ACTE II, SCÈNE IV
DU GUESCUIN.
Croyons plutôt, ma chère, Que la jeunesse dégénère.
Mais après tout, mon noble époux, Pourquoi se presser de la sorte?
Ou ce soir ou demain , qu’importe ?
Nous avons du temps devant nous.
Vous voilà libre.
DU GUESCLIN
Non, et c’est ce qui m’afflige.
LA DAME DU CDESCLIN
N’aviez-vous pas de quoi payer votre rançon ?
DU GUESCLIN
Eh ! oui.
C’est donc Chandos qui se rétracte ?
DU GUESCLIN
Eh!
Mais je suis prisonnier, vous dis-je.
CLEMENCE
Prisonnier !
DU GUESCLIN
Ce n’est pas que sans trop de façon Je ne puisse briser ma chaîne.
Il sufBt pour cela qu’aux mains d’un capitaine Partisan de Montfort, soit Anglais, soit Breton, Je consigne le prix fixé pour ma rançon.
non;
i8i LA RANÇON DE DU GUESCLIN.
Mais il est un point qui me gêné :
Je n’ai plus im denier.
l’abbé.
Libéral , mais sensé ,
Par quel malheur , souffrez que je vous le demande , Vous trouvez-vous privé d’une somme aussi grande.^ Que...
CLÉMENCE
Vous a-t-on tout pris ?
DU GUESCLIN
Non , j’ai tout dépensé.
ISSACAR
Tant mieux !
Vous m’étonnez vraiment.
DU GUESCLIN
Cette surprise
Cesserait bientôt, croyez-moi,
Si je vous disais quel emploi...
Il faut bien que je vous le dise.
Chandos depuis cinq jours aurait été payé Si j’avais pu, sans être apitoyé.
Voir le malheur de mes compagnons d’armes.
Je pleure peu : combien de fois les larmes M’ont gagné cependant à voir tant de Bretons , Ecuyers , chevaliers , soldats ou capitaines ,
A la voix des Plébis, des Brembros , des Feltons, Contraints, faute d’argent, à reprendre leurs chaînes!
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