ACTE II, SCÈNE IV
Qu’importe à notre amour, qu’importe à notre chaîne Un peu d’or de plus ou de moins !
Cet or n’est pas ma dot : je crois en avoir une Préférable à tous les trésors Que donne ou ravit la fortune;
C’est le nom que je porte, et le sang dont je sors.
A défaut d’autre dot , ah ! s’il était possible ,
Que Clisson trouvât aujourd’hui Votre nièce indigne de lui ,
Bien qu’à ses vœux mon cœur se soit montré sensible , Je n’hésiterais pas à lui rendre sa foi,
Dussé-je , après , mourir de désespoir moi-méme , Moins de perdre l’amant que j’aime ,
Que de l’avoir trouvé trop indigne de moi.
DU GUESCUIN.
Bien; c’est ainsi qu’il faut qu’un grand cœur en agisse. Tu m’as vaincu par tes discours.
A ta dot j’aurai donc recours ,
Sauf à la remplacer dans un temps plus propice.
D’un jour à l’autre on sait que le sort peut changer.
CLÉMENCE
Quelqu’un vient.
Mon ami , quel est cet étranger ?
i88 LA RANÇON DE DU GUESCLIN.