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s’il est pris sur le fait, il dissimule son mal et n’avoue jamais. Aujourd'hui il en est de même encore et bien souvent, il est difficile d'obtenir la : vérité. Le patient garde cette opinion, bien ancrée dans le vulgaire, que la syphilis est une maladie honteuse. Comment en serait-il autrement d’une infection contractée neuf fois sur dix par voie génitale ! Là est l’écueil difficile à franchir, d'obtenir du public qu’il considère les affections vénériennes à l’égal des autres afféctions et ici se pose la question délicate à l’extrême, mais à laquelle tôt ou tard on sera forcé d'arriver de l’éducation sexuelle. Le jour où les relations physiologiques de l’homme et de la femme cesséront d’avoir un caractère mystérieux, et partant impudique, il sera possible de faire accepter à chacun l’éclosion d’une gonorrhée où d’un chancre comme un incident banak et, sinon normal, du moins avouable. Il faut reconnaître que, à l'heure actuelle, il serait bien malaisé de faire dans une classe de jeunes filles, un cours de ce genre, mais cela ne veut pas dire que d'ici quelques années, la psychologie humiane évoluant, un tel enseignement ne puisse être réalisé.
Le syphilitique, soumis aux préjugés ancestraux, cache souvent son mal, et s’il se décide à se traiter,
ce à quoi il se résout prèsque toujoürs aujourd'hui,
, il s’écarte du médecin de famille dont il craint, bien à tort, l’indiscrétion, pour s’adresser à quelque praticien souvent suspect, qui ignorera son identité. Plusieurs raisons incitent encore le malade au silence. Il redoute les plaisanteries et Jés quolibets de camarades stupides, qui oublient qu’eux-mêmes sont probablement menacés du même malheur. La crainte d’une contagion pour l’entourage peut créer de graves ennuis à l’école, au bureau, à l’atelier et, en se taisant, le syphilitique n’en est qu’infiniment plus redoutable, puisqu’aucune des précautions élémentaires ne peut être prise par ses voisins immédiats.
Lorsqu'il s’agit d’un homme ou d’une femme vivant en commun, mariés ou non, le moment devient dramatique : faute d’un aveu, la contamination est certaine, si elle ne s’est pas d’ailleurs réalisée avant ia découverte du mal par l’incriminé lui-même. C’est alors une source de discussions où intervient alors parfois la plus insigne mauvaise foi, le coupable souvent ne voulant endosser la responsabilité de son mal : nous verrons plus loin combien, dans ces cas, l'examen soigneux des données chronologiques, jointes à un examen clinique attentif, peuvent — au titre médico-légal —— éclairer les faits et faire jaillir la vérité.
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