‹ uvre poétiqueChapitre 11 sur 54 · LA FILLE DE JEPHTE · texte numérisé non relu

LA FILLE DE JEPHTE

Poème

« Et de là vient la coutume qui s'est toujours observée depuis en Israël.

« Que toutes les filles d'Israël s'assembleut une fois l'année, pour pleurer la fille de Jephté de Galaad pendant quatre jours. »

Juges, ch. X!, V. 39 et 40.

VOILA ce qu'ont chanté les filles d'Israël,

Et leurs pleurs ont coulé sur l'herbe du Carmel ;

— Jephté de Galaad a ravagé trois villes ; Abel ! la flamme a lui sur tes vignes îertiles ! Aroër sous la cendre éteignit ses chansons.

Et Mcnnith s'est assise en pleurant ses moissons !

Tous les guerriers d'Ammon sont détruits, et leur terre Du Seigneur notre Dieu reste la tributaire. Israël est vainqueur, et par ses cris perçants Reconnaît du Très-Haut les secours tout-puissants.

A l'hymne universel que le désert répète Se mêle en longs éclats le son de la trompette. Et l'armée en marchant vers les tours de :\Iaspha, Leur raconte de loin que Jephté triompha.

Le peuple tout entier tressaille de la fête.

— Mais le sombre vainqueur marche en baissant la tête ; Sourd à ce bruit de gloire, et seul, silencieux.

Tout à coup il s'arrête, il a fermé ses yeux.

Page 1