ACTE II, SCÈNE IV
DU GDESCLIN.
D’où VOUS vient envers vous cette injustice extrême? Quand sur des malheureux vous versez vos bontés , Tout est bien.
Quand mon cœur trompe vos volontés , Tout est mal, jusqu’au bien lui-même.
Je vois, c’est de l’argent qu’il te faut, mon neveu. Patience, avant qu’il soit peu,
Je pourrai t’offrir mes services.
Mon accès est presque passé.
Et nous aurons bientôt chassé Ces Anglais de mes bénéfices.
CLÉMENCE
Bien dit, fort bien dit, mais avant Que mon oncle Bertrand fasse faire retraite A ces félons dont la troupe indiscrète Boit les vins de votre couvent.
Cher oncle , il faut qu’il se rachète.
Il en est im moyerr encor.
DU GUESCLIN
Comment?
CLÉMENCE
Quinze mille écus d’or Même à votre avis, je le gage.
Seraient mieux employés en rendant à l’état
i86 LA RANÇON DE DU GUESCLIN.
Un citoyen utile, un brave et bon soldat,
Qu’à terminer un mariage.
Ma Clémence, à ce trait, je te reconnais bien!
DU GUESCLIJV.
Je reconnais ton cœur à ce qu’il me propose;
Mais cet or, mon enfant, c’est ta dot, c’est ton bien.
CLEMENCE
C’est pour cela que j’en dispose.
Reprenez cette dot, qui ne m’est bonne à rien.
DU GUESCLIN
Cette dot est le prix du fortuné lien
Qui ravit aux Anglais leur plus ferme soutien ,
Qui rattache à notre famille Un héros digne d’elle et digne de ma fille.
Clisson, dans ce qu’il est, fait voir ce qu’il sera 'L Breton, il compatit aux maux de cette terre.
Déjà, sans le savoir, détestant l’Angleterre,
Bientôt dans cette haine il me surpassera.
Ah ! quand votre union , chère à mon espérance ,
Ne serait pas utile aubonheuf de la France,
Elle est utile au tien : va, c’est assez pour moi. Clisson t’aime, ma fille; il est aimé de toi.
Et déjà votre chaîne est à demi formée.
CLÉMENCE
J’aime Clisson , mon oncle , et j’en crois être aimée ; C’est à ce titre seul que j’ai reçu ses soins.
S’il ne me trompe pas, comme j’en suis certaine,