‹ Utilité Et Possibilité De L'adoption D'une Langue Internationale Auxillaire En MédecineChapitre 17 sur 24 · IT · texte numérisé non relu

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Mais si l’on peut croire que les gouvernements français, suisse, belge, preseriront l'étude de l'anglais dans toutes leurs écoles secondaires, et que les Italiens, Allemands, Russes et autres, imposeront, au choix, l’anglais ou le français, personne, qui connaît l'Angleterre et l’Amérique, ne pensera, j'imagine, qu'on puisse jamais introduire l'étude exclusive et obligatoire du français dans les écoles de ces pays, écoles libres pour la plupart. Et pourquoi d’ailleurs les Anglais apprendraient-ils le français ? Pour le parler avec les Allemands ? puisqu'avec les Français, ce ne serait pas la peine : ils sauraient l'anglais. La convention deviendrait donc bientôt et fatalement unilatérale, selon la loi du plus grand nombre.

Néanmoins la solution anglaise en serait une, — toute relative d'ailleurs car on ne voit pas comment un KRusse parlant français et un Suédois parlant allemand parviendraient à s'entendre, — mais hors les Anglais, qui en voudra? Et vraiment on ne saurait blâmer les nations de défendre avec une prudence jalouse leurs positions respectives vis-à-vis d'une race à qui, dans tous les domaines, on donnerait une prépondérance démesurée et écrasante par l’adoption de sa langue comme langue internationale. Ce raisonnement valant contre toute langue qui serait celle d'un grand peuple — toute autre étant naturellement exclue du concours — la solution par le choix d'une langue moderne se trouve ainsi forcément écartée, et il n’en reste plus d'autre que l'institution d’une langue artificielle.

IV. — Du choix d'une langue artificielle et des conditions auxquelles elle doit satisfaire — que l'« Esperanto » satisfait seul à ces conditions, et satisfait pleinement à toutes — et comment il Hriomphera.

Quelle qu'elle soit, cette langue aura à satisfaire aux exigences suivantes: être à tous les hommes cultivés d’une prononciation aisée, avoir une grammaire très simple, posséder un vocabulaire dont l'assimilation soit facile aux Germains, comme aux Slaves ou aux Latins. Ce doit être une langue complète, c'est-à-dire capable d'exprimer foutes les idées avec précision, et telle qu'on la puisse écrire, lire et parler, car, outre qu’une langue qu'on ne pourrait parler serait insuffisante, la mémoire se refuserait à la retenir, preuve en est le Volapük, de fâcheuse renommée, ou la langue Bleue plus récente, non plus sage.

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