ACTE III, SCÈNE III
Et la garnison boit le reste.
DU GUESCLIN
Me voilà pris.
FELTON
Allons, montrez-vous résigné.
Le hasard tous les jours ne nous est pas propice.
11 vous rendit plus d’un service ;
Il me sert; mais, seigneur, rendez-moi la justice De me croire très élôigné.
Quand le bonheur vous abandonne , D’abuser du droit qu’il me donne Sur vous , vous qui jamais ne m’avez épargné.
Je sais comme on en use avec les grandes âmes ; Je sais ce qu’un cœur généreux Doit à des guerriers malheureux.
Et surtout ce qu’il doit aux dames.
Désarmez à l’instant vos vassaux , vos amis ;
Que les postes nous soient remis;
Que la garnison prisonnière A mes soldats livre le fort;
Je renonce à l’assaut, et je signe un accord Qui vous y laisse en paix passer la nuit entière.
DU GUESCLIN
De tant de loyauté je suis vraiment charmé.
Tu crois donc tenir la victoire ?
Je prétends cependant t’en disputer la gloire.
Je ne suis pas vaincu pour être désarmé.
( n quitte ses armes. )
2o4 la rançon de du guesclin.
Les lois de l’honneur qui m’arrête ,
Ces lois, que tu ne connais pas,
Peuvent bien enchaîner mon bras ,
Mais non pas enchaîner ma tête.
Si je ne puis agir, je puis conseiller. Pars.
Tu peux faire sonner l’alarme;
Crois que , pour te fermer l’accès de nos remparts , Il suffit, fussent-ils ouverts de toutes parts,
( Montrant la qiienonille de aa femme.)
De mes avis et de cette arme '7.
(A Plébi.) ( A dn Guesclin. )
Viens... Tu verras dans un moment Que l’insolence enfin reçoit son châtiment.
DU GUESC LIN.
Je l’espère.