum ou le Spermatochnus paradoæus, en ren- 7 ferment des quantités insignifiantes ou en manquent ; 3] | l'Hahdrys siliquosa, vivace, en manque aussi. Dans les ñ espèces qui en sont particulièrement riches, les lun! à | |

| de fucosane sont clairsemés et manquent presque dans le 2 à üissu d'emmagasinement; au contraire, l'A. nodosum et k. le F°. serralus, où les globules de fucosane abondent, ont

relativement peu de laminarine. Comme on le: voit, bien F4 des questions restent encore à élucider. Cas #

J'arparlé du Zostera marina à propos de la récolte du ! goémon; J'ajoute quelques mots sur son utilisation in | à dustrielle. ee l On le récolte en grande quantité sur certains points des côles normandes, et on l’expose longtemps à d'air pour le débarrasser de ses nombreux épiphytes et de son odeur de marée, Son élasticité, due à ses fibres cellulosiques, le

1 Cette conclusion s’appuie sur des prises raisonnées de matière analyser, et non sur des matériaux récoltés n'importe comment, ainsi quon l’a fait trop souvent. En France, où les périodes de :" végétation des L. flexicaulis et L. succharina sont moins nettes qu’en Suède, la prise des matériaux devrait être faite avec encore se de not.

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D billace de Fe j'eus alors l’occasion d'examiner le roduit offert par cette société ; il était très beau et d’une remarquable blancheur. Cependant, on pouvait prévoir des difficultés d'exploitation, et, en effet, la société eut - seulement quelques mois d'existence *.

Déjà en 186», Sraxroro citait un brevet pris par - Ilanrnazz, le 31 mai 1861, concernant la fabrication de la pâle à papier à l’aide "+ Z. marina, employé seul ou mélangé à des fibres d'autre origine, et le procédé lui semblait pratique. Vingt ans plus tard (On Algin, 1883), il connaissait plusieurs autres brevets ayant le même objet ; le papier est très bon, disait-1l, et, en outre, les.

. { De La Tourrerre (loc. cil., p. 173) disait en 1782 : « ...le foin “à de mer, Zostera marina Le plante complette, anciennement nommée par les Botanistes mêmes (1l s'agit de G. Bavmn et de Tournerort) Alga Vitriariorum, Alque des Verriers, parce que ses feuilles, qui ne . - pourrissent point, servent à emballer les bouteilles. Leur incorrupti-

Dihité et l’élasticité qu'elles acquièrent lorsqu'on les amoncèle, les L- ont fait entrer utilement dans la composition des digues de la nort- Hollande; et les fibrilles de la plante, brisées, cntrelacées, roulées. par les vagues de la mer, forment ces espèces d’égagropiles, nommées. … pelotes de mer, si communes sur les côtes de la méditerranée » Ces 2. Ægagropiles de mer ne proviennent pas du Zostera, comme le croyait

DE LA TourreTre, mais du Posidonia (Cf. C. SauvacEau, À propos d'une note de M. William Russell intitulée : Transformation des cônes de Pins sous l'influence des vagues. Journal de Botanique, t. VII.

| Paris, 1893).

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