‹ Utilité Et Possibilité De L'adoption D'une Langue Internationale Auxiliaire En MédecineChapitre 7 sur 21 · OO EE · texte numérisé non relu

OO EE

et telles que chacune ne connaisse que sa langue maternelle. Pour que chacune d'elles comprenne ce que dit chacune des deux autres, il ne faut pas moins de trois interprètes : A-B, B-C et C-A; et de six traductions :

AXEN D, B'énC, CVen À, B en À, C'enB, A en C.

Si chacune de ces personnes connaissaient toutes une même langue en plus de sa langue maternelle, elles s’entendraient sans interprète et sans traduction : l'avantage n'est pas douteux.

L'avantage est bien plus grand si ces personnes appartiennent à quatre nationalités : on reconnaît que, dans ce cas, il ne faudrait pas moins de six interprètes et de douze traductions.

Ce cas n'est pas rare : dans nombre de Congrès internationaux les langues admises sont le français, l'anglais, l'allemand et l'italien. Après une communication ou une discussion, on fait quelquefois un résumé dans une langue, mais je n'ai jamais vu quon ait fait des résumés en trois langues ; il en résulte qu'il y a des assistants qui ne peuvent savoir ce qui à été dit. En outre, ces résumés ne donnent qu'une idée incomplète du travail présenté et des observations qu'il a sugcérées!

Quel avantage n'y aurait-il pas si toutes les communications étaient faites, si toutes les observations étaient présentées dans une langue she, comprise par tous !

= Des observations tout analogues peuvent être faites pour la publication des livres, revues, jour-

naux dont la diffusion est limitée presque absolument à leur pays d'origine, sil n'en est pas fait de traduction ; en tout cas, le nombre des pays où il se répandront sera égal au nombre même des traductions faites. [ls seraient connus partout, s'ils avaient été traduits une seule fois dans une langue auxiliaire internationale comprise par tout le monde, ou, plus simplement encore, s'ils avaient été écrits originairement dans cette langue,

Ces avantages incontestables se présentent toutes les fois que ce n'est pas la forme qui doit ètre appréciée, mais le fond même des questions, et c'est le cas précisément des travaux qui intéressent le monde médical.

En ce qui touche le deuxième point, je ne m'arrêterai pas à reproduire les arguments maintes fois donnés, montrant que cette langue commune ne saurait être ni une langue nationale, ni une langue morte telle que le latin : ce doit donc être une langue artificielle.

Il n'y a pas davantage à se demander si cette langue peut être créée, puisqu'elle existe : c'est l'Esperanto. |

Après une étude sérieuse, j'ai la conviction que l’Esperanto possède toutes les qualités que l’on peut, que l'on doit rechercher pour une langue auxiliaire internationale. [1 s’apprend facilement, car sa grammaire est très simple : la formation des mots repose sur un nombre limité de racines et présente une grande souplesse qui permet d'ex-. primer toutes les idées et qui, en particulier, s'adapte facilement et clairement à l’énonciation des idées scientifiques ; l'expérience en est largement

faite par les nombreux articles qui ont déjà pain sur les sujets les plus variés.

L'Esperanto rendrait de grands services, même si c'était une langue qui ne fût destinée qu’à être écrite; mais il n'en est pas ainsi, car c'est une langue qui se prête également très bien à la conversation : l'expérience en a été faite maintes et maintes fois, et notamment lors des grands Congrès Espérantistes.

Aussi, il me parait souhaitable que l'usage de cette langue se généralise.

Nous pourrions désirer que, comme cela était autrefois, le rôle de langue internationale fût accordé au français. Mais il ne faut pas se faire d’illusion : les rivalités actuelles entre les peuples ne nous permettent pas d'espérer qu'il puisse en être ainsi. Acceptons la situation, et, puisque cette solution ne peut être espérée, rallions-nous à celle que nous fournit l’Esperanto.

Page 1