‹ Utilisation des forces motrices du Rhône: et régularisation du Lac LémanChapitre 76 sur 126 · DIFFÉRENCE · texte numérisé non relu

DIFFÉRENCE

Francs

Sur celle somme de fr. 411,425 (Kî représentant la différence entre les sommes réclamées et les sommes définitivt ment arrêtées, la transaction relative à l'égout collecteur rive gauche entre pour fr. 141,931 a5.

Lorsqu'il s'est agi de commencer les travaux du bras droit du Rhône en 188t), le Conseil administratif obtint de MM. J. Chappuis et C° un rabais de 6 7o PO""^ tous les travaux restant à faire, sauf ceux de draguage. Ce rabais a porté sur le quatrième et le cinquième décomptes et s est élevé à fr. 33,;K)3 08.

L'entreprise a en outre payé à la Ville une somme de Fr. 6(5,649 76 pour la valeur à Fr. 1 par mètre cube des matériaux tirés des fouilles et utilisés, suivant Tart. 120 de la Série de prix (Annexe V).

D'une façon générale, le mode d'exécution adopté a été heureux pour les finances de la Ville, et les adversaires les plus acharnés de celle façon d'agir ont dû reconnaître que l'administration municipale avait été bien inspirée en adoptant ce mode de procéder.

Voici quelle est l'opinion qu'en a formulée un des conseillers municipaux qui avait le plus vivement attaqué le système de légie co-intéressée et n'avait pas ménagé ses critiques à l'ensemble du

travail, soit dans la presse, soit dans le sein du Conseil municipal {Mémorial, Conseil municipal, 1887-1888, page 556) :

< Si après examen on me demande ce que je pense de ce système, je dirai que je suis « persuadé que ce régime nous a bien réussi^ à cause de la qualité des personnes et des circons- « tances où nous nous trouvions ; autrement c'est un système très dangereux.

« Voyons si j'ai bien compris ce système : l'entrepreneur se présente, on ne peut pas lui « demander un devis d'avance, à cause de la nature spéciale des travaux; on fixe les prix un c peu plus haut, on lui avance les capitaux; on lui fixe un petit appointement. M. Chappuis a « sauf erreur, Fr. 500 par mois : Tentrepreneur fournit le matériel que 1 1 Ville doit lui racheter ei ensuite.

€ Puis, on convient que les économies réalisées sur les prix convenus seront partagées. La € bonne chance pour l'entrepreneur et la Ville, c'est de travailler à bon marché ; la mauvaise « chance pour l'entrepreneur, c'est de ne toucher que son appointement et de ne perdre que son « temps, mais il n'hasarde rien de plus.

a Je reconnais que vu les difficultés du travail, vu les mauvaises saisons possibles, un en- « trepreneur ne pouvait pas faire un forfait sans prendre alors beaucoup d'empart; mais, pour « cela, il faut avant tout un entrepreneur très délicat; car on se met dans ses mains et il poura rait toucher des commissions sur ses fournitures ; il est certain que M. Chappuis ne l'a pas fait.

a Mais, je dis qu'avant de nous mettre pour plus tard dans cette position il faut prendre € garde, car lé Conseil administratif ou plutôt le Conseiller administratif marche la main dans la a main avec l'entrepreneur et, d'autre part, doit défendre la Ville et discuter avec lui.

« Il faut donc absolument que le public sache que ce système est un système exceptionnel.

« Nous considérons les travaux comme bien faits, bien conduits par M. Turrettinl. »

On ne peut nier, en effet, que le système de régie cointéressé ne soit un système à employer exceptionnellement, et qu'il fallait, pour en tenter l'essai, avoir sous la main un homme de haute valeur technique et morale, comme l'était M. J. Chappuis.

Lorsque le Conseil administratif de la Ville de Genève aurait à refaire une convention analogue à celle passée le 2 novembre 188.T avec MM. J. Chappuis et C^ il y apporterait certaines modifications dans Tordre d'idées suivant:

L'esprit dans lequel était bonçue Tassocialion entre l'administration et l'entrepreneur supposait le principe de l'absolue communauté d'intérêts des deux parties contractantes. La convention prévoit dans ce but que tous les moyens d'exécution sont à la charge de l'entreprise et que les cubes des travaux utiles entrent seuls en ligne de compte dans l'évaluation des situations. La série de prix fait toutefois exception à ce principe pour deux genres de travaux qui, par leur nature, devaient rentrer plutôt dans les moyens d'exécution, mais qui, par leur importance et l'aléa qui y est attnché, nécessitent une classification spéciale : ce sont les batardeaux et les épuisements. Sur ces deux objets, il est évident que l'intérêt des parties est différent, l'entrepreneur, si les prix de série des terres à batardeau et des épuisements sont avantageux, à tout intérêt à pousser à la consommation, ce qui, dans des travaux hydrauliques de la nature de ceux de Genève n'est que trop facile; l'administration a un intérêt absolument contraire, car les dépenses de batardeaux et d'épuisements sont de telle nature qu'elles peuvent être considérées comme sans contre-partie. La valeur industrielle d'une installation ne sera pas augmentée s'il a fallu dépenser cinq cent mille francs en batardeaux et épuisements; il en est autrement si cette somme a été appliquée à des travaux d'une nature permanente. Il y aurait donc lieu, non de faire rentrer les batardeaux et les épuisements dans les moyens d'exécution

qui sont compris dans le prix au mètre cube des ouvrages définitifs, mais d'en faire une série spéciale, en régie proprement dite, étudiée de telle façon que l'entrepreneur n'ait aucun avantage à épuiser ou à augmenter les sections de batardeaux.

Ceci n'est, du reste, point un reproche adressé à M. J. Chappuis ; au contraire, l'autorité municipale se plaît à reconnaître qu'il a cherché à réduire au minimum cette nature de travaux.

Le but de ces lignes est plus général. L'expérience faite à Genève doit profiter dans l'avenir à ceux qui seront tentés de faire une semblable opération. Il est donc nécessaire d'exposer franchement et en dehors de toute question de personne le pour et le contre du système.

L'administration municipale se plaît à reconnaître les services considérables que M. J. Chappuis a rendu à la Ville avec l'aide de son personnel actif et intelligent, parmi lesquels il y a lieu de nommer plus spécialement ses deux ingénieurs chefs de chantier, M. Butticaz, maintenant ingénieur-directeur du Service des eaux et Forces motrices de la Ville de Genève, et M. l'ingénieur E. Bron, qui a succédé à M. Butticaz à la tête des c.hantiers de l'entreprise lorsque ce dernier est entré au service de la Ville.

Le prix de revient des travaux exécatés en r^ie oo-intéressée

(Tableaux V à XVII)

Le mode d'exécution des travaux permettait à Tadminislration municipale de connaître, non seulement la valeur sur série de prix des travaux exécutés, mais aussi leur prix de revient réel, se composant uniquement de la main-d'œuvre, des fournitures passées au prix d'achat, et des frais généraux. En effet, la Ville étant le banquier de l'entreprise devait viser toutes les factures et toutes les feuilles de paie et avait en outre à sa disposition les livres de l'entreprise. Il était donc intéressant d'établir exactement le prix de revient proprement dit des principaux travaux, afin de les comparer avec les appréciations antérieures et de contrôler les travaux à venir.

On trouvera aux tableaux V à XVII le prix de revient des ouvrages suivants : V. Prix de revient du mètre cube de draguage dans le Rhône; VI. Prix moyen des matières premières; VIL Prix des divers éléments constitutifs de la digue séparalive et du mètre courant de la digue du canal de fuite; VIII. Prix des divers éléments des batardeaux; IX. Prix des épuisements; X. Prix des béions du bâtiment des turbines; XI Prix des travaux de construction du bâtiment; XII. Prix des cintrages, chapes et fers du bâtiment; XIII. Prix des éléments des travaux du bras droit du Rhône; XIV. Prix des égouts collecteurs; XV. Prix des bétons des diverses sections d'égouts; XVI. Prix d'un mètre courant des diverses sections d'êgout; XVII. Prix des travaux de fondation du barrage à rideaux.

Ensuite, vient au tableau XVIII le prix de revient du réservoir de Bessinges, qui ne rentrait pas dans les travaux exécutés en régie co-intéressée.

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