LA FILLE DE JEPHTE
Poème
« Et de là vient la coutume qui s'est toujours observée depuis en Israël.
« Que toutes les filles d'Israël s'assembleut une fois l'année, pour pleurer la fille de Jephté de Galaad pendant quatre jours. »
Juges, ch. X!, V. 39 et 40.
VOILA ce qu'ont chanté les filles d'Israël,
Et leurs pleurs ont coulé sur l'herbe du Carmel ;
— Jephté de Galaad a ravagé trois villes ; Abel ! la flamme a lui sur tes vignes îertiles ! Aroër sous la cendre éteignit ses chansons.
Et Mcnnith s'est assise en pleurant ses moissons !
Tous les guerriers d'Ammon sont détruits, et leur terre Du Seigneur notre Dieu reste la tributaire. Israël est vainqueur, et par ses cris perçants Reconnaît du Très-Haut les secours tout-puissants.
A l'hymne universel que le désert répète Se mêle en longs éclats le son de la trompette. Et l'armée en marchant vers les tours de :\Iaspha, Leur raconte de loin que Jephté triompha.
Le peuple tout entier tressaille de la fête.
— Mais le sombre vainqueur marche en baissant la tête ; Sourd à ce bruit de gloire, et seul, silencieux.
Tout à coup il s'arrête, il a fermé ses yeux.