‹ uvre poétiqueChapitre 39 sur 54 · LA COLERE DE SAMSON · texte numérisé non relu

LA COLERE DE SAMSON

LE désert est muet, la tente est solitaire.

Quel pasteur courageux la dressa sur la terre

Du sable et des lions? — La nuit n'a pas calmé

La fournaise du jour dont l'air est enflammé.

Un vent léger s'élève à l'horizon et ride

Les flots de la poussière ainsi qu'un lac limpide.

Le lin blanc de la tente est bercé mollement ;

L'œuf d'autruche, allumé, veille paisiblement,

Des voyageurs voilés intérieure étoile.

Et jette longuement deux ombres sur la toile.

L'une est grande et superbe, et l'autre est à ses pieds :

C'est Dalila, l'esclave, et ses bras sont liés

Aux genoux réunis du maître jeune et grave

Dont la force divine obéit à l'esclave.

Comme un doux léopard elle est souple et répand

Ses cheveux dénoués aux pieds de son amant.

Ses grands yeux, entr 'ou verts comme s'ouvre l'amande,

Sont brûlants du plaisir que son regard demande.

Et jettent, par éclats, leurs mobiles lueurs.

Ses bras fins tout mouillés de tièdes sueurs,

Ses pieds voluptueux qui sont croisés sous elle.

Ses flancs, plus élancés que ceux de la gazelle.

Pressés de bracelets, d'anneaux, de boucles d'or.

Sont bruns, et, comme il sied aux filles de Hatsor,

Ses deux seins, tout chargés d'amulettes anciennes.

Sont chastement pressés d'étoffes syriennes.

Les genoux de Samson fortement sont unis Comme les deux genoux du colosse Anubis. Elle s'endort sans force et riante et bercée Par la puissante main sous sa tête placée.

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