LS
recueillis et notés. Le plus grand calme doit présider à ce travail : il ne faut ni paraître surpris, ni sourire, un air de protestation est blämable autant qu'une attitude ironique : jamais il ne faut oublier qu'il s’agit d’un malade qui se confie à vous. Tout au plus il est recommandé, sinon d’être aimable, du moins de montrer que vous suivez avec intérêt l’histoire parfois absurde, risible ou invraisemblable qui vous est narrée. Lorsque tout vous a été dit, que vous avez relié le mieux possible entre eux les divers points exposés, vous pouvez, par quelques questions plus précises, tenter d'éclairer ce qui paraît obscur ou contradictoire et mettre en doute — toujours avec modération — ce qui vous a été affirmé.
Ces rapides réflexions s'appliquent d’autant mieux à l'examen clinique d’un malade atteint de syphilis que chez ces malades — ainsi que nous allons en donner quelques exemples — les renseignements fournis par l’interrogatoire sont dans bien des cas du plus haut intérêt.
Les anciens auteurs, ceux du xvr° et du xvrr° siècle ne voulaient pas à la vérité tenir pour précieux ces données. « Omnis mendax syphiliticus », dit un vieil adage latin : tout ce qui touche à la syphilis est mensonge. L’infortuné vérolé est honteux et nie