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Les ponts du Mont-Blanc et des Bergues

:i. La machine hydraulique de la Ville de Genève et ses annexes ; 4. La digue fixe de St-Jean-Coulouvrenière ;

a) Môles du Port

Ces môles ont été construits dans les années 1855 à 1860; celui des Pàquis mesure 320 m., celui des Eaux- Vives, 2()0 m. Le débouché libre qu'ils laissent entre eux a une longueur de 230 m. Ce pertuis est, il est vrai, oblique par rapport au courant général de l'eau, mais sa projection sur une perpendiculaire à la direction de ce courant, dépasse encore notablement la longueur du pont de la Machine. De plus, il existe à environ 50 mètres de chaque rive, une petite ouverture soit « golairon», qui est ménagée dans le môle et qui mesure 4"50.

Si les môles exercent une action sur le niveau du lac, cette action doit nécessairement se traduire et se mesurer par une dénivellation de la surface de Teau entre leur amont et leur avaF.

C'est seulement à une époque toute récente et postérieurement aux études faites par MM. Pestalozzi et Legler en vue de leur rapport, qu'on a pu recueillir des données sur ce sujet*. M. Philippe Plantamour a établi dans sa propriété, à Sécheron, un limnimètre enregistreur, dont le zéro, placé exactement à 3 mètres au-dessous du repère du Niton, se trouve par cela même raccordé avec le zéro du limnimètre du Jardin Anglais. Les observations simultanées de ces deux limnimètres, pendant de longues séries de jours, ont permis de constater avec une entière certitude qu'il existe entre la surface vers Tun et la surface de l'eau vers l'autre, une drfférence de niveau qui ne dépassait jamais UO milimètres en hautes eaux, et qui en basses eaux, se réduit à

20 millimètres, et souvent même à moins. Depuis les travaux de régularisation du lac, l'augmentation de débit qui en est résultée a porté à 120 millimètres la différence de niveau entre rintérieur et Vextérieur du port.

Les points entre lesquels existe cette différence de niveau, sont situés à 1500 m. l'un de l'autre. Aussi on ne peut admettre qu'elle se localise exclusivement aux abords des mâles et qu'elle soit en entier imputable à ceux-ci. En particulier, il est très probable que dès le Banc de Travers, qui passe entre Sécheron et les môles, l'écoulement de Teau ne peut se faire, vu le peu de profondeur qui règne au-dessus, sans une pente superficielle appréciable : cette pente existerait indépenJamment des môles et ferait nécessairement partie intégrante de la dénivellation dont il vient d'être parlé.

Ainsi, l'action des môles sur le niveau du lac se réduit à une portion encore inconnue à l'heure qu'il est, d'une dénivellation qui, elle-même, ne dépassait jamais 90 milimètres.

C'est ici le lieu de réfuter une opinion très accréditée, d'après laquelle le Petit Lac offrirait une pente sensible. Il n'en est absolument rien. Les lectures des divers limnimèlres du Léman, dont les zéros ont été raccordés avec celui de Genève, lors du nivellement de précision de la Suisse, ont démontré qu'au delà de Sécheron la nappe du lac est parfaitement de niveau. Son horizontalité n'est troublée que par l'action accidentelle du vent et des seiches. M. Forel a constaté que sur 144) jours compris entre juin et novembre 1877, il y a eu 72 jours pendant lesquels la pente était dirigée de Genève à Morges, 05 pendant lesquels elle était dirigée de Morges à Genève et 1) pendant lesquels elle était nulle ; la moyenne de ces 140 valeurs était de 2 millimètres dans le dernier sens.

b) Ponts du Mont-Blanc et des Bergues

Ces deux ponts doivent comme tous les ponts, produire un remous, c'est-à-dire une dénivellation de la surface de l'eau entœ leur amont et leur aval. Mais Ce remous est une quantité minime et du môme ordre de grandeur que l'effet produit par les môles.

c) Machine hydraulique de la Ville de Genève

Cette machine hydraulique avait toujours été considérée, par ceux qui voulaient rendre l'Etat de Genève responsable des hautes eaux du lac, comme la principale cause de leur élévation.

Les culées et les piles qui supportent le bàtimBut de la michine, et les moteurs hydrauliques placés dans leurs intervalles, constituaient bien, si l'on veut, des obstacles à l'écoulement de l'eau ; mais ces ob.stacles, qui n'étaient d'ailleurs qu'en partie fixes, puisque les aubes des moteurs se dérobaient sous l'impulsion de Teau. étaient faibles^ eu égard à la grande largeur du Rhône à cet eniroit. Leur importance effective est encore diminuée du fait qu'ils sont masqués par l'Ile située immédiatement en aval. Si Tlle avait été prolongée juste assez pour englober l'espace occupé par le bâtiment de la Machine, nul ne se fût avisé d'y voir la création d'un obstacle capable de relever le niveau du lac Or, ce qui était ajouté par le bâtiment à l'obstacle naturel formé par l'Ile, était évidemment d'un effet encore moindre que ce prolongement supposé.

Pour ce qui était du barrage lui-même, il se composait d'une partie fixe et d'une partie mobile.

La partie fixe se composait, non d'une maçonnerie compacte, comme on l'avait prétendu à tort, mais d'un simple enrochement, qui était bien loin d'être imperméable et sur lequel reposait une semelle horizontale, fixée aux palées du pont. C'est entre le bâtiment de la machine et la

rive droite que la semelle avait le niveau le plus élevé, et encore elle ne s'élevait pas au-dessus du niveau moyen du fond du Rhône^ mesuré immédiatement en amont du pont. Du côté de la petite Fusterie, la semelle était située encore plus bas que de l'autre côté et se trouvait en contre-bas des parties les plus saillantes du banc de Travers. Enfin, entre le bord gauche de la Machine et le barrage longitudinal qui se dirigeait vers l'immeuble Séchehaye, le seuil fixe faisait entièrement défaut sur une longueur de 28 mètres.

La partie mobile du barrage se composait de poutrelles horizontales, qu'on élagait par dessus la semelle fixe et qui s'appuyaient sur les palées du pont.

Pendant la période des basses eaux, et pendant cette période seulement, la partie mobile du barrage était mise en place, et alors elle exerçait une action incontestable sur le niveau des eaux du lac et contribuait à rendre les basses eaux moins basses qu'elles ne l'eussent été en son absence; la pente superficielle qui régnait entre le port et les abords du barrage était peu accentuée. Il est bon de faire remarquer que cet efl'et de surélévation était utile et désirable en lui-même. Si on avait laissé, dans la saison froide où le lac est très peu alimenté, son niveau s'abaisser autant que l'absence du barrage l'eût permis^ la profondeur eût fait complètement défaut dans le port de Genève et dans plusieurs autres ports du Léman, et la navigation des barques serait devenue impossible, au grand préjudice du commerce et de l'industrie de toute la contrée.

L'effet de retenue produit par le barrage était très limité par le fait de la perméabilité de l'enrochement sur lequel il reposait et du peu d'élanchéité qu'ofl'rait l'agencement des poutrelles. Ce qui le montrait clairement, c'est que le lac continuait à baisser après que les poutrelles du barrage avaient été mises en place (on l'a notamment constaté après la fermeture de l'automne 1879) et continuait à s'élever au printemps après qu'elles avaient été enlevées.

A répoque des hautes eaux, les poutrelles qui formaient la partie mobile étaient complètement enlevées, et il s'établissait entre le port et les abords amont du pont de la Machine une pente superficielle très notable qui atteignait 27 centimètres. Le régime fluvial était alors très accentué déjà bien en amont du barrage, et celui-ci était loin de pouvoir exercer sur le niveau du lac la même influence que s'il avait été placé à l'origine même de l'émissaire.

Par le fait de l'enlèvement des poutrelles, le barrage se trouvait d'ailleurs réduit aux palées de bois qui supportaient le pont.

L'effet produit par les palées se réduisait à un simple remous du pont. Quant à la portion fixe du barrage, elle ne constituait qu'une digue noyée d'une très faible saillie.

d) Digues de Saint-Jean et de la Coulouvrenière

Les digues concédées à diverses époques aux usiniers des deux rives avaient été successirvement corrigées et améliorées, et enfin complétées par la digue, dite digue centrale, concédée au syndicat des usiniers en date du 25 juin 1873. Cette dernière avait été exécutée dans les premiers mois de 1874, en même temps que la digue des moulins de François David qui faisait corps avec elle et qui avait été concédée à une époque un peu antérieure.

Ces ouvrages, placés très en aval dans le cours du fleuve, ne pouvaient exercer aucune action sur le niveau du lac.

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