CHAPITRE XXX
Les résiiltnts industriels des travaux du Rhône et le système
de transmission h,>draulique
Le tableau XX donne la répartition au 31 décembre 1880 de la force hydraulique dans la Ville de & nèvç et sn banlieue et la Planche I de l'Atlas montre graphiquement cette répartition, ainsi que le réseau de distribution à haute et basse pression.
Cette Planche montre mieux que toute explication combien la pression hydraulique se plie facilement à la distribution de force dans tous les quartiers d'une ville.
Le tableau XX indique que le service des eaux alimente, au 31 décembre 4889, 216 moteurs représentant une force totale de 1,564 chevaux, dont 137 moteurs avec 280 chevaux sur l'ancien réseau à. haute pression, et 79 moteurs avec 1,284 chevaux sur le réseau à haute pression. Ce^ moteurs varient depuis la force de 6 kilogrammètres jusqu'à 200 chevaux, l'usine électrique qui possède 625 chevaux, ayant réparti cette force en trois turbines de 200 chevaux et une de 25.
Quatre-vingt-deux genres d'industries différentes utilisent la force du Rhône, et le nombre des usines ou ateliers divers qui sont actionnés par la transmission hydraulique est de 214.
En outre, au l*** avril 1890, l'Administration municipale est en pourparlers pour la fourniture de 200 chevaux environ, qui devront être distribuas avant la fin de 1890.
. Le tableau XXI donne le développement de la vente de la force motrice comparativement à la vcnle de l'eau de 1871 à 1889 II est intéressant de voir que le pour cent de la recette résultant de la vente de la force motrice n'est en 1889 que le 36.9 7o de la recette totale.
On peut en canclure que si la qualité parfaitement pure de Veau de Genève n'avait pas permis d'employer la même eau aussi bien pour les services de force motrice que pour les services d'eau ménagèrCy Ventreprise de la transmission de la force seule eût été une mauvaise affaire.
Car il est évident que les recettes de la transmission de force seraient loin de suffire aux frais d'entretien et d'amortissement des installations.
L'emploi du système de transmission hydraulique peut donc être considéré comme la véritable cause du succès des installations de Genève, cause qui, comme on le voit, tient à la qualité de l'eau, par conséquent à une circonstance locale.
L'emploi du système hydraulique a été vivement critiqué dans le sein du Conseil municipal et dans la presse, et la commission du Conseil municipal nommée en 1888 pour examiner les comptes des travaux du Rhône, étant composée en majeure partie d'adversaires du système employé, proposa au Conseil municipal de soumettre à des experts la question suivante :
QueUe est Vopinûm des experts sur le mode de transnission à établir pour obtenir la force le meilleur marché possible^
Le Conseil administratif, pour préciser davantage la question, l'avait développée en sousquestions qui sont indiquées plus loin.
Les experts choisis étaient M. le D^ A. Burkli-Ziegler, ancien ingénieur en chef de la ville de Zurich, qui avait dirigé l'exécution des installations hydrauliques de cette ville, M. le prof. F. Amsler-Laflfon, de Schaflfhouse, administrateur de la Société hydraulique de Schaffhouse, et M. le prof. Hagenbach-Bischoff qui a fait une étude spéciale de la transmission électrique et avait été expert pour étudier le rendement de la première transmission importante de force électrique exécutée en Suisse entre Kriegstetten et Soleure.
Le rapport des experts sur cette question fut déposé le 23 mars 1889. Il est intéressant de le reproduire :
Question de la Commission du Conseil municipal
f Quelle est Vopinion des experts sur le mode de transmission d établir pour obtenir la force le meilleur marché possible ?
« Nous nous tiendrons naturellement, dans notre réponse, aux questions spéciales du Conseil Administratif, savoir :
f A. Le système de transmission hydraulique de la force était-il le plus rationnel d adopter au moment oit les travaux du Rhône ont été décidés, étant donnée la situation industrielle de la Ville de Genève?
« Reportons-nous à l'époque où le projet des forces molrices fut arrêté, c'est-à-dire aux mois de mai et juin 4883.
« Dans sa brochure sur l'Utilisation de la force hydraulique du Rhône. M. G. Ritter avait déclaré, en 1876, le système de transmission de force par câble comme f le système qui, en l'état « actuel de la science et des expériences faites, est certainement le plus favorablement applicable a pour la majeure partie de la force hydraulique à créer sur le Rhône » (Règlemenlalion du niveau du lac Léman et Utilisation des forces molrices du Rhône à Genève, par G. Ritter, page 49).
« En 4883, contrairement à cette manière de voir, la Commission chargée de l'examen des projets présentés, et composée de MM. G. BrideK E. Meunier et G. Weith, émit l'opinion suivante : « De l'examen des projets, il résulte surtout que le problème essentiel à résoudre conf siste à établir de la manière la plus rationnelle possible les machines à élever l'eau. En effet, « la distribution de force motrice par câble télo-dynamique se bornera très probablement à une i faible force, à laquelle une seule turbine suffira, d'ici longtemps au moins.))
« Après avoir examiné la question du développement de Véclairage électrique, cette même Commission concluait ainsi : « Le moyen le plus rationnel d'alimentation des appareils d'éclairage « serait d'avoir, à proximité de ceux-ci, des machines électriques qu'on devra nécessairement c actionner par des turbines fonctionnant sous la pression de la distribution d'eau. Par consé- « quent, le service de l'éclairage électrique est, tout d'abord, un service de distribution d'eau. »
e Ainsi, il nous parait bien établi que l'usine des forces du Rhône, doit être une usine à élever c l'eau. »
« On ne parlait pas alors bien sérieusement de la transmission de force par l'électricité qui était encore à sa période d'essai, et l'extension prise depuis lors par ce moyen de transmission n'aurait probablement pas amené à modifier cette manière de voir.
i Notre Commission adhère, sans réserve, aujourd'hui encore, à l'opinion émise à cette époque et vient en conséquence répondre affirmativement à la question A : La transmission de
force par pression hydraulique était alors sans aucun doute, à Vexclusion de toute autre, le système le plus rationnel.
a Examinons les différents systèmes de transmission de force et les résultats qu'on en a obtenus. En présence des difficultés que le système, excellent en théorie, de transmission de force par l'air comprimé offre en pratique, — difficultés qui en ont réduit l'application à un nombre restreint de cas, — le système de transmission par câble fut salué comme un moyen heureux de transporter des forces plus ou moins grandes à des distances considérables. Les installations de Schaffhouse en furent une application admirée de toutes parts et, d'après les données de la théorie, on se promit des résultats tout-à-fait favorables.
a Ces installations furent suivies de celles de Bellegarde et de Fribourg, puis du projet Ritter pour Genève.
a L'installation des forces motrices de Zurich, date de dix ans environ. Afin de laisser libre choix aux consommateurs, on adopta alors, pour transporter la force de l'usine hydraulique située sur la rive droite de la Limmat au quarti-^r industriel projeté sur la rive gauche, en partie le système de transmission par cable, qui passait, à cette époque encore, pour le meilleur, en partie celui par pression hydraulique que de nombreux adversaires attaquaient alors comme absolument irrationnel.
« La transmission par câble fut mise immédiatement en œuvre pour le moulin de la Ville situé à 500 mètres environ en aval de l'Usine hydraulique et pour trois autres usines; en outre, tout fut installé en vue d'une extension illimitée de ce moyen de transmission dans le nouveau quartier.
a D'autre part, des canalisations hyd'^auliques furent établies dans tout ce quartier pour la distribution de fractions quelconques de force par l'eau sous une pression d'environ 150 mètres. Un règlement enfin fut élaboré, aussi bien pour la transmission par câble que pour la transmission hydraulique.
€ Or, voici ce qui (îst arrivé durant ces dix années. En dehors des trois usines mentionnées plus haut, aucune nouvelle industrie n'est venue s'établir sur le réseau des câbles. A cette heure encore les supports destinés à porter les câbles qui devaient donner la force dans des établissements nouveaux sont inoccupés. Tous les consommateurs de force qui s'installèrent, en nombre inférieur à celui qu'on avait espéré, dans des constructions nouvelles ou anciennes, réclamèrent la transmission par pression hydraulique comme répondant le mieux aux besoins variables de force.
a Bien plus ! Non seulement le nombre des consommateurs de force transmise par câble n'a pas augmenté, mais l'opinion à l'égard de ce dernier système s'est tellement modifiée que, lors de la mise en soumission de la force encore disponible pour l'éclairage électrique, on a proposé l'abandon du système de transmission par câble et son remplacement par la transmission électrique.
€ La question de supériorité de la transmission par pression hydraulique a donc été tranchée à Zurich, par les consommateurs eux-mêmes, qui avaient libre choix entre les deux systèmes.
« A Schaffhouse aussi, l'expérience a donné de précieux enseignements sur la transmission par câble. Il a été reconnu qu'on ne peut sans inconvénient faire transporter, par un seul et même câble, une force de plus de 100 chevaux environ. Pour des forces supérieures, le nombre des câbles doit être augmenté de façon qu'ils puissent travailler indépendamment les uns des autres, ce qui complique d'autant les installations. Veut-on faire transporter une force plus grande par un seul câble, comme cela se pratique à Schaffhouse, ce câble devient alors trop lourd; il exerce sur le revêtement des poulies une pression trop énergique et, par les temps de plui et de gel.
il tend à glisser. De là des irrégularités dans le service, dont ne sauraient s'accomoder des travaux de précision, tels que ceux de l'industrie de Genève.
€ C'est pourquoi, à Schaflfhouae aussi, on se propose de substituer, le plus tôt possible, au système actuel de transmission par câble, celui par l'électricité adopté déjà dans la partie nouvelle des installations qui sont en cours d'exécution.
€ On ne saurait, du reste, contester que la transmission par câble ne donne, en pratique aussi bien qu'en théorie, lorsqu'elle peut se faire simplement en ligne droite, un effet utile supérieur à celui de la transmission hydraulique qui n'est que de 50 ^1^ environ. Cette dernière, en revanche, possède le précieux avantage d'une distribution facile dans tous les locaux et permet de se plier à tout espèce d'emploi.
€ La transmission par câble se recommande, il est vrai, par préférence à la transmission hydraulique lorsque le point de départ de la force est à une altitude telle que la pression hydraulique ne suffise plus pour actionner les moteurs hydrauliques ou ne puisse plus être employée avec avantage, tel est le cas, par exemple, de Fribourg, où certains points élevés peuvent être desservis encore avec avantage par la transmission par câble, tandis que la transmission hydraulique ne donnerait que très peu d'effet utile. Mais, il n'existe pas de points semblables dans le voisinage des turbines à Genève, et, pour les points éloignés, qui sont trop élevés pour la transmission hydraulique, on ne saurait recommander aujourd'hui que la transmission électrique.
«De grandes industries centralisées pourront, dans des conditions favorables, trouver leur avantage dans la transmission par câble, mais, les petites industries, — et c'est à cette catégorie surtout qu'appartient l'industrie genevoise, — donneront, avec raison, leur préférence à la pression hydraulique. L'industrie, à Genève, est disséminée sur tout le territoire; elle s'est développée de tous côtés et ne voudra pas se laisser concentrer sur quelques points déterminés.
€ Nous renouvelons donc notre réponse à la question A, et disons de la manière la plus catégorique que le système de transmission de force par pression hydraulique étail^ au moment de Finstallation des Forces motrices, le plus rationnel à Vexclusion de tout autre.
tB) Y aurait-il avantage à substituer au système hydraulique le système de transmission par câhUy tel qu'il était prévu dans le projet de A/. Vingénieur Ritler?
«La réponse à cette question se trouve déjà dans notre réponse à la question précédente. Pour rindiistrie genevoise, la transmission hydraulique offre aujourd'hui encore, partout où les conditions de distance et d'altitude en permettent l'emploi rationnel, des avantages plvs nombreux que la transmission par câble. L'infériorité de son effet utile ne saurait entrer en considération en présence de l'excédent de force disponible; aussi n'y a-t-il aucune raison de substituer le sys-tème du câble à celui de la pression hydraulique.
€C) Y aurait-il lieu, actuellement, d'établir la transmission par câble pour un quartier industriel?
«Les expériences faites à Schaffhouse et à Zurich répondent à cette question. Elles nous montrent que, même dans les cas où il s'agit d'un quartier exclusivement industriel et de rétablissement de nouvelles constructions, l'avantage offert par la transmission hydraulique de pouvoir être distribuée facilement et de se plier à tous les besoins de la consommation momentanée est si grand, qu'il prime incontestablement celui qui résulte de l'effet utile un peu plus élevé de la transmission par câble.
« Dans le cas tout spécial où des industries importantes exigeant une force presque constante
et pouvant profiter de cet excédent de reniement, viendraient à s'établir dans le quartier industriel et consentiraient à prendre à leur charge les risques de la transmission par câble et les frais d'entretien, il serait facile d'établir ce système de transmission en installant une nouvelle turbine. Celte installation, en tout cas, ne devrait se faire qu'en présence d'une demande de consommation constante de force et sous les conditions indiquées plus haut.
« Si, à Zurich, il a pu paraître convenable, il y a dix ans, de mettre au seifvice des industriels la force transmise par câble à côté de la force transmise par pression hydraulique, l'expérience acquise depuis lors ne le permet plus aujourd'hui. Linstallation d'une ligne de transmission par câble ne saurait se justifier que par une demande ferme appuyée de garanties.
a D) Etant donné le progrès actuel de la transmission de force par V électricité, y a-t-il lieu de prévoir j à courte échéance, V emploi de ce système à côté de la transmission hydraulique^
« Les conditions réciproques des deux systèmes de transmission, par pression hydraulique ou par l'électricité, ont changé du tout au tout depuis 4883.
a A cette époque la transmission hydraulique était seule employée pour la distribution de force en petites quantités. La transmission électrique n'existait guère qu'en théorie; mais, depuis lors, elle est entrée dans la pratique en concurrence avec la transmission hydraulique.
« La transmission électrique offre les mêmes avantages que la transmission hydraulique : facilité de distribulion et aisance à se plier aux besoins de la consommation momentanée. Elle possède, de plus, le précieux avantage d'être indépendante des conditions d'altitude et de pouvoir être installée dans les étages supérieurs et les quartiers les plus élevés, aussi favorablement que dans les parties les plus basses.
« On peut même s'attendre, d'un jour à l'autre, à de nouveaux perfectionnements, qui feront apprécier mieux encore l'excellence de ce mode de transmission.
a On np^ saurait donc douter que la transmission par Véleclridté ne soit appelée à s'établir à côté de la transmission hydraulique et d la supplanter même d plus d'un égard,
« Le sentiment de notre Commission est que les travaux du Rhône ont été exécutés, dans leur ensemble, d'une manière tout à fait rationnelle^ et elle approuve également les ouvrages complémentaires qui sont venus s'y joindre peu à peu,
« Nous aurions hésité, il est vrai, à mettre en activité les installations de distribution de l'eau à haute pression et la transmission de force en fractions considérables comme cela a été fait, c'est-à-dire sans réservoir comme agent régulateur, mais uniquement avec des réservoirs à air et des soupapes de sûreté. Sans doute il existe certaines installations hydrauliques qui fonctionnent dans ces conditions, mais il faut reconnaître qu'elles n'ont pas à pourvoir aux besoins d'un nombre de consommateurs aussi considérable qu'à Genève. Il résulte de cette différence qu'elles n'ont pas à redouter, de l'ouverture ou de la fermeture soudaine d'une prise d'eau importante, de fortes variations de pression et des coups de bélier dont on ne saurait combattre les effets même par des soupapes de sûreté. Les accidents de ce genre ne peuvent être prévenus qu'avec certaines précautions et au moyen d'un réservoir bien installé. C'est là, précisément, le rôle assigné au réservoir de Bessinges.
« C'est avec plaisir que nous avons constaté la manière on ne peut plus ingénieuse avec laquelle on a su résoudre la question difficile de l'influence de la distance considérable du réservoir sur les variations de pression dans la canalisation pendant le flux et le reflux de l'eau. Le régulateur employé par M. Turrettini est un modèle dans son genre et nous ne saurions le passer sous silence.
€ En qualifiant de très réussies les installations des Forces motrices, nous ne voulons point
dire qu'il n'ait pu survenir, au cours des travaux, quelques incidents fâcheux, tels qu'il s'en produit toujours dans une entreprise de cette importance.
c En sommej nous félicitons la Ville de Genève de ses beaux et utiles travaux.
€ Les travaux ont été exécutés en régie co-intéressée, système peu connu chez nous, mais en faveur duquel les arbitres MM. Duniur, Meyer et Stockalper se sont prononcés en 1886 après avoir pu l'étudier attentivement. Notre collègue, M. Bûrkli, qui partage leur avis à cet égard, insiste particulièrement sur les heureux effets de ce système au début, soit à Tépoque la plus difficile des travaux, lorsque la maladie et la mort vinrent enlever à Venlreprise celui qui devait la diriger, M. Merle d'Aubigné. Grâce à la régie co-intéressée, il a été possible de parer aux difficultés d'une situation critique, sans préjudice pour la Ville, et, quelques erreurs ou fautes de détail eussent-elles même été commises, — ce que nous ne pensons absolument pas, — la Ville n'en aura pas moins retiré cet immense avantage, que les travaux n'ont subi aucun temps d'arrêt, avantage qu'elle n'eût pas obtenu avec tout autre système.
a Nous ne pouvons donc, en réponse à cette question, que renvoyer aux conclusions approbatrices du rapport des arbitres.
< Enfin, pour en venir aux résultats financiers de l'entreprise, il est d'usage en général, pour ce genre de travaux, de prévoir un déficit dans les premières années d'exploitation. A Zurich, par exemple, ce déficit avait été prévu à la somme de fr. 500,000. Si, à Genève, au contraire, on a su faire de façon que, sans augmentation des prix et dès le début, l'entreprise a, non seulement rapporté et permis un amortissement, mais qu'elle n'accuse jusqu'ici aucune diminution de la moyenne des recettes brutes, un tel fait doit être tenu pour un véritable succès.
€ Les dépenses les plus lourdes sont faites à l'heure actuelle : travaux dans le lit du Rhône, installation des radiers des turbines et de tout le sous-sol du bâtiment. L'accroissement de la consommation d'eau et de force n'occasionnera plus que des dépenses relativement peu importantes, en achat de turbines et de machines. L'augmentation des recettes sera toujours plus rapide que celle des dépenses, de sorte qu'il viendra un moment où la question de la réduction des tarifs pourra être abordée sans inconvénient pour le budget.
€ Encore une fois, nous qualifions de très réussie une entreprise qui a pu être créée et développée 4m peu d'années^ et arriver à un état près de la perfection^ sans entraîner^ pour un temps plus ou moins long, une diminution des recettes prévues au budget pour le Service des eaux. »