‹ Utilisation des forces motrices du Rhône: et régularisation du Lac LémanChapitre 21 sur 126 · SECONDE PÉRIODE · texte numérisé non relu

SECONDE PÉRIODE

Vol orne des eaux

motrices parscco«de ^i^eau d-amonl Niff.» d'.Tal Force «oince brûle

en moires cubes coies.ousPN cotes sous PN C*-'» Kgm. Chev.

Basses eaux... 120 2^(K) 5%70 3»,7() 444000 5^)20

Hautes eaux... 267 l'«,70 3»,38 i^,m 448000 5970

Le radier du canal d'amenée sera à la cote 5%26 au-dessous du repère de la pierre du Niton, le radier du canal de fuite à la cote 8™,67 sous ce repère. Le repère de la pierre du Niton, qui sert de point de départ au nivellement de la Suisse, est à la cote 376°',64 au-dessus de la mer. On le désigne en abrégé par les lettres PN.

Art. 8. — L'entreprise comprendra : Consisunce de rentra-

is» La fourniture, le transport et la pose ; P""'

a) Des moteurs hydrauliques;

c) Des vannages ;

b) Des transmissions ;

d) La fourniture des clefs, burettes, tarauds, graisseurs et autres objets nécessaires à l'entretien quotidien des machines.

Art. 0. — Les ouvrages se diviseront en trois catégories : Division des oavrt^[e«

,..,,. en groupes au point

La première comprendra les moteurs. de vue du prix.

La deuxième, toutes les transmissions de mouvement en dehors des bâtiments.

La troisième, les vannages du déversoir.

A chaque catégorie se rattachent les outils et autres objets prévus à l'article ci-dessus, lettre d, qui lui sont nécessaires.

Les coussinets des transmissions doivent être, munis de graisseurs, tels que l'on ne soit pas obligé de renouveler le graissage plus d'une fois en vingtquatre heures.

Les volants de transmission doivent être en deux parties, de manière à pouvoir être démontés sans changer l'arbre de place.

Art. '10. — Les concurrents devront présenter pour le bâtiment des tur- Mans et devis à étudier bines et pour les transmissions :

i^ Des plans, coupes et élévations des appareils, soigneusement cotés et suffisamment développés pour permettre une appréciation exacte du système qu'ils proposent ;

'2^ Un devis indiquant le poids approximatif des diverses pièces, ainsi que le prix du forfait des deux premières catégories d'ouvrages et ceux du kilogramme des transmissions de la troisième catégorie ;

3^ Un mémoire explicatif justifiant les dispositions et dimensions proposées;

4^ L'indication des constructions du même genre déjà exécutées.

Les dessins comprendront, indépendamment des dispositions des machines, celles des fondations et des bâtiments, bien que ces ouvrages ne fassent pas

Dëp^t des projets et soumissions.

Examen des projets par un jury.

partie de l'entreprise et (pie l'Administration se réserve la faculté de les faire à son gré après s'ètie concert-'^e avec Tadjudicataire des moteurs.

Art. 11. — Les concurrents déposeront au plus lard le 15 mai 1883, avant midi, au bureau du C(^nseil administratif:

1^ Un pli cacheté renfermant une soumission conforme au modèle qui leur sera remis, et indiquant le rendement garanti sur r«nbre des turbines et qui ne devra pas être inférieur h soixante-dix pour cent;

2** Un second pli cacheté renfermant les plans, coupes, élévations, devis et mémoire spécifiés à l'article ci-dessus :

Art. i± — Une commission nommée par le Conseil administratif examinera ensuite les projets des constructeurs, et les transmettra avec ses propositions au Conseil administratif.

L'Administration, ayant à mettre en balance le rendement garanti par les constructeurs, les dépenses que comporteront leurs projets, tant pour les machines que pour les bâtiments les avantages offerts p;ir ces projets, au point de vue de Tentretien, etc., ne sera liée dans son choix, ni par les conditions de prix, ni par aucune autre circonstance.

Un premier prix de 2,500 francs, un deuxième de 1,500 francs et un troisième de 1,000 francs seront décernés aux auteurs des projets jugés les meilleurs par le Conseil administratif.

Les plans et devis couronnés deviendront la propriété de la Ville de Genève qui fera exécuter le travail, mais en restant libre de modifier les dispositions des projets, ou de choisir dans chacun d'eux ce qu'elle jugera à propos d'y recueillir.

Les concurrents évincés ne pourront exercer aucun recours contre sa décision, ni réclamer aucune indemnité à quelque titre que ce soit.

Adjudication

Délai d'exécution.

Pénalités en cas de retard.

Dans le cas où le Conseil administratif se déciderait à adjuger de suite à l'un des concurrents tout ou partie des travaux, celui-ci devra ligner un cahier des charges dont les principales dispositions sont consignées ci-dessous.

Art. m — Quatre mois après l'adjudication, les vannes de décharge de\Tont être prêtes à poser.

Le tiers des moteurs et des transmissions devront être posés et en état de fonctionner trois mois après le moment où les bâtiments auront été mis à la disposition de l'adjudicataire, pourvu que ce moment ait lieu au moins six mois après l'adjudication.

Les deux autres tiers des installations devront être livrés, fonctionnant dans des délais de quatre et six mois après la livraison du premier tiers, si l'entrepreneur a reçu avant cette époque l'ordre de commencer les travaux.

Art. 14. — Dans aucun cas, les travaux ne seront interrompus, et, dans celui d'une contestation, la marche n'en sera pas ralentie.

En cas de retard, il subira pour chaque tiers qui n'aura pas été terminé en temps utile une retenue progressive fixée à 25 francs par jour poUr chacun

des quinze premiers jours de retard ; HO francs pour chacun des jours suivants, et ainsi de suite, en doublant le taux de la retenue pour toute nouvelle période de quinze jours, sans préjudice des mesures de régie ou autres qui pourraient être prises contre lui.

11 est entendu toutefois que s'il se produisait par le fait dés constructeurs un retard de moins de trois mois dans la mise en marche des machines, la seule pénalité prévue ci-dessus sera appliquée. Passé ce délai, le constructeur sera passible de dommages-intérêts.

Art. 15. — Tdus les ouvrages seront loyalement exécutés dans toutes Eiécuiionëesowwges. leurs parties et composés des matériaux de la meilleure qualité.

Le poids des pièces constituant les ouvrages de la première catégorie ne devra pas être inférieur de plus d'un vingtième au poids prévu dans le projet, faute de quoi elles pourront être refusées ; dans le cas où elles seraient acceptées, Tentrepreneur subirait une retenue calculée, pour chacune des pièces d'un poids ti'op faible, en multipliant le montant du forfait par le rapport entre la différence de leur pnids prévu et de leur poids réel d'une part, et le poids total porté riu devis descriptif d'autre part.

Le poids des pièces de la deuxième ( t troisième catégorie ne pourra différer de plus d'un dixième pour chacune d'elles, ni île plus d'un vingtièn>e sur l'ensemble ilu poils prévu, faute de quoi l'Administration sera libre de les refuser. Elles n^. seront, en tout cas, payées que pour leur poids pré\u si elles les dépassent, et pour leur poids réel si elles sont inférieures au poids prévu.

Art. 10. — Lorsque l'entrepreneur aura terminé les travaux d'un groupe, soit d'un tiers, l'ingénieur de la Ville procédera à leur réception provisoire, qui ne sera prononcée (jue si les ouvrages sont bien et loyalement exécutés, et s'ils satisfont aux conditions de rendement souscrites par le constructeur, ou si la différence entre le rendement réel et le rendement garanti ne dépasse pas le.s limites fixées à l'article l\l

Art. 17. — Le rendement sera constaté ainsi qu'il suit par trois expert?, dont un nommé par chacune des parties, et ceux-ci nommant le troisième ; en cas de désaccord, ce dernier sera nommé par le président du Tribunal civil.

Les essais seront faits en présence des délégués des parties, ou celles-ci dûment appelées.

I^ hauteur de chute devra être comprise à l'époque de ces expériences entre 2 mètres et A mètres ; il devra être fait au moins deux essais et au plus trois, comme il est dit ci-dessus, à différentes chutes. Le résultat définitif adopté sera la moyenne entre les expériences.

Le détail des expériences sera réglé souverainement par les experts. On fera fonctionner les machines dans leurs conditions normales, .et l'on constatera :

1° Au moyen du frein, le travail disponible sur l'arbre des moteurs ;

2^ La dépense de l'eau motrice en jaugeant le volume débité par le moteur au moyen du moulinet Wollmann ;

3^ La chute motrice, par un nivellement de l'eau dans le canal d'amenée à 75 mètres en amont de l'axe de la turbine, et dans le canal de fuite à 20" au delà de l'extrémité aval de l'aqueduc de fuite.

Réception provisoire

Gonstattofl du rendément.

La décision des experts sera prise à la majorité des voix. Délai de garantie. Art. 18. — Le délai de garantie sera de deux ans à partir de la réception

provisoire.

Pondant ce temps l'entrepreneur sera entièrement responsable du bon fonctionnement des machines, et devra remplacer à ses frais toute pièce défectueuse, soit par viqe de construction ou de pose, soit par mauvaise qualité de matière, soit par insuffisance dans les dimensions. Pénalité en eaa d'inauf- Art. 19. — Si, dans les limites de dépense d'eau motrice et de chute

nce eren ement. g^jp^j^^g g^^ présent cahier des charges, le rendement était inférieur au chiffre garanti par l'adjudicataire, sans être moindre que 62 7o> l'entrepreneur subirait, pour chaque force de 200 chevaux pour laquelle cette insuffisance serait constatée, une retenue progressive fixée à 1000 francs pour chacuo des cinq premiers centièmes en moins ; 2000 francs pour chacun des cinq centièmes suivants. Réciproquement, dans le cas où le résultat promis serait dépassé, les constructeurs recevront une prime progressive égale à la retenue indiquée ci-dessus.

Dans le cas où le rendement serait inférieur à ()2 %' TAdministralion pourrait refuser les machines.

Dans ce cas, l'entrepreneur devrait les enlever à ses frais dans le lélai qui lui serait fixé, après avoir restitué à la Ville tous les acomptes qu'il aurait reçus.

L'Administration aurait du reste la faculté de conserver les machines eu location pendant un délai d'une année à partir de la fin des essais, en payant au constructeur une redevance calculée au prorata de la durée de la location et à raison de dix pour cent du montant de la soumission pendant un an ; l'entrepreneur ne devra du reste enlever les machines que successivement, de façon à permettre leur remplacement sans que l'usine subisse de chômage. « Atlas des dessins d'exé- Art. 20. — Dans uu délai de deux mois, après l'approbation de lasoumis-

^"^®"" sion, Tentrepreneur devra fournir l'atlas complet des dessins d'ensemble et de

détail de toutes les parties des turbines, transmissions et vannages, sous peine, par chaque jour de retard, d'une retenue de 10 francs qui sera opérée sur le premier paiement.

Après l'achèvement des travaux cet atlas, sera rectifié s'il y a lieu. Modifications au projet. Art. 21. — L'entrepreneur ne pourra apporter, en cours d'exécution,

aucune modification aux dispositions du projet accepté, à la forme et au poids des principales pièces, à la nature des matériau.x employés, etc., sans en informer l'Administration et sans en avoir obtenu l'autorisation écrite.

Cette autorisation laissera d'ailleurs intacte sa responsabilité au point de vue du bon fonctionnement et du rendement des machines. Mode de paiement. Art. 22. — Le payement s'effectuera comme suit :

Des acomptes pourront être déhvrés à l'entrepreneur pour chaque groupe» ^ jusqu'à concurrence des chiffres ci-après :

Trois dixièmes lorsqu'il justifiera de l'achèvement dans ses ateliers des principales pièces des appareils;

Trois dixièmes après l'arrivée complète des pièces de chaque groupe;

Deux dixièmes après la réception provisoire.

Les deux derniers dixièmes seront payés à l'expiration de la première et de la seconde année de garantie.

Art. "Zl — Il ne sera alloué à Tadjudicataire aucune indemnité à raison de Responsabilités, pertes, avaries ou dommages occasionnés par accident, négligence, imprévoyance, inexér^ution d'ordres de service, défauts de moyens, fausses manœuvres, mesures* inexactes. 11 restera toutefois dans le droit commun à Tégard des autres entrepreneurs.

Art. 24. — L'adjudicataire désignera, pour le représenter à Genève, un Election de domici»e fondé de pouvoirs, chez lequel il élira domicile ; ce domicile est attributif de juridiction.

Art. tîT). — Le traité d'adjudication ne sera soumis à aucun frais de timbre, Frais d'acte, enregistrement ou autres à la chai ge de l'adjudicataire.

Les résultats du concours et les conclusiocs du jury

Cinq maisons furent appelées à concourir :

C'étaient MM. Feray, d'Essonne.

» » J. Turnbull, de Glascow.

» t> J.-J. Rieter et C^ de Winterthur.

» » Th. Bell et C**, de Kriens près Lucerne.

n » Escher, Wyss et C°, de Zurich.

Toutes concoururent, sauf la maison Feray, d'Essonne. La maison Escher-Wyss présenta deux projets.

Les projets furent renvoyés par le Conseil administratif à l'examen d'un jury composé de MM. G. Bridel, directeur du Jura-Berne-Lu cerne.

E. Meunier, ingénieur civil, de Paris.

G. Weith, professeur au Polytechnicum.

Le jury, dans son rapport du 26 mai 18811, après avoir comparé les divers projets entre eux concluait comme suit:

« En résumé, les projets de MM. Escher, Wyss et C°, quoique ne réalisant pas complètement « les meilleures conditions, quand on les prend séparément, peuvent fournir, à eux deux, une « solution satisfaisante du problème posé par la Ville, et nous estimons qu'ils doivent être placés, € en première ligne dans le résultat du concours.

€ Nous proposons donc de distribuer ainsi les trois prix dont il est question à Tart 12 du « programme:

t l^^ Prix, MM. Escher, Wyss et C^

a ti™** » i> Th. Bell et C".

« :{«»« » » J.-J. Rieter et C«. »

Le jury faisait suivre son rapport de la note suivante où, sur le désir qui lui en avait été exprimé par M. Turrettini, il indiquait la solution qui lui paraissait résulter de l'étude à laquelle il s'était livré :

a De Texamen des projets, il résalte surtout que le problème essentiel à résoudre consiste à établir, de la manière la plus rationnelle possible, les machines à élever l'eau. En effet, la distribution de force motrice par câble télo-dynamique se bornera très probablement à une faible force, à laquelle une seule turbine suffira, d'ici longtemps du moins.

« Quant à l'éclairage électrique, il n'est guère probable qu'on ait à l'utiliser aux environs de l'usine nouvelle. C'est plutôt au centre de la ville que le besoin s'en fera sentir, et là, le moyen le plus rationnel d'alimentation des appareils d'éclairage serait d'avoir, à proximité de ceux-ci, des machines électriques qu'on devra nécessairement actionner par des turbines fonctionnant sous la pression de la distribution d'eau.

« Par conséquent, le service de l'éclairage électrique est tout d'abord un service de distribution d'eau.

« Ainsi, il nous paraît bien établi que l'usine des forces du Rhône doit être une usine à élever les eaux.

«Dans ces conditions, voici quelles seraient, selon nous, les lignes principales du projet à mettre en adjudication :

« 1** Envisager de préférence le service des eaux à haute pression (1(X>°^), qui est beaucoup plus économique que celui actuel (50™), du moment où il s!agit de distribuer l'eau comme force motrice. Turbines. « 2^ Adopter des turbines de 210 chevaux de préférence à 140 chevaux

puisque le moins grand nombre de ces appareils doit donner une économie de prix d'établissement, et aussi d'entretien, et que, d'autre part, la force de 210 chevaux appliquée à des pompes n'a rien d'exagéré, ces dernières n'ayant d'ailleurs que des dimensions 1res ordinaires, surtout si l'on envisage le service à KK)"" de pression.

« Les turbines de 210 chevaux auront chacune leur chambre d'eau, ce qui est un avantage au point de vue de la facilité de visite et de réparation Nous ne pensons pas que 20 chambres pour turbines de 210 chevaux coûtent plus cher que 45 chambres pour 30 turbines de 140 chevaux, attendu que leur longueur sera moindre, et que la section de débouché sous les turbines doit, au total, être la même dans les deux cas.

a Chacune des turbines de 210 chevaux devant débiter, sous 1™,680 de chute, un volume de 13,»T>0 litres, qui est un maximum, il conviendrait de donner aux chambres d'eau une largeur de 5^,50 à 6™, et une profondeur d'eau de 2™50 sous le plan inférieur de la couronne mobile. La vitesse d'évacuation de l'eau serait ainsi de 0'",97 à 0™,89, et la perte de chute correspondante 0'n,050 à 0^,045. n Nous pensons que la largeur de 5°^,50 pourrait êlre admise à la rigueur, en sorte que Técartement d'axe en axe de deux turbines consécutives serait 7"* au moins, si l'on suppose les piles séparatives de 1"™,5(X) d'épaisseur.

« Cet écartement de 7"™ est d'ailleurs celui prévu par MM. Escher, Wyss et C^ dans leur projet jB, en sorte que la longueur totale du bâtiment serait, pour 20 turbines, de 140™ en nombre rond.

« Quant à la largeur, les turbines en demandent peu, et ce sont les pompes qui fixeront celle qui convient de donner.

« Si, comme nous le pensons, on pouvait adopter une turbine à deux couronnes, Vannage des turbines au lieu de trois, ce serait plus simple au point de vue du vannage. II y aurait lieu de déterminer la largeur à donner à chacune de ces couronnes, de manière à ce que la couronne extérieure puisse sufOre à elle seule en eaux ordinaires, sauf à n'ôlre ouverte qu'en partie pendant les basses eaux.

« Ceci indique que cette couronne extérieure devrait être munie d'un vannage partiel, ce que nous avons d'ailleurs trouvé dans l'un des projets de MM. Bell. La couronne intérieure serait fermée par une cloche circulaire, comme celle des turbines de Zurich.

« Les mouvements de ces vannages seraient mus à la main et placés dans un sous'sol, qui existerait entre les plus hautes eaux d'amont et le rez-dechaussée des pompes, comme dans les projets de MM. Rie ter et MM. Bell.

« Ce sous-sol nous sera d'ailleurs utile pour livrer passage à certains tuyaux des pompes.

« Les vannes de garde, au nombre de deux par turbine, auraient, au plus, 3^ de largeur chacune ; elles seraient commandées par une petite turbine à haute chute (mais sans régulateur), laquelle suffirait pour la manœuvre des vannes de 5 ou 6 grandes turbines au plus. Il serait bon de se réserver la possibilité de faire jouer les dites vannes à la main ; on pourrait, pour diminuer leur hauteur, les faire fermer sur un sol exhaussé, comme dans le projet de MM. Escher, Wyss et C^ à condition que la section libre au-dessus de ce seuil soit telle, que la vitesse de l'eau n'y soit pas supérieure à 0'",6r>0 en aucun cas.

a II serait bon, en outre, d'arrondir et d'incliner ce seuil à l'amont et à l'aval.

« Les pompes à double effet et à piston plongeur, genre Girard, seraient groupées deux par deux sur les arbres verticaux des turbines et pincées, bien entendu, à angle droit, l'une par rapport à l'autre, comme sur les turbines Boy et Callon, de façon à obtenir 1h plus grande régularité possible. Nous pensons que les turbines, ou plutôt leurs couronnes mobiles, auront encore une puissance vive suffisante, même sous une vitesse inférieure à celle normale, pour assurer aux pompes un degré de régularité convenable.

a Toutefois, il serait bon de le vérifier par la formule suivante : K — ~~

dans laquelle K est le coefficient de régularité, qui ne doit pas être inférieur à 48 ou 20.

(L P est le poids de la couronne mobile à la jante.

a u est la vitesse circonférencielle de cette couronne mesurée à l'extrémité de son rayon de gyration, lequel est à déterminer par approximation, et doit être un peu plus grand que le rayon moyen de la dite couronne.

« T est l'excès du travail de la puissance sur la résistance, et réciproquement, et dont la valeur serait ici 0,0407 du travail en eau montée, correspondant à un tour des deux pompes. Il est superflu de dire qu'il n'y aurait pas d'engrenages interposés entre la turbine et ses deux pompes.

« Ce qui précède étant admis, la disposition des pompes dans le bâtiment devrait être celle du croquis ci-dessous (flg. 4), c'est-à-dire pompes en chevrons.

« Les sous-sol dont nous avons parlé plus haut recevraient les tuyaux d'aspi-

JI^ûûJÎJo J ,^^^^,tooJ.ôo

.7.oo- 7^0

ration aboutissant aux pompes qui se trouvent du côté de l'entrée, ainsi que le tuyau de refoulement T, venant du réservoir d'air.

« La conduite générale de refoulement traverserait les sous-sol, du côté de la rivière ; on pratiquerait à cet effet les baies nécessaires dans les piles séparatives des turbines.

a II nous paraît possible de donner au sous-sol la hauteur convenable pour y loger les mouvements de vannages et les tuyaux que nous venons de voir, attendu que l'axe des pompes pourrait, sans inconvénient au point de vue de l'aspiration, être placé à 5 mètres au-dessus des plus basses eaux d'amont.

«La vitesse des turbines de 210 chevaux étant fixée à 26 tours dans le projet B de MM. Escher, Wyss et C^, les pompes feraient également 26 tours par minute. C'est une allure convenable; nous la préférons à une allure plus rapide, toutes les fois qu'il n'y a pas action directe à proprement parler (comme aux pompes à vapeur de Genève), c'est-à-dir.3 toutes les fois qu'il y a interposition de bielle et de manivelle entre la puissance et la résistance.

« Si nous admettons pour ces pompes un rendement minimum en eau montée de 75 7o de la force fournie par la turbine, et si nous comptons sur la pression de 103"» prévue pour l'avenir, nous trouvons que le volume monté par seconde, et par groupe d'une turbine et de deux pompes sera : 210 chevaux X 75 kilog. X 0,75

118 litres;

qu'avec une course de 1", la vitesse moyenne du plongeur serait:

^= 0,866 et sa section ^S? X ^^ = 0,0715 60 ' 0,866 0,9j

ce qui correspond à un diamètre de 0™,302. Disors 0°»,305 et peut-être même 0«»,340 pour tenir compte de la lige.

€ Ainsi que nous le disons plus haut, les dimensions de ces pompes n'ont rien d'exagéré; on pourrait voir s'il n'y aurait pas une certaine économie à réaliser, dans le prix de ces pompes et dans la place qu'elles occupent, en diminuant un peu leur course et en augmentant leur diamètre en conséquence.

a Quoi qu'il en soit, nous pensons que du moment où le service, à haute pression (100 mètres) est adopté et doit se réaliser dans un avenir prochairiy il serait préférable d'établir de suite les pompes pour cette pression et le volume correspondant, sauf à les faire tourner plus vite, tant que durera le service à basse pression.

« En ce qui concerne les services accessoires, c'est-à-dire des machines Services accessoires électriques et transmissions télo-dynamique, il nous semble qu'ils pourraient être assurés par deux turbines de 105 à 110 chevaux chacune, placées dans une même chambre, laquelle aurait exactement la même largeur que pour une turbine de 210 chevaux. Il n'y aurait rien de changé à l'aspect extérieur du bâtiment, si toutefois il est assez large pour recevoir ces deux turbines et leurs transmissions, ce que nous croyons. En effet, le croquis N^ 2 de la page 185, échelle V200» indiquerait qu'une largeur de 15°* environ est nécessaire pour recevoir les pompes disposées en chevrons.

«En dehors de l'étude des machines et des dispositions présentées au Oraguages des canaux concours, nous croyons devoir ajouter quelques mots qui nous sont suggérés «Ramenée et de dépar l'examen général du projet.

a i^ Sur la plus grande partie du parcours du canal de gauche, faisant office de bief d'amont, ainsi que sur la partie correspondante du canal de droite, les draguages ont pour but de régulariser le plafond du canal plutôt que d'en augmenter la section : en général, les remblais prévus dépassent les déblais dans la plupart des proQls.

« Or, nous croyons dangereux de pousser les draguages aussi près des fondations des murs de quai que le fait le projet, et nous pensons qu'il serait bien préférable de pouvoir donner au lit un profil transversal curviligne de section équivalente au profil prévu; on y gagnerait soit comme débit, soit comme sécurité des fondations riveraines (voir fîg. 2).

n Mais l'exécution d'un pareil profil au moyen de draguages n'est guère réalisable: les dragues flottantes travaillent en papillonnant, c'est-à-dire en déblayant un profil en travers entier, avant que de se déplacer dans le sens longitudinal.

« Afin de concilier la sécurité des fondations avec les exigences d'un draguage industriel, nous sommes d'avis qu'il y a lieu, avant tout, de créer un lit mineur, de 25°» environ de large (voir flg. 3), assez profond pour procurer largement la section voulue et tracé suivant un axe bien régulier, et de ne pousser les draguages vers les pieds des murs que sur les points où des saillies anormales du profil nuisent d'une manière bien marquée à la régularité du lit.

« Nous ne pensons d'ailleurs pas que les remblais de glaise délayée par le

draguage puissent réussir dans les afTouillements existants; pour résister, il

faudrait des graviers assez volumineux.

Digue séparative. a 2^ Une évaluation sommaire du coût de la digue à établir entre les deux

bras en aval des vannages de décharge nous a donné le sous-détail suivant par

mètre courant.

« Deux cours de palplanches écartés de 2™ pour encaisser le noyau en béton

de la digue. 18°** à Fr. 13, compris le battage Fr. 234 —

Draguage dans l'intérieur, 3™' à Fr. 3 j> 9 —

12*»' de béton, à Fr. 20 . . " b 240 —

Remblai en gravier, 38"»' à Fr. 2 , 76 —

48™* de perré, à Fr. 10 , 180 —

A valoir » 41 —

Total . . . Fr. 780 — « Disons Fr. 800, soit pour 350 mètres = Fr. 280,000. a Les fondations du bâtiment Escher, Wyss et C** (projet il) qui remplacerait, sur 100", cette digue, coûteraient Fr. 270,000, tandis que la digue reviendrait à Fr. 80,000, d'après l'estimation ci-dessus; diflférence = Fr. 190,000.

c Si l'on disposait de bons remblais pour l'exécution de cette digue, elle coulerait par mètre :

52"',50 remblai, à Fr. 3 Fr. 157 50

1»°* perré, à Fr. 10 . . . . • i> 180 —

A valoir » 32 50

Total . . . Fr, 370 — Soit pour 350" Fr. i29,500.

« Le devis porte Fr. 180,000 pour la digue en question.

c Genève, le 26 mai 1883.

« G. BRroEL.

a E. MEUNIER.

a G. VEITH »

eo

Ce fut sur la base de cet intéressant rapport du jury, que le Conseil adoiinistratif, ratifiant ses conclusions, demanda à la maison Escher, Wyss et C°, un nouveau projet de pompes et turbines avec pompes en chevrons accouplées directement sur Tarbre des turbines. Cette nouvelle étude fut fournie le 6 août 1883 par la maison Escher, Wyss et C° et fut le dispositif adopté pour l'installation définitive.

Bestitution de force aux usines existantes utilisant le cours du Bhône

En outre, comme l'article 5 de la loi du 30 septembre 1882, qui accordait à la Ville de Genève la concession de la force motrice du Rhône, stipulait que la Ville devrait restituer aux riverains du Rhône, au fur et à mesure des besoins et sans aggravation de charges pour eux, la force hydraulique moyenne dont ils disposaient, le Conseil administratif s'entendit avec les intéressés pour faire procéder aux évaluations de nature technique destinées à déterminer la force à la restitution de laquelle ils avaient droit.

Il fut convenu que les eslimalions seraient faites par trois experts, dont deux désignés par les parties et le troisième par les précédents.

Chaque moteur devait être l'objet de quatre estimations espacées de trois mois en trois mois, de façon à permettre l'évaluation dans les divers régimes du fleuve. Les experts seraient en outre chargés d'évaluer les frais annuels d'entretien de chaque moteur.

Le Conseil administratif désigna comme expert pour la Ville, M. l'ingénieur Veyrassat, les usiniers, M. l'ingénieur Achard, et les deux experts des parties choisirent comme troisième expert, M. Séchehaye-CoUomb.

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