‹ Utilisation des algues marinesChapitre 75 sur 93 · ER · texte numérisé non relu

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liberté, 1ls descendent d'eux-mêmes sur la grève à basse

mer pour y chercher leur nourriture parmi les Algues

marines ; les agneaux suivent les brebis. Les moutons mangent seulement le À. palmala et l'A. esculenta, et certains négligent même ce dernier ; bien que le R. palmata soit souvent fixé sur le stipe des Laminaires, les

1J. Hexpricx. — The Composition and Use of certain Seaweeds,

The Journal of the Board of Agriculture, t. XXIS, Londres, 1916

-et in litt.

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noutous broutent = halyméhse sans toucher à son LT Quant aux vaches, elles s'adressent uniquement au L. flexicautis (L. stenophylla) et à l’Alaria ; bien que le L. Cloustonii (L. digitata) fut si abondamment rejeté qu'il couvrait souvent les autres espèces, les vaches n'y goûtaient pas, elles le soulevaient du museau et le - fouillaient pour trouver les deux espèces qu'elles re— cherchent, et encore choisissaient-elles, dans le L. flexæicaulis, la lame pour laisser le stipe. Enfin, bien que le L. saccharina fut abondant sur la grève, Hexpricx n'a vu ni les vaches ni les moutons y goûter; on lui a dit cependant qu'ils en mangeaient quelquefois. Henpricx a fait ces observations en été, alors que l'herbe ne manque pas; pendant l'hiver, le bétail de Lewis est pareillement en liberté et se nourrit de même. Les paysans récoltent aussi des L. flexicaulis en grande quantité pour le donner aux bestiaux à l'étable, car ils le considèrent comme ure nourriture très saine, et Hexprick« m'a confirmé par lettre que cette Algue est donnée fraîche, telle qu'elle est ré- coltée sur la grève, et sans être préalablement lavée dans l’eau douce.

M. Rosexvixce m'a fourni, d'après M. Tuoroppses, quelques renseignements intéressants sur la nourriture | des animaux en Islande. Les Rhodymenia, Alaria, - - Chondrus, et plusieurs autres, y jouent un rôle considé-

rable dans l'alimentation des moutons et aussi des chevaux. Sur toute la côte islandaise, durant tout l'hiver, et même aussi çà et là en été, des milliers de moutons vaguent librement et se repaissent d'Algues marines ; en certaines localités, comme à Langarnes, on ne leur donne aucune autre nourriture ; ailleurs, ils reçoivent en outre

316 UTILISATION ALIMENTAIRE DES a: “MARI

un peu de foin; Res ils ape ne engraissent, et leur viande est de bonne qualité ; on dit cependant que 4 leurs agneaux ont des membres plus faibles que ceux de l'intérieur de l'ile. Les chevaux cherchent aussi Leur Le nourriture sur la côte, surtout pendant l'hiver, et pré-. . fèrent le L. saccharina dont ils choisissent la partie infé-. ‘ rieure {la plus jeune) de la lame. Les vaches ne vont pas 4 chercher elles-mêmes leur pâture à la côte ; on leur donne à l'étable du À. palmala et de l'A. esculenta, et leur lait j: n'en conserve aucun goût. En outre, depuis quelques 1) années, les Islandais Cent les Algues comme PRE , de pour cela, ils les trempent dans l’eau pour les laver et les ae du sable adhérent, les entassent s dans des fosses profondes où elles sont pressées sous une couche de madriers et de pierres ; ainsi comprimées, elles forment une masse ferme que l'on fend à coup de hache : : et que les animaux mangent en hiver avec grand appétit. + En certains endroits, les Alaria récoltés en automne sont séchés à l'air après ane à l'eau douce, pu:s conservés dans le fenil en couches alternant avec des couches de foin. L’équivalence nutritive entre ces Algues et le foin, encore mal connue, varie naturellement avec la qualité : et la digestibilité des différentes espèces de plantes et aussi avec les animaux. D'ailleurs, les moutons de a ©: <ôle islandaise, qui sont nourris d’Algues depuis de Fi nombreuses généralions, les digèrent bien plus facilement : | que les moutons de l’intérieur, habitués à manger uni- 4 jou de l'herbe ou du foin; cette remarque ne ik s'applique pas seulement aux Algues, car M. Rosexvincé me fait observer que les vaches landes de l'intérieur, accoutumées depuis des siècles à manger diverses espèces Ë de Carex, les De très bien, engraissent et ii é

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nissent du lait en abondance, tandis que les vaches danoises accepieraient difficilement cette nourriture. La # question d’accoutumance, et même d'accoutumance par - hérédité, joue donc un rôle important. On le voit bien » encore en Islande où parfois les chevaux consentent difficilement à manger de l’avoine.

J'ai dit plus haut, d’après Fosure, que certaines Lami- naïres servent, dans le Finmarck, à la nourriture du . bétail. D'après M. Ware, qui a fourni ces renseignements à M. Rosexvxce, les Norvégiens distribuent fréquemment des Algues marines dans les étables, après des avoir trempées dans l’eau douce et souvent bouillies ; ce sont de petites Laminaires, surtout l’Alaria esculenta (d’où son nom de Kutara, algue de vache), et l’Asco- phyllum nodosum {d'où son nom de Grisetanqg, algue de cochon). Actuellement, on tend à les utiliser davantage et 1l existe deux usines, en Norvège, l’une à Bergen, l'autre + à Trondhjem, où les Algues sont séchées puis broyées. - À dose convenable, elles ne donnent pas de mauvais - goût au lait et ne causent pas de diarrhée aux chevaux ; ; 1l faut prendre garde, toutefois, de ne pas les donner aux

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. animaux comme nourriture exclusive, les sels inclus, et - surtout les combinaisons iodées, pouvant devenir nui- - sibles. Cette réserve contredit ce que nous disions plus haut du bétail islandais et écossais ; peut-être est-ce une

- question d'accoutumance plus ou moins longue”. … D'ailleurs, le lecteur s’est rendu compte que les rensei- É.. 1M. Rosexvince m'’envoyait en même temps une brochure cù

- M. Isaacnsex expose l’état de la question en Norvège, mais mon . ignorance de la langue norvégienne m'a empêché d’en prendre con- - naissance, elle est intitulée : H. [ssacusen, 10 de berelning :1915-1 6} 2 fra foringsforsôkene ved norges landbrukshôiskole, Christiania, 1917.

318 UTILISATION ALIMENTAIRE DES ALGUES MARINES | Re E- Far FR

7% gnements que J'ai e sur LS divers pays où les &

tee sont utilisées présentent d'autres discordances.

“aps +3 SU'LARE

D'après A.-T. Cameron (loc. cit, part. EE, p. 2), ds > % rer et Simpsox ont établi (en 1915) que le tissu FR de. 4

la glande thyroïde de moutons des îles Orcades nourris dan l'hiver surtout d'Algues marines, contient des quantités d’iode variant de 0,418 2/, à 1,050 %/, selon les individus, ce qui, à leur avis, confirmerait l’idée émise par CamEroN « que les na boe en teneur d’iode de

la thyroïde sont attribuables à des différences de régime».

Les Algues marines étaient complètement ou presque.

complètement négligées en France pour l'alimentation

des animaux not te lorsque survint, pendant la

guerre, la pénurie d'avoine et de fourrages qui obligea :

de recourir à des succédanés variés. Par ses fonctions, l'intendant militaire Abrian (l'inventeur du casque de nos poilus et des baraques Adrian) s'en préoccupait plus que tout autre’. Îl a conté?, qu'en mai 1917, un chimiste industriel (P. GLoess) vint lui « proposer, pour l'imperméabilisation des étoffes, un produit retiré des

mn »

Algues marines de la classe des Laminaires préalablement

débarrassées de leurs sels par un traitement approprié » ;

1 Je n’ignore pas les arlicles publiés par Orrviero, RenauL», etc. dons la Revue de pathologie comparée et pour lesquels cette Revue a réclamé le bénéfice de la priorité de l’utilisation des Algues marines, mais je crois vraiment inutile de les citer. On y lit, par exemple,

(ne 137, p. 259) que la brochure de Desmormes, que j'ai brièvement .

analysée (Cf. p. 21), est « un très brillant travail d’algologie »,

2 Apnian — Sur l’emploi de certaines Alques marines pour l'alunen-

talion des chevaux, vue rendus de l’Académie des ie sed 4 CLXVI, Paris, r918

ce produit était l’algine ou l’alginate de sodium dont nous avons vu les Leo et de ee au cha-

D celle des avoines de Brie, Re par Bazcan», et pensa à les utiliser pour remplacer l’avoine. Cette conclusion un peu hâtive prouve combien Aprrax | s'exagérait la signification des analyses chimiques des végétaux ; on dois néanmoins lui en savoir gré, car son idée fut le point de départ d'expériences dont les pourraient avoir un intérêt pratique.

__ Aussitôt, des ZL. /lexicaulis (mélangés à quelques L. Cloustonit) expédiés secs de Bretagne, furent traités au Muséum, dans une dépendance du service de Lapicque, sous la direction de P. GLosss : on les déminéralisait dans - J’eau acidulée par HCI, procédé recommandé jadis par …. Sraxronp ; on séchait après rinçage à l’eau douce. Dès - le mois de juin suivant, Apriax s'en servit pour des ; ‘expériences. Trois chevaux de réforme, en mauvais état et atteints de lÿmphangisme, furent soumis au régime ordinaire, avoine, foin, paille ; trois autres chevaux dans le même état reçurent progressivement de l’Algue en rem-. placement d’avoine ; après 24 jours, «on constata que, dans leur ensemble, les chevaux nourris à l’Algue alimentaire avaient augmenté de 6 °/, de leur poids, que leur __ état général s'était sensiblement amélioré et que le lym- phangisme avait disparu. Cette affection persistait, par contre, chez les animaux du premier lot ». Ce résultat encourageant ne prouvait en somme rien au point de vue- même de l'alimentation, sinon que les Algues étaient inoffensives ; la déminéralisation n étant que partielle, les sels restant avaient guéri le lymphangisme ; l'’augmenta-

“320 UTILISATION ALIMENTAIRE DES ALGUES ee

que 0,750 d’Algue alimentaire équivalent à r kilo-

n'ait pas donné plus de renseignements sur chacun d'eux :

avec un minimum et un maximum ? en supposant que

tion de poids pouvait être une conséquence de leur action

thérapeutique. sÉRRE mi

Aprran effectua une nouvelle série Fespésonhe sûr: à des chevaux sains : « À la date du 8 août, deux lots de 20 chevaux furent Fe au 1‘ cuirassier, au Quar- 4 tier Dupleix, dans le même escadron ; 20 chevaux ont été soumis au régime normal, les 20 autres ont reçu 5 kilogramme d’? And alimentaire en remplacement de 1 kilogramme d'avoine... L'expérience a duré deux mois, et, à 1 a pesée du 8 Fabre: on constata que les chevaux nourris à l’Algue alimentaire avaient gagné individuellement É

13 kilogrammes en deux mois, tandis que les chevaux té moins n'avaient gagné que 2 kilogrammes à peine. La première expérience se lrouvait EU pleinement con- : : firmée. À la suite de ces essais, disait l’auteur, j'estime

gramme ve mais c'est un point qu'il conviendra

d'éclaircir ».

Portant sur un tel nombre de chevaux, cette expérience était fort intéressante. On regretlera toutefois qu'Aprrax

les 20 chevaux avaient-ils également accepté la Laminaire ? mangeaient-1ils tous du même appétit et en tota= * lité cette nourriture si nouvelle pour eux ? la digéraient-ils tous avec une égale facilité? l'augmentation moyenne de 13 kilogrammes comportait-elle des écarts forts ou faibles

nd { DATE | TNA VAPONA PU 15 0

1à kilogrammes fut une moyenne avec de très faibles écarts, cette augmentation de poids dénotait donc une assimilation parfaite du 1/5 ou du 1/4 du poids de l Algue e ingurgitée, ce qui parait énorme. ne

La Direction des Inventions chargea LaricquEe de pour-

re l étude physiologique de la quéstion ‘. Il s’est servi . de ce qui restait des Laminaires préparées pour Abri, . puis d’autres lavées soit dans l’eau acidulée par Pie sulfurique, soit dans l’eau de chaux, la chaux ou l'acide . ayant le même effet d'empêcher le passage du mucilage no l’eau de lavage. | | Les Algues, ingérées par des chevaux militaires de ré- - forme, semblérent tout d’abord indigestibles ; LaPICQUE =. les retrouvait dans le croltin, mais « à parlir du jour sui- vantelles perdirent peu à peu leur consistance, se rédui- … sirent à de vagues grumeaux mucilagineux et disparurent -. totalement dans le crottin correspondant au 6° jour du - régime ». « Sur des chevaux au repos (1 heure de pro- . menade haut le pied), réglés à l'entretien strict, dit La- - PIcQuE, on peut remplacer la lotalité de l’avoine par des - Algues. Avec un travail léger, 2 heures de traction de . tombereau sur route payée, l'équilibre nutritf a été obtenu - avec 1.500 grammes d’Algues et 500 grammes d'avoine * (outre foin et paille) ; il ne l'a plus été en remplaçant D ur par son poids de marc de pommes ».

à Les expériences ont porté sur deux espèces d’Algues, + L. flexicaulis et F. serratus ; avec celui-ci, l’auteur a eu … « des accidents », dit-il, sans rien spécifier sur leur na- - ture n1 sur leur cause probable. Finalement, il arrive « à cette conclusion que les Algues employées (L. flexicaulis . Javé à l’acide ou à la 5 sont pour le cheval diges- ‘tibles et nutritives, mais qu elles doivent être ne

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1L. Lapicque. — Emploi des Alques marines pour l'alimentation des

chevaux, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. CLXVIT,

Paris, 1918 ; sous le même titre, l’auteur a publié une Note un peu

plus étendue dans le Bulletin du Muséum, t. XXIV, n° 7, Paris, Ét- 1918.

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