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Les congrès espérantistes internationaux de Boulogne-sur-Mer 1905, (renève 1906, Cambridge 1907 et Dresde 1908, sont venus confirmer d’une manière éclatante ces petites expériences particulières. À chacun d'eux, de nombreux congressistes appartenant aux langues et aux nationalités les plus diverses, ont pu, avec la plus grande facilité, converser, prononcer des discours et prendre part àa des discussions en Esperanto sur des sujets les plus variés.
Au congrès de Boulogne fut joué, en Esperanto, Le Mariage forcé, de Molière, par une « troupe » éminemment cosmopolite : Sganarelle et (reronimo étaient français : Dorimène était italienne: Alcantas, belge: Alcidas, allemand ; Licaste, norvégien: Pancrace, anglais ; Marphurius, canadien français; et des deux bohémiennes, l’une était suédoise et l’autre russe. Ces acteurs n'avaient eu qu'une ou deux répétitions, et néanmoins ont joué avec un ensemble parfait, sans qu'on pût se douter qu'ils se rencontraient pour la première fois et venaient des quatre points cardinaux. Chose curieuse, l’Anglais ne se révélait nullement par l'accent si caractéristique de ses compatriotes, et il ne fut possible de deviner sa nationalité que grâce aux quatre mots latins que comprend son rôle : pugnis et calcibus, unguibus et rostro ().
Dès ce premier congrès, un certain nombre de membres appartenant à des nationalités différentes, mais à la même profession, à la même spécialité, aux mêmes idées politiques ou religieuses, etc., se
(1) L'Humanité, 20 août 1906.
Le APE LE
sont empressés de profiter de la possibilité qu'ils avaient d'échanger leurs idées par l'Esperanto pour tenir des réunions particulières, petits congrès spéciaux dans le grand congrès général, germe des futurs congrès internationaux d'où aura disparu l'obstacle de la diversité des langues. D'année en année, ces réunions particulières ont crû en nombre et en importance, si bien qu'il a fallu au quatrième congrès diminuer en leur faveur le nombre des séances générales ; et il est à prévoir, — cette évolution s’accentuant toujours davantage, — que les congrès espérantistes finiront par se transformer en un ensemble de congrès spéciaux où sera pratiquement employée la langue internationale. Parmi ces réunions, nous devons mentionner particulièrement, avec celles des dentistes et des pharmaciens, celles des médecins espérantistes qui viennent de fonder une association générale de confrères de différents pays.
Aux trois premiers congrès d'Esperanto ont pris part successivement 800, 1000 et 1400 congressistes. Le quatrième, qui s’est tenu en août dernier à Dresde, sous le haut patronage du roi de Saxe, et où les gouvernements des Etats-Unis et du Japon avaient envoyé des délégués officiels, a réuni environ 1500 membres appartenant à 42 langues et nationalités diverses. Discours, rapports, communications et discussions, tout y eut lieu en Esperanto ; et la facilité de l'emploi de cet idiome entre gens incapables, pour la plupart, de se comprendre dans aucune des langues naturelles, est certes la meilleure preuve pratique que l'on puisse apporter de la possibilité d'adopter l'Esperanto
dans les congrès internationaux. Jamais, en effet, congrès internationaux ne méritèrent mieux leur nom, par le nombre des nations participantes, que les congrès espérantistes; jamais aussi on ne put s'y comprendre si facilement, malgré la diversité des langues de ceux qui y prenaient part.
LES OUVRAGES et JOURNAUX MÉDICAUX
Les relations médicales internationales
À côté des congrès internationaux, les ouvrages et journaux médicaux jouent le principal rôle dans la diffusion internationale des connaissances médicales.
Tout médecin qui veut étudier particulièrement une question spéciale, est amené à rechercher ce qui a déjà été fait et écrit à l'étranger sur cette question ; mais immédiatement se dresse devant lui, comme dans les congrès internationaux, l’obstacle de la diversité des langues, et le fait cité par le D' Achard de ce mémoire hollandais dont il ne put obtenir qu'au prix de beaucoup de temps et. de peine une bonne traduction, n’est qu'un exemple, entre mille, des tribulations auxquelles sont condamnés tous ceux qui doivent faire des recherches scientifiques dans les ouvrages et les journaux étrangers.
Il n’est pas jusqu’au simple étudiant en médecine qui, rédigeant sa thèse sur un sujet très ordinaire, n'y doive rechercher ce qui a déjà été dit sur le sujet qu'il traite, et, s’il n’est pas polyglotte, ce qui est le cas le plus général, il doit faire traduire ce quil suppose présenter quelque intérêt,
quitte à constater, une fois la traduction faite, que
le document découvert dans l'ouvrage étranger est inutilisable.
Monsieur Fauvart-Bastoul, dans sa thèse sur la langue internationale au point de vue du droit des gens, attire très justement l'attention sur ce point particulier. « Le savant, dit-il, qui, dans son pays travaille à l'aise parce qu'il possède la clef de tous les cerveaux qui y pensent, se trouve très souvent arrêté lorsqu'il a besoin d’avoir recours aux connaissances acquises ou aux découvertes effectuées dans d’autres nations. Que de peines perdues à chercher, à travailler une question déjà éclaircie sur un autre point du globe ! |
« Un remède s'offre à l'esprit : apprendre les langues étrangères dont on peut avoir besoin. Mais nous arrivons alors à ce fâcheux résultat : si le savant doit posséder assez de langues pour se tenir au courant, leur étude lui aura pris tellement de temps, quil ne saurait atteindre à la hauteur où l’auraient porté sans cela ses travaux personnels. Il a usé le meilleur de son temps et de ses forces, toute sa jeunesse, pour n'arriver à posséder qu’imparfaitement un nombre d'’idiomes forcément insuffisant.
« D'autre part, ses facultés sont, par définition même, tournées vers un état d'esprit particulier qui fait que, travaillant spécialement la branche de son choix, il s'y distingue. Tel savant, qui aura un goût spécial pour une science sera, par cela même, plus ou moins inapte à s'assimiler les langues vivantes.
« Reste la ressource de la traduction: là, le remède est souvent pire que le mal, surtout pour
des ouvrages spéciaux : que de fautes, que de contre-sens et de non-sens n'y trouve-t-on pas ?
« Aussi le cercle vicieux dans lequel tournent les savants, a-t-il permis à l’un d'eux de proclamer que le grand desideratum du monde de la science est un moyen de correspondance générale qui décuplerait les résultats des efforts de chacun-en les solidarisant. »
C'est cette même idée, on l’a vu, qu'ont exprimée presque tous ceux de nos maîtres qui ont bien voulu nous communiquer leur opinion sur l’adoption d'une langue auxiliaire’ internationale en médecine, insistant sur la grave perte de temps causée par l'étude des langues étrangères pour n'arriver qu'à une connaissance imparfaite de ces langues, alors que le même temps eût été plus fructueusement employé à des études ou à des recherches personnelles.
« Comme tout irait mieux, conclut le Professeur Bergonié à propos des revues spéciales, si chaque auteur pouvait faire un résumé de son mémoire en une langue auxiliaire que publierait le périodique en même temps que le mémoire original. Les auto-referat lus et compris par tous, quel rêve ! Il est cependant réalisable grâce à la langue auxiliaire ! »
Ce rêve est, en effet, si réalisable, qu'il a déjà été réalisé, justement dans le domaine de la médecine.
Nous avons déjà fait allusion à la thèse de Lambert sur la théorie de la torsion de l'humérus ().
() Avant-propos, p. 13.
LMD
C'est dans ce travail qu’a été réalisé pour la première fois, croyons nous, dans un ouvrage scientifique, le rêve que forme le Professeur Bergonié.
Cette thèse, de 130 pages, rédigée en allemand, est, en effet, suivie, d’un résumé de 16 pages en Esperanto, fait par l'auteur lui-même ; et pour quiconque ne sait pas l’allemand, il est assez facile de comprendre le résumé esperanto après une étude sommaire des principes de la langue, alors que celui qui n’a pour tout bagage linguistique que le peu d'allemand qui lui est resté de ses études classiques, est aussi incapable de comprendre le texte même de l'ouvrage que s'il n'avait jamais étudié cette langue.
La thèse de Lambert constitue le prototype des ouvrages scientifiques de l'avenir ; lorsque chaque auteur fera lui-même suivre ainsi ses ouvrages d'un résumé dans la langue internationale, le trop fameux « tradutore, traditore >» aura cessé d’être vrai, et l’obstacle de la diversité des langues aura définitivement disparu.
Et que faut-il pour cela ? Il suffit que chacun, au lieu de perdre des années précieuses à l'étude de plusieurs langues étrangères, consacre à l'étude de l’Esperanto seulement quelques heures s'il ne veut que le lire, quelques semaines s’il veut l'écrire, et quelques mois s’il veut le parler (!).
La thèse de Lambert, disons-nous, constitue le
(1) Qu'on nous pardonne de citer ici notre propre exemple : trois semaines exactement après avoir commencé l'étude de l'Esperanto, à raison d'une heure par jour environ, nous correspondions facilement dans cette langue avec des espérantistes des pays les plus divers.
prototype des ouvrages scientifiques de l'avenir. Il nous paraît probable, en effet, que les auteurs se borneront à donner un résumé de leurs œuvres dans la langue internationale ; mais il n’est pas impossible que pour des ouvrages d'intérêt tout à fait général, ils en donnent une traduction complète, ou même qu'ils les rédigent directement et uniquement en Esperanto.
C’est ainsi, par exemple, que le Commandant Lemaire, explorateur belge bien connu, a fait paraître, il y a deux ans, un ouvrage sur l'Afrique centrale, à la fois en français et en Esperanto, la page droite du volume ouvert présentant la traduction en Esperanto du texte de la pagé gauche, écrit en français.
L'emploi de l'Esperanto ne sera pas moins utile pour les revues et journaux de médecine que pour les ouvrages médicaux, et ce que nous avons dit de ces derniers s'applique aussi bien aux articles de jourraux : il suffira d'en donner un court résumé en Esperanto pour les mettre immédiatement à la portée des médecins du monde entier. C'est ce que va faire notamment la revue russe Chirourghia, ainsi que les journaux qui publient le bulletin officiel de la Fédération dentaire, selon le vœu que vient d'émettre cette fédération.
On a vu combien le [)° Achard déplore, comme secrétaire de la rédaction des Archives de Médecine expérimentale, de recevoir souvent d'auteurs étrangers des manuscrits à peu près inintelligibles.
ne CHU
Le D' Maillard, secrétaire de la revue de psychiâtrie L'Encéphale, ne se plaint pas moins de la gène apportée par la diversité des langues à l’analyse bibliographique des ouvrages étrangers.
La langue internationale délivrera les rédacteurs de journaux médicaux de toutes ces difficultés ; mais sa principale utilité dans la presse médicale est indiquée par le D’ André Broca : « Elle permetttra la création de publications où seront analysés avec un développement suffisant tous les mémoires originaux, et ces publications, une pour chaque science, pourront vivre, car elles s’adresseront au monde entier. »
Le besoin de telles publications, donnant l’analyse des articles et mémoires paraissant dans les différentes langues, se fait actuellement, en effet, de plus en plus vivement sentir. Voici, par exemple une revue nouvelle le Journal de Chirurgie, qui a pour but «de tenir le chirurgien au courant des plus récents et des plus intéressants travaux de chirurgie parus dans le monde entier » et dont le premier numéro, publié en avril dernier, contient 85 analyses d'articles français, anglais, allemands, italiens, hollandais, russes et finlandais. Combien la rédaction d’une pareille revue serait plus facile, si chaque article ou mémoire original était suivi d’un résumé en Esperanto, fait par son auteur même ! Combien plus utile aussi serait ce journal, s'il était lui-même rédigé en langue internationale et par là même accessible à tous les médecins du monde, au lieu de ne s'adresser qu'au cercle forcément restreint de ceux-là seuls qui peuvent lire. le français! à
A côté de simples analyses pourront paraître, s’il en est besoin, des traductions complètes d’articles ou de mémoires originaux, dont l'analyse serait insuffisante et dont on peut avoir besoin, comme le fait remarquer le Professeur Lépine, de Hire le texte «in extenso ». Des journaux médicaux internationaux pourront même être créés, dont la langue unique sera l’Esperanto et qui seront particulièrement utiles aux petites nations de diverses langues qui ne sont pas assez importantes pour publier des journaux médicaux rédigés dans leur idiome national.
C'est ainsi, par exemple, qu'on lit dans The Lancet du 11 Juillet 1908 :
« En Hongrie et dans ie voisinage de la Hongrie on parle différentes langues slaves (croate, bosniaque, serbe, bulgare, ruthène, tchèque, polonais et slovaque) qui, bien qu'ayant une origine commune, différent à ce point les unes des autres, qu'un Ruthène, par exemple, ne comprend pas un Croate, lequel à lui-même une égale difficulté à échanger des idées avec un Tchèque. On peut dire, sans exagération, qu'un Slovaque (habitant la Haute Hongrie) a autant de difficulté à comprendre un Galicien, qu'en aurait lui-même un Anglais. Ce fait est très préjudiciable au corps médical de chacune des nations slaves qui sont individuellement trop petites pour publier chacune des journaux médicaux ou scientifiques. Le manque de tels journaux s'étant fait sentir particulièrement parmi les médecins, ceux-ci se sont unis pour propager l’'Esperanto comme langue commune, et nous sommes informés qu'un journal médical hebdomadaire
en Esperanto va prochainement paraître et sera spécialement consacré aux questions médicales slaves. > (!)
Des articles médicaux en Esperanto ont d'ailleurs déjà paru dans différents journaux, comme . en France les Archives de Thérapeutique et les Archives générales d'Hydrologie et de Climatologie, et en Grèce la revue Psichiatriki kaj Neurologiki Epitheorisis, mais le plus grand nombre se rencontre naturellement dans la presse espérantiste spéciale ; — il ny a pas moins actuellement, en effet, de 66 journaux espérantistes dans le monde entier, dont 13 consacrés à des spécialités diverses.
Internacia Scienca Revuo, revue scientifique fondée en 1904, rédigée entièrement en Esperanto et dirigée par M. René de Saussure, privat-docent de l'Université de (Genève, en a publié jusqu'ici un assez grand nombre, comme aussi des analyses de: divers journaux médicaux : Wiener Klinische Rundschau. — Archives (Générales de Médecine, — Gazette des Hôpitaux, — Deutsche medizinische Wochenschrift, — Semaine Médicale, — Presse Médicale, — Archives d'Electricité Médicale, — Praktièeskij Vraê, — À Medicina Moderna, — Journal de la Société des Médecins Russes, fondée en mémoire de Pirogov, — Revista Medica de Chile, — Vjestnik ob$Cestvennoj gigieny, sudebnoj prakti- Ceskoj mediciny, — Archives générales françaises de Thérapeutique physique, — Psichiatriki kaj Neurologiki Epitheorisis. — Medicinskoje Obosrenie,
(1) Cité par The British Esperantist, août 1908.
— Journal de Neuropathologie et de Psychiâtrie au nom du Prof. S. S. Korsakov, — Voprosi nervnopsiniéeskoj mediciny, etc.
Une revue spécialement médicale, Znternacia Revuo Medicina, a même été fondée en 1906, qui donnait, avec leur traduction en Esperanto, le texte original des articles les plus intéressants parus dans les journaux médicaux français, anglais, allemands, italiens, espagnols, etc.; malheureusement, cette revue, ne s'adressant qu’au public alors trop restreint des médecins espérantistes ou polyglottes, dut cesser de paraître au bout de quelques mois.
Une autre revue plus modeste, Voco de Kuracistoj, la remplacée, d'abord comme supplément en Esperanto au journal médical polonais Glos Leharzy (La Voix des Médecins), dont elle à emprunté le nom, puis comme journal médical espérantiste autonome. Celui-ci vient d’être adopté comme organe officiel par la Tutmonda Esperanta Kuracista Asocio(T.E.K. A.) association universelle des médecins espérantistes. Entre autres articles dus à sa collaboration internationale, cette revue publie actuellement les résultats d'une « enquête » faite parmi ses lecteurs sur le secret professionnel médical dans les différents pays et pour laquelle des réponses lui sont parvenues de toutes les parties de l'ancien et du nouveau monde. Les résultats très intéressants de cette enquête ont été jusqu'ici reproduits par différents journaux médicaux français, polonais, russes, espagnols, etc., frappés de l'intérêt présenté par cette consultation internationale faite au moyen de l’Esperanto,
Une question se pose ici : Pour traiter des sujets médicaux, l'Esperanto possède-t-1l les termes techniques nécessaires ?
On a vu par le.-rapport présenté en Esperanto par le D' Krikortz au premier Congrès international de Physiothérapie qu'il est dès maintenant possible de traiter en Esperanto des sujets techniques médicaux. La thèse de Lambert en fournit une autre preuve, et nous citerons encore à ce point de vue différentes brochures ou monographies médicales (traductions pour la plupart) publiées jusqu'ici en Esperanto :
La tlekniko de la termala kuracado ée Aix-les- Bains (La technique du traitement thermal à Aïx-les- Bains), par le D' Jean Dardel. — Maloine, éditeur.
Kuracado de la mallakso kaj de $iaj komplikoz (Traitement de la constipation et de ses complications), par le D' A. V. Albert. — Maloine, éditeur.
Raporto hidrologia kaj medicina pri la termala Slimbanejo de Saint-Amand-les-Eaux (Rapport hydrologique et médical sur les bains de boue thermale de : Saint-Amand-les-Eaux), par le D' H. Thiroux. — Maloine, éditeur.
Por niaj filoj, kiam ili estos dek-0ok jaraj (Pour nos fils quand ils auront dix-huit ans), par le Professeur A. Fournier. — Maloine, éditeur.
Higieno kaj Moralo (Hygiène et Morale), par le D" Paul Good. — Presa Esperantista Societo, 33, rue Lacépède, Paris.
Nova, estonte reganta Terapio de Diabeto (Nouvelle thérapeutique du diabète), par Ludwig Bauer, — Koetzchenbroda-Dresde,
et dans un ordre moins technique :
Inter Blinduloj (Entre Aveugles), traduction de l'ouvrage du regretté D' Javal, faite en Esperanto sous sa direction. — Hachette, éditeur.
La aerkuracloko Weïisser Hirsch (La station de cure d’air de Weisser Hirsch). — Emile Boden, éditeur, Dresde.
Oraj reguloj por la vivado (Règles d'or pour la vie), par Bilz. — Dresde-Radebeul et Leipzig.
Les nombreux articles médicaux enfin parus jusqu'ici dans /nfernacia Scienca Revuo et Internacia Revuo Medicina, ne laissent aucun doute sur la possibilité d'aborder en Esperanto les sujets médicaux les plus variés. En voici la liste à titre de document :
Pri patogenio de ftizo kaj batalado kontraü tuberklozo. — Influo de la psika stato de l’gepatroj al formado de l’sekso de l’idoj. — Spina meningito akra traüma. — Al demando pri parazitologio de sango dum epilepsio. — Unu kazo de miokimio. — Eksperimentaj esploroj pri la subkonjunktivaj injektoj. — KEozinofilio de la eksudatoj pleüraj. — Utileco kaj limoj de ago kirurgia en kancero. — Nova serumo kontraütuberkloza. — Internacia organizado de scienculoj por esplorado de-centra nerva sistemo. — Deka Internacia oftalmologia kongreso. — Japana imito de monstra bovidino kun homa kapo. — Efiko de vestoj sur kobajoj. — Efiko dinamogena aù inhiba de la masaÿo dolée farita laü la franca maniero. — La glataj muskolfibroj. — Ekstera tiguro de l’kranio: eksterkranio. — Esploroj pri la radioj N en la organismo. — Senkapsuligo de la reno Kkontraù medicinaj nefritoj. — Nova nutra kuracado kontraü albuminurio. — Apartigo de la urinoj. — Kuracado de la prostata hipertrofio. — Radiografio de la urinaj $tonoj. — Podagro kaj koléicino. — Al la demando pri la patologia anatomio de pelagro. — Sistema; spiritistaj deliroj. — Progresa familia paralizo de alienatoj.
— Injektoj de azotikacido kontraü abcesoj kaj bubonoj. — Pri la preparajoj formiacidaj. — Karakterizo de la cCevala viando per precipita serumo. — La varmbanejo en Aix-les- Bains, kuracado, fiziologia efiko, kuraceblaj kaj nekuracebla; malsanoj. — La nuanco de l’propra voéo. — Nova manio. — Sveda higieno. — Disvolvo de l’audo ée surdo-mutuloj. — Fizika kresko laü sociala stato. — AGo kaj alteco. — Reümatisma kuracilo. — Profunda fototerapio per hista impresebligo, — Seréado de la retenado de la kloruroj. — Gimnastiko aû masago en terapeütiko? — (Gastra kirurgio. — Sifiliso, progresa paralizo kaj tabeso. — Lakta krioskopio. — Nova funcio de la superrenaj korpoj. — La vido en lumo kaj mallumo. — Rezisteco de la ratoj kontraü l’arsenika venenado. — La nutra raziono de la laktinfanoj. — Influo de la mediteranea klimato al tuberklozo kaj tuberklozuloj. — Pri influo de laboro kaj vivo de fabrikaj laboristinoj al morteco de l'infanoj. — Influo de paga medicina praktiko por disvolvigo de la tuta medicina aferc. — Higiena regularo por geedzoj. — Pezo de | cerbo kaj inteligenteco. — Mortado de infanoj. — Masago Ce ostrompoj. — Pri entoksiÿgoj per kamfora naftolo. — La dormistino en Thenelles, dormado seninterrompa dum dudek jaroj. — Influo de telefonado je la orelo. -— Novaj esploroj pri la okulaj stigmatoj de l’krimeco. — La Pirogova kongreso de rusaj kuracistoj. — Elektroterapio. — Radiumo en pocio. — La vivisecio. — Blinduloj kiel masagistoj. — Propagado de la tifa febro per butero. -— Ciklismo kaj stomakaj malsanoj. — Internacia ekspozicio de Higieno. — Pri la arteria hiperstreco. -- Tekniko de la malvarma banterapio en la tifa febro. — Venenado per malbona viando. — La elsekigado Kkaj la fototerapio por la kuracado de la burgonemaj vundoj. — La nutrado de la sucinfanoj. — Influo de intesta] bakterioj al nutrado. — La karpoj kaj la hepata distomo. — Uzado de pomoj por kuracado. — Po$ta transsendo de kontagiaj malsanoj. — Nova teorio por klarigi kancerajn lezajojn. — Pri uzado de l’adrenalino é€e la nereduktebla] hemorojdoj. Venenado per la bromoformo. — Higieno de la logejoj, Nepenetrebligo kaj purigo de l'pargedoj. — « Kapoko » kaj &ia uzebleco medicina. — Kion faris Ja okulkuracistoj por la higieno de la lernejoj kaj kion il
devas ankoraü fari. — Rolo de l' kuracisto. — La « harakiri » en Japanujo. — La homa haüto. Vegetalaro. Propraj defendoj. — Novaj eksperimentoj pri revivigo de l’ koro. — La videbligo de la korsonoj. —- Induktita radioaktiveco de korpoj ce la medicina uzado. — Venenado per kukoj. — Nova malsano. — Alkoholo en sango. — Nova procedo por revivigi senkonsciigintojn. — Maloftaj mortkaüzoj. — Influo de Ja steriligo de la nutrajoj. — Diagnoza kaj prognoza signifo de la malsanoj de l’ retino en la nefrito. — La spontanea generado. — Nova kuraca metodo de l’erizipelo. -- Nova loka sendolorigilo : la stovaino. — Fiziologia) proproj de la lumbanoj. — Citodiagnostiko. — Rolo de bakterioj saprofitaj ka; patogenaj. — Resuma instruo pri nutra higieno-de unuajara)j infanoj aprobita de la « Pariza Medicina Akademio. » — Tuberklozo en Germanujo. — La lasta operacio de Waldek- Rousseau. —- Praktika maniero de la dezinfektado de la papero]. — Esploro pri la fumo de la cigaredo kaj de la pipo. — Akuta urinretenado 6e prostatuloj. — Malvarma kompreso toraka Ce la puimaj afektoj akutaj. — Kuracado de l malbonodoraj pied$vitoj per kalipermanganato. — Pulvoro de karbo kiel universala kontraüveneno. —— Etiologio de l'apendicito. — La interspaca glando en la testiko de lmamiferoj. — Dieto antaü kaj postoperacia €e ! histerektomio. — Pri la influo de radioj Rüntgenaj je la organoj internaj. — Regularo en Buenos-Aires rilate al tuberklozo. — Kuracista praktikado en amerika okcidento. — Pleürita flanka dolorpunkto konfuzebla kun la apendicita punkto. — Pri la $ajna morto kaj la antaütempaj enterigoj. — La pulma edemo dum la gravedeco. — La flava febro en Rio-de-Janeiro dum 1904. — La sifilisa nazkataro de novnaskitoj. — La diagnozo medicino-leÿa de l'homa sango. — Pri la patologia heredeco. — Loka efiko de l kontraüdifteria sero. — Pri la kuracado metatrofia de l’epilepsio. — Pri la epidemia meningo-encefalito. — La sifilisa mikrobc. — La daüro de | vacina imuneco. — La variolo kaj vacinado en Supra-Ubangi. Nutreca valoro de l’sukerajoj. — La nevropatiaj kapkronoj. — Nova kuracado de la rabio. — Kuracado de neüritoj per subhaütaj injektoj de aero. — Radika kuracado de l’prostata hipertrofio. — Antiseptiko fizika. — Higieno de la lernejaj lokoj. — La vivo
ET dr
Sirmata kontraü la mikroboj en la naturo. — La teorio pri la imuneco. Asepseco de la manoj kaj Svita sekreciado. — Pri akcidento grava de la sagdento (vangdento malfrua). — flinaj anatomio, fiziologio kaj intestoscienco, sciigita] per figurajoj. — Pri la kuracado per varmo. {Communication présentée en Esperanto au Premier Congrès international de physiothérapie, Liège, août 1905). — Medicina kuracado kontraü difterio. — Uzado de la masaÿo kontraü la vizaga akneo. — La tikoj. — La stovaino kiel sensentigilo. — Pri la hirurgia kuracado de l’ kronikaj koliitoj. — Daüro de la ekscitaj procesusoj Ce diversaj muskoloj,. — La sukero laü medicina vidpunkto. — Kurioza kazo de hidrargo-venenigo {post plombajo de dento). — Kuracado de intestovermo « Tenio >» per ekstraktoj el Filiko vira. — Pri haüta agado de radioj X. — Higieno de ltrinkado. — Morfinomanio. — Nova kulturejo por pneüumokoko. — Komunikebleco de diabeto. — Kuracado de rompoj de kalkanosto. — Karbonoksido ka; tabaka fumo. —- La heredeco de intelektaj ecoj kunlige kun fizikaj. — La formulo de la sparteino. — Musa tripanosomo. — La memmortigo kaj giaj kaüzoj. — Kantado kaj tuberklozo. — Sendangera aparato por uzado de la kloroformo. — Averta kuracado de la falsa krupo. — Rolo de heredeco en etiologio de kronikaj nefritoj, laù literaturaj donitaÿoj. — La metoda masago en la kuracado de la neüritoj kaj polineüritoj. — Neürastenio. — Cassia Beareana, sanigilo kontraü la febro hematoglobinuria. — Kuracado de neürastenio. — Nova kuraca metodo. -— Pri la klostrofobio aù angoro pri la malgrandaj spacoj. — Sociala higieno. — Entrahea en$prucigo de kuraciloj tra la nazo. — [La antaüajoj de l’ kancero. — Dieta kuracado de artra reûmatismo. — Digitalo kaj skrofulaceoj. — Lastaj medicina] progresoj: Sifiliso, Eksperimenta ateromo, Podagro. — Heredeco de tuberklozo. —— Neürastenia dentodoloro. — Englutigo de kotono por faciligi la elpeladon de englutitaj objektoj. — Kuracado de bronko-pneümonio ée infanoj per oksigenaj enspiroj. — Kuracilaro de la mallakso kaj de giaj komplikoj. — Uzado de la masago kontraü la vizaÿga akneo: — Kuracilaro de la 8ajna morto de la novnaskitoj. — Pri la kuracado de ia metritoj. — La dangeroj de la oksigeniga akvo. — Rilatoj inter la nazo kaj la generaj
viriñaj organoj. — Akvominerala kuracilaro en la metrito malakuta, — La stovaino kiel sendolorigantaijo. — Pri okazo de malakuta tetano. — La gala brusta angino. — Medikamentoj en naskiga stato. — La kulto de Eskulapo en Vendeo. — Traktato medicina-hirurgia pri ginekologio. — Pri la efiko de la digitalo kunigita kun la kafeino. — Pri la kafeino kaj gia influo sur la elpeladon de urikacido. — Averta kuracado de la falsa krupo. — La heredeco de la akiritaj signoj. — Antitoksinoj en kreskajaj organismoj. — Pri la acidigo de la hepato kaj de la lieno konsiderata kiel certa signo de la morto. — Kuracado de la pigmentaj nevusoj per oksigenakvo. — Pri la skarlatinaj otitoj. — La obstetrikaj signoj de la degenerado. — La nervocidino. — La generalaj kondicoj de la deveno de degenerantaj familioj. -— La sanigada stato de Rio-de-Janeiro en 1906. — Bibliografio : « Les Criminels », de D-ro Ledouble. — Novaj pruvoj de la heredeco de la akiritaj signoj. — Pri alkoholismo. — Profesiaj malsanoj. — Elektro kiel kuracilo. — Elektrofiziologio. — La stomaka) doloroj. — Frua aüskultado de la batoj de la feta koro. — Pri la periodeco de la malsanaj procesuso) dum la seksa vivado de la virino. — Haüta abdomena reflekso dum la tifojda febro kaj apendicito €e la infano. — La vibra pälpebrumado kaj la renaj afektoj. — La tuberkloza reümatismo : tuberklozaj artralgioj. — La histeria febro.—- La longedaüraj paüzo) de la tuberkloza meningito Ce la infano. — Nemortiga eksteren rompigo de anrta aneürismo. — Pri la sercado de la Kernig’a signo. — Kuracado de la sifiliso en kontinentaj landoj. — Kelkaj faktoj interesantaj por la dieta kuracado de diabeto. — La nutra dieto de epilepsiuloj. — La liberaera kuracado de malsanoj ée infanoj, — Kuracado de la femurrompoj ce la sucinfano. — Kuracado de la ulceroj per varmega sala solvversado. — Pri la kirurgia kuracado de la variéoj per la metodo de Tredelenbourg-Remy. -— Pri la kuracado de lelartiko. — Eüropa kinino. — Magnesia peroksido en terapio. — Malbonajoj de la miksado de la laüro-cerasa akvo kun la solvajoj por la subhaütaj enSprucoj. — La kafoj sen kafeino. — La tokseco de la kreso. — Karbonoksido kaj tabaka fumo. — La kuracado de l'arteriosklerozo. — Pri kelkaj punkto)j de la efiko de la salaj laksiloj. Laksigo stomaka, intesta,
hepata. — Revivigo per manipulacio de la koro. — Artefarita spirigado. Metodo de D-ro Schafer. — Pri la seksa abstinenco. — Kuracado de la striknina venenado kaj de tetano per spina anestezio. — Mortiga akuta koreo. — Disurio puerpera; veziko puerpera. — [La senhareco. — La pilorostomio. — Suturo de grajnetaj vundoj, —- La mana repusado de la $nuro en la antaüenfaloj. - La parma fromaÿo por nutrado de acetonurinaj diabetuloj. — Regula kuracado de la sifiliso. — Loka kuracado de la kronikaj uretritoj. — La lokaj aplikoj de koncentra fenikacido por kuracado de furunko kaj de tuberklozaj gomoj. — Joda tinkturo kloroforma, — La difterio en la homaj amasoj. — La nenatura okulo. — Venenigo per enspiro de fumajo el nitracido. — La blenoragia pleürito. — Alopecio area pro enkraniaj kugloj. — La peptika ulcero de l’ijejuno post gastro-enterostomio.
Tous ces articles, originaux ou traduits, ont été écrits sans difficulté par des médecins de nationalités les plus diverses.
Il n'existe cependant pas encore de dictionnaire général des termes techniques médicaux, le nombre encore insuffisant des médecins espérantistes n'ayant pas permis jusqu'ici la publication d’un ouvrage d'une telle importance ; mais il est à prévoir que cette lacune ne tardera pas à être comblée. La diffusion de l'Esperanto allant, en effet, croissant de jour en jour dans les divers milieux professionnels, les techniciens de tous ordres sentent progressivement le besoin d'ouvrages leur fournissant les termes spéciaux qui leur sont nécessaires; et c'est ainsi qu'ont successivement paru des vocabulaires techniques relatifs à la philatélie, au commerce, aux mathématiques, à la marine, à la musique, à la photographie, et qu'un « Vocabulaire Technique et Technologique français-esperanto » fournit dès
maintenant aux praticiens les termes généraux qui leur sont le plus nécessaires.
Le (Groupe Médical Espérantiste de France, fondé en novembre 1904 et présidé par le Professeur Bouchard, a de même fait paraître un dictionnaire anatomique en quatre langues (latin, français, anglais et Esperanto) basé sur la nomenclature de Bâle et donnant la traduction en Esperanto de tous les termes anatomiques (!)
Le Bureau Scientifique International Espérantiste enfin, fondé à (Genève en octobre 1906, sous le patronage de l'Association Scientifique Internationale Espérantiste, et dirigé par M. René de Saussure, s’est donné la mission spéciale de centraliser tous les travaux relatifs à l'élaboration des dictionnaires techniques, d’après un plan méthodique divisant l’ensemble des connaissances humaines en cent classes à l'exemple de la Classification Bibliographique décimale de l'Institut International de Bibliographie de Bruxelles et dans lequel la médecine occupe la classe 61.
Il est donc permis d'espérer que dans un avenir peu. éloigné, les médecins posséderont des dictionnaires techniques complets en langue internationale ; mais il faut bien remarquer, comme le prouvent surabondamment les ouvrages et articles médicaux déjà publiés, que ces dictionnnaires ne sont pas indispensables à ceux qui veulent traiter en Esperanto des sujets techniques médicaux, les
(1) Diclionnaire anatomique en quatre langues, Masson éditeur. — Le mème ouvrage intitulé en Esperanto : Anatomia Vortaro kvarlingva, Hachette éditeur.
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termes techniques de la médecine étant déjà pour la plupart internationaux et entrant ainsi de droit dans la langue internationale avec l'orthographe et les terminaisons caractéristiques spéciales de cette dernière.
La diversité des langues a apporté jusqu'ici le plus grand obstacle aux relations médicales internationales, dont les congrès internationaux sont restés à peu près les seules manifestations, et combien peu faciles, nous l’avons vu.
La langue internationale rendra au contraire ces relations très faciles, et le but de l'Association Universelle des Médecins Espérantistes récemment créée est justement de faciliter par l’Esperanto «les relations pratiques entre médecins de tous pays ».
Il est d’ailleurs dès maintenant possible de citer des services de cet ordre rendus par l’Esperanto :
C’est le D' Maillard, secrétaire de L’Encéphale, qui ayant besoin en 1904 de renseignements sur la démence précoce, encore peu connue en France, écrit en Esperanto au D' Grünfeld, médecin de l'hôpital psychiâtrique de Kichinev (Russie), dont il avait vu le nom dans /nternacia Scienca Revuo, et qui en reçoit un exposé complet des travaux russes concernant la question qui l’intéresse.
C'est M. Rousseau, pharmacien à Levallois- Perret, qui rédige un dictionnaire pharmacologique en neuf langues (anglais, français, allemand, hollandais, espagnol, italien, russe, suédois et Espe-
ranto) avec l’aide de huit confrères de différentes nationalités qui n'ont avec lui d'idiome commun que l'Esperanto.
C'est le D' Panel, directeur du Bureau d'Hygiène de Rouen, qui recevant fréquemment de l'étranger des demandes de renseignements, et ne sachant pas toutes les langues européennes, répond à ces demandes en Esperanto, en mettant en haut de sa lettre dans la langue du pays : « Demandez la traduction au Groupe Espérantiste de votre ville », et qui peut ainsi facilement satisfaire ses correspondants. |
C'est le Professeur Diakonov, de Moscou, qui, ayant à demander un renseignement à un collègue polonais d'Autriche dont il ignore la langue, lui écrit en Esperanto, sans aucune étude préalable, au moyen d'une petite « Clef-Esperanto » de quelques pages, et reçoit, également en Esperanto, le renseignement demandé. |!)
C’est enfin nous-même, pour la rédaction de cette thèse, qui avons reçu de tous pays, en Esperanto, des documents et des renseignements sur le sujet que nous nous proposions de traiter, — et si nous avions, comme le D' Achard, quelque mémoire hollandais, russe ou même japonais à faire traduire, ce serait sans difficulté que nous le pourrions, en nous adressant à des confrères hollandais, russes ou japonais de l'Association Universelle des Médecins Espérantistes.
Nul doute aussi que l'emploi de la langue internationale ne puisse être d’un grand secours au
() Voéo de Kuracistoj, numéro 10, 1908.
fonctionnement du « Bureau international &e.
Santé» dont la fondation a été décidée par le dernier congrès de Rome, comme d’ailleurs à celui de toutes les institutions internationales analogues.
Si les relations internationales entre médecins sont grandement gênées, ou même totalement empêchées par la diversité des langues, celles entre médecins et malades de différentes nationalités ne sont pas moins difficiles.
Le D Mikolajski, de Lwow (Autriche), dans Voco de Kuracistoj, ‘attire l'attention sur la situation des médecins de villes d'eaux et de stations balnéaires qui sont souvent dans l’impossibilité de comprendre les malades de nationalités très diverses qui leur sont adressés, et le D' Corcellet, d'Alger, raconte, dans la même revue, les difficultés qu’il eut souvent à se faire comprendre de beaucoup de ses clients, comme médecin de Hammam-hira, où passent l'hiver de nombreux rhumatisants et goutteux étrangers, surtout allemands, anglais et américains.
La connaissance générale de l'Esperanto mettrait évidemment fin à ces difficultés et permettrait en outre aux médecins qui envoient leurs malades dans des villes d'eaux étrangères, de se tenir en relations avec leurs confrères de ces villes, de leur faire connaître directement l'état de leurs clients, la marche antérieure de leur affection, le traitement déjà suivi, etc., comme aussi d’être eux-
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mêmes tenus au courant des progrès ou des incidents de la cure thermale entreprise.
La difffusion de plus en plus rapide de la langue internationale, aussi bien dans le public que parmi les médecins de tous les pays, lui permettra sans doute dans un avenir peu éloigné de remplir le rôle que nous indiquons ici; nous en avons pour preuve les usages pratiques de toutes espèces auxquels elle a déjà donné lieu. N'a-t-on pas vu récemment un ingénieux «spécialiste » américain, qui guérit «en trois jours » une affection très internationale, ajouter l'Esperanto à la quadruple mention bien connue des affiches dont il orne certains édicules de nos voies publiques : English spoken, — Man spricht deutsch, — Se habla español, — Si parla italiano ?.…